La situation est très critique pour Ubisoft. Plusieurs projets ont été annulés, mais ce n’est pas tout. L’éditeur français restructure son organisation, son calendrier de sortie, mais aussi les conditions de travail de ses employés.

Assassin’s Creed Shadows n’a pas su sauver Ubisoft et tout se passe très mal pour le studio français. En tout, ce sont six jeux qui passent à la trappe, dont le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps, qui était attendu depuis 2020.
Ubisoft annule plusieurs jeux dont le remake de Prince of Persia
Deux studios sous la houlette d’Ubisoft ont aussi définitivement fermé leurs portes. Et ce n’est que le début :une troisième phase de baisse des coûts est prévue avec 200 millions d’euros d’économies en plus à réaliser d’ici mars 2028.
Le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps montre à lui seul les difficultés subies par Ubisoft. Ce titre a été annoncé en septembre 2020 avec une sortie pour janvier 2021. Sauf que les premières images ont été jugées médiocres par les joueurs et l’éditeur a repoussé la date de sortie à plusieurs reprises.
En 2022, le développement du jeu est même passé d’Ubisoft Pune et Ubisoft Mumbai à Ubisoft Montréal, à qui l’on doit l’original de 2003. L’équipe a même tout repris depuis le début en 2023 pour une sortie en 2026. Finalement, la promesse ne sera jamais tenue, le compte X officiel de la franchise l’a expliqué aux joueurs.
— Prince of Persia™ (@princeofpersia) January 21, 2026
Mais la restructuration ne se limite pas aux différentes annulations. Ubisoft réorganise ses activités autour de cinq Creative Houses. Il s’agit d’équipes autonomes d’un point de vue financier et spécialisées par genre.
La première s’appelle Vantage Studios et a été créée en novembre 2025 avec un investissement de 1,16 milliard d’euros du chinois Tencent. Cette structure gère Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six. La deuxième se concentre sur les FPS compétitifs et coopératifs avec The Division, Ghost Recon et Splinter Cell.
Pour la troisième, ce sont les expériences en ligne comme For Honor, The Crew et Skull & Bones. La quatrième s’occupe des mondes narratifs et fantastiques comme Anno, Might and Magic, Rayman, Prince of Persia et Beyond Good & Evil. Quant à la cinquième, ce sont les jeux casual, les familiaux avec Just Dance ou encore Uno.
Les Creative Houses représenteront environ la moitié des studios d’Ubisoft dans le monde. L’autre moitié sera un réseau de soutien réparti entre les différents pôles. Chaque Creative House aura son propre budget et ses équipes de direction.
Une restructuration qui va faire très mal humainement
Mais cette restructuration a un énorme coût humain. Les studios d’Halifax au Canada et de Stockholm en Suède ferment leurs portes. Des réductions d’effectifs touchent Abu Dhabi, RedLynx et Massive Entertainment, à qui l’on doit The Division et Avatar : Frontiers of Pandora.
Depuis 2022, Ubisoft a supprimé plus de 3 000 postes dans le monde et ce n’est pas terminé puisqu’une troisième phase aura lieu et sera expliquée le 12 février 2026. On parle d’un objectif de 200 millions d’euros d’économies en plus sur deux ans pour porter le total des réductions de coûts à environ 500 millions d’euros depuis l’exercice 2022-2023.
Le cauchemar ne s’arrête pas là pour les employés d’Ubisoft qui sont contraints de retourner au bureau pendant cinq jours par semaine. Le télétravail sera moins fréquent avec un quota annuel comparable à des jours de congé. Marie-Sophie de Waubert, directrice des studios, explique qu’il est nécessaire de renforcer la collaboration en présentiel car il s’agit d’un moteur pour la créativité et la réussite collective.
Un retour forcé en présentiel pour précipiter les départs volontaires ?
Sauf que voilà, pendant le confinement, des studios ont montré qu’il est possible de créer des jeux de qualité sans imposer à leurs équipes des heures de trajet au quotidien. Un retour brutal en présentiel risque de pousser vers la sortie des employés qui ne sont pas en mesure de déménager ou refusent de sacrifier leur équilibre personnel. Pour certains, ce sont des licenciements déguisés pour réduire les effectifs sans verser d’indemnités.
Ubisoft compte également investir à fond dans l’IA, la nouvelle technologie que l’on nous impose partout aux forceps. On parle de dialogues générés, de contenus procéduraux à faible coût, mais aussi très pauvres, voire de monétisation via algorithme.
Yves Guillemot, PDG et cofondateur d’Ubisoft, présente cette stratégie comme une réponse face à des AAA bien plus sélectifs et exigeants. Les coûts de production explosent et la concurrence s’intensifie sur le terrain des FPS. Créer de nouvelles propriétés intellectuelles est de plus en plus risqué.
Toute la stratégie d’Ubisoft se résume comme ceci : produire moins de jeux mais de meilleure qualité en concentrant ses ressources sur des franchises rentables et des expériences game-as-a-service.
- Ubisoft annule six jeux dont le remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps.
- L’éditeur se restructure en cinq Creative Houses avec un objectif de 200 millions d’euros d’économies d’ici 2028.
- Des studios ferment, plus de 3 000 postes ont déjà été supprimés et le retour au bureau cinq jours par semaine est imposé.
Source ; Wccftech
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