Ubisoft s’effondre en Bourse et a perdu 95 % de sa valeur en 10 ans, pourquoi un tel naufrage ?

La journée du 22 janvier 2026 restera comme l’une des plus sombres de l’histoire d’Ubisoft. Alors que l’entreprise annonce une restructuration majeure, l’action a plongé de plus de 34 % à l’ouverture de la Bourse de Paris. Le titre est tombé à 4,37 euros, soit son niveau le plus bas depuis 2011. Et ce n’est que le dernier épisode en date d’une dégringolade qui dure depuis près d’une décennie.

Ubisoft

Assassin’s Creed Shadows n’aura pas sauvé les caisses d’Ubisoft et rien ne se passe comme prévu. Le journaliste Jason Schreier de Bloomberg explique que la capitalisation boursière de l’éditeur français tourne désormais autour de 500 millions d’euros. Pourtant, en 2018, c’était près de 10 milliards d’euros, autant dire un écart inquiétant. L’entreprise a perdu environ 95 % de sa valeur sur cette période. Les marchés montrent qu’ils n’ont plus confiance en Ubisoft pour redresser la barre.

La valeur d’Ubisoft est passé de 10 milliards d’euros à 500 millions

Mais alors, que se passe-t-il chez Ubisoft ? Désormais, l’éditeur français prend un nouveau virage. Le 21 janvier 2026, l’entreprise a annoncé l’annulation de six jeux parmi lesquels le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps. Le jeu a été annoncé en 2020 puis reçu très froidement à cause de premières images décevantes. Finalement, le titre a été plusieurs fois reporté puis passé d’un studio à l’autre avant de totalement disparaître.

Following yesterday's stock plunge, Ubisoft's market cap is now around half a billion euros. In 2018 it was around 10 billion euros. In eight years, the company has lost around 95% of its value

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— Jason Schreier (@jasonschreier.bsky.social) 22 janvier 2026 à 16:05

Il faut aussi dire qu’Ubisoft peine à se renouveler. Ses franchises tournent autour de quelques propriétés intellectuelles parmi lesquelles Far Cry, Assassin’s Creed ou Rainbow Six. Sauf que voilà, chaque épisode a du mal à se renouveler. Et la frénésie de publication de nouveaux épisodes ne laisse pas le temps aux équipes de proposer quelque chose de nouveau aux yeux des joueurs.

Alors oui, on parle de AAA et ces blockbusters vidéoludiques font rarement dans l’originalité. Mais Ubisoft recycle la même formule depuis une décennie jusqu’à la nausée. Entre graphismes qui commencent à dater, quêtes répétitives, mondes ouverts mais vides, écriture à la traîne… Tout le monde connaît les défauts des productions Ubisoft.

Heureusement, ses propriétés intellectuelles comme Rayman ou Beyond Good and Evil sont placées sous la houlette d’un nouveau pôle créatif. Et pour cause : Ubisoft restructure son organisation avec cinq Creative Houses, qui s’occuperont chacune de licences et d’objectifs différents. Les missions seront donc distinctes.

Les salariés d’Ubisoft dénoncent la restructuration du studio

La réaction des salariés ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain de l’annonce, le syndicat Solidaires Informatique a appelé à une action au siège d’Ubisoft Paris. Le mouvement parle de décision « catastrophique » et « unilatérale » sans concertation. Les revendications portent sur l’arrêt du plan de restructuration, des augmentations de salaire et une pérennisation du télétravail.

Car au milieu de toutes ces annonces, une annonce passe mal : le retour obligatoire au bureau cinq jours par semaine pour l’ensemble des salariés. Selon certains internautes, il s’agit tout simplement d’une manière de pousser des développeurs à la démission pour purger les équipes sans indemnisation.

Interrogé par GamesIndustry.biz sur l’effondrement du cours en Bourse, Frederick Duguet d’Ubisoft s’est abstenu de tout commentaire. « Ce que je peux répéter, c’est que nous voulons nous concentrer sur l’exécution, c’est une remise à zéro majeure et nous voulons nous assurer que tout ce que nous avons décidé permettra aux Creative Houses de réussir leurs objectifs ». Le directeur financier reconnaît que le marché actuel « ne pardonne pas la médiocrité ». Pour lui, Ubisoft doit « aller plus loin » pour retrouver sa grandeur d’antan avec des jeux de qualité.

  • Le 22 janvier 2026, l’action Ubisoft chute de plus de 34 % à l’ouverture et tombe à 4,37 euros, son plus bas niveau depuis 2011.
  • Bloomberg évoque une capitalisation autour de 500 millions d’euros, contre près de 10 milliards en 2018, tandis qu’Ubisoft confirme une restructuration avec six jeux annulés.
  • Les salariés réagissent via Solidaires Informatique et contestent la méthode, notamment le retour obligatoire au bureau cinq jours par semaine.

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