Red Hat veut prendre sa part du marché européen de la souveraineté numérique. Lors du Red Hat Summit 2026 à Atlanta, l’éditeur de logiciels d’infrastructure a dévoilé 5 nouvelles capacités pour garantir une indépendance opérationnelle face aux ingérences extraterritoriales aux organisations européennes.

- Lors du Red Hat Summit 2026, Red Hat a dévoilé 5 nouvelles capacités pour renforcer la souveraineté numérique européenne.
- Le programme Red Hat Confirmed Sovereign Support garantit que les données techniques restent en Europe et accessibles uniquement à des citoyens européens.
- Malgré cette offensive, Red Hat reste une filiale d’IBM et donc soumise au Cloud Act étasunien.
Il s’agit d’une offensive directe sur un terrain brûlant depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le plan couvre tout le portefeuille. On parle d’OpenShift, de Red Hat Enterprise Linux, d’Ansible et de Red Hat AI. Mais la pièce maîtresse reste le Red Hat Confirmed Sovereign Support, un programme pour les 27 États membres de l’Union européenne.
Red Hat lance sa solution pour réduire la dépendance européenne aux États-Unis
Le Red Hat Confirmed Sovereign Support garantit que toutes les données techniques restent en Europe et que seuls des citoyens européens accèdent à ces opérations. Pour rappel, les entreprises européennes se méfient des fournisseurs étrangers depuis l’affaire Karim Khan.
En février 2025, l’administration Trump a sanctionné le procureur de la Cour pénale internationale et Microsoft a coupé l’accès à sa messagerie. L’épisode fut un signal d’alarme pour les citoyens européen, comme le montre l’essor de Vivaldi en Europe depuis le retour de Trump.
Ashesh Badani, Senior Vice President et Chief Product Officer chez Red Hat, a martelé le message sur scène à Atlanta. « L’innovation ne se paie jamais au prix du contrôle. Nous fournissons les capacités et plateformes pour construire un futur plus autodéterminé« , a déclaré le responsable.
Il faut dire que les réglementations européennes NIS2, DORA et le RGPD imposent des obligations de conformité de plus en plus lourdes. Red Hat répond avec un nouveau Compliance Operator pour OpenShift qui automatise les bilans techniques et la production de preuves de conformité.
Une solution parfaite pour les besoins européens
Le deuxième pilier porte sur les Landing zones, des enveloppes préconfigurées qui déploient des grappes OpenShift, RHEL et Ansible isolées du reste du réseau. En clair, les administrations françaises comme la DGFiP qui étudie une bascule de Windows vers Linux trouvent là une réponse aux exigences de cloisonnement.
Red Hat ajoute un outil de télémétrie sur site appelé Red Hat Lightspeed. Résultat, les organisations gardent la maîtrise des coûts sans envoyer la moindre donnée opérationnelle au-delà des frontières. Le marché justifie cet effort. En 2026, les dépenses mondiales en cloud souverain atteindront 80 milliards de dollars d’après Gartner. En 2025, l’Europe a dépensé 7 milliards, et le chiffre passera à 13 milliards cette année. Sauf que voilà, Red Hat n’est pas seul sur le créneau.
On parle de Suse, Nutanix, VMware et IBM qui proposent leurs offres souveraines. IBM Sovereign Core repose d’ailleurs sur la pile Red Hat dans son intégralité. L’indépendance technologique se traduit aussi par l’alliance européenne face à Visa et Mastercard sur le paiement mobile.
Des obstacles se dressent toutefois
Reste une difficulté de taille. Red Hat est une filiale d’IBM, donc soumise au Cloud Act étasunien. Sur ce point, Ashesh Badani n’a pas botté en touche. « Nous sommes une entreprise logicielle dont le siège est aux États-Unis. Rien de ce que nous dirons ne changera ce fait », a reconnu le responsable.
Mais l’éditeur compense par un modèle open source et des partenaires locaux comme Telenor, Sopra Steria ou Telenet. La proposition reste fragile face aux administrations qui exigent une rupture totale. Par exemple, la gendarmerie nationale a quitté Windows pour Linux et économisé 500 millions d’euros selon le général Marc Boget.
Le secteur privé suit la tendance puisque Dell et Lenovo renforcent leur soutien à Linux face au rejet de Windows. Et même Microsoft s’y met avec sa propre distribution Linux pour Azure. Bref, Red Hat arrive au bon moment. Même si son siège aux États-Unis ne joue pas en sa faveur.
Source : Silicon Angle
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