Le PDG de Western Digital a confirmé que toute la production de disques durs pour 2026 est déjà vendue. Les entreprises d’IA ont tout raflé et les consommateurs ne représentent plus que 5 % du chiffre d’affaires du fabricant.

La crise de la RAM ne touche plus seulement la mémoire vive. Désormais, ce sont les disques durs qui subissent la pression de l’IA. Irving Tan, PDG de Western Digital, a lâché une bombe lors de la conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre 2026. « On est pratiquement en rupture pour toute l’année civile 2026. On a des commandes fermes avec nos sept plus gros clients », a déclaré le PDG. La situation ne va pas s’arranger de sitôt.
Pourquoi je n’arrive pas à trouver de disque dur en 2026 ?
Pour rappel, Western Digital est l’un des grands fabricants de disques durs au monde avec Seagate et Toshiba. L’entreprise a récemment quitté le marché des SSD pour se concentrer exclusivement sur les disques durs traditionnels à plateaux. Un choix stratégique qui prend tout son sens quand on voit les chiffres de son dernier trimestre. Le chiffre d’affaires a bondi de 25 % sur un an pour atteindre 3,02 milliards de dollars. Le troisième trimestre s’annonce encore meilleur avec une hausse de 40 % attendue.
Mais alors, qui achète tous ces disques durs ? Les ogres de l’IA et du cloud. Selon Ambrish Srivastava, vice-président chargé des relations avec les investisseurs chez Western Digital, le cloud représente maintenant 89 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Le marché grand public, lui, s’est effondré à 5 % des revenus. Bref, Western Digital ne fabrique plus pour nous, mais pour les centres de données d’OpenAI, Meta, Microsoft, Google et consorts.
Il faut dire que les centres de données d’IA ont un appétit insatiable pour le stockage. Les disques durs restent la solution la plus économique pour stocker des exaoctets de données à grande échelle. On parle de données d’entraînement, de sauvegardes, de journaux d’inférence et de contenus web aspirés. Les SSD sont plus rapides mais aussi bien plus chers au téraoctet. Pour les données « froides » qui n’ont pas besoin d’accès immédiat, le disque dur reste imbattable en termes de rapport prix-capacité. Et les entreprises d’IA en veulent toujours plus.
Forcément, les conséquences se font déjà sentir pour les consommateurs. Les prix des disques durs ont bondi de 46 % en moyenne depuis septembre 2025. Ils ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Pour les utilisateurs de NAS ou de serveurs qui comptaient sur des disques de grande capacité à prix raisonnable, la facture s’alourdit.
L’IA ne cesse de faire exploser le coût des composants informatiques
Et cette pénurie de disques durs n’est qu’une partie du problème. L’IA dévore tout ce qui se trouve sur son passage. Les prix de la DRAM pour PC ont explosé de 105 % à 110 % au premier trimestre 2026 selon TrendForce. Un kit 2×16 Go DDR5-6000 est passé de 75 euros en juillet 2025 à 395 euros en janvier 2026. La NAND Flash pour SSD subit aussi une flambée.
Les cartes graphiques sont sous tension. Nvidia limite la production de certains modèles grand public pour répondre aux commandes de ses accélérateurs IA. Samsung, SK Hynix et Micron orientent leurs usines vers la HBM, la mémoire à haute bande passante qui équipe les puces d’IA, au détriment de la mémoire classique.
Résultat, l’ensemble du marché informatique grand public trinque. Les fabricants de PC portables voient leurs coûts de production grimper. Les assembleurs de NAS et de serveurs domestiques se retrouvent avec des stocks réduits. Les consoles de jeux ne sont pas épargnées non plus. Bloomberg a révélé que Sony envisage de repousser la PS6 en 2029 à cause de cette même pénurie.
Valve a aussi reconnu que la crise de la RAM l’oblige à revoir sa copie pour la Steam Machine. Même Apple et Tesla peinent à sécuriser leurs approvisionnements. Tim Cook a expliqué lors des résultats trimestriels du 29 janvier 2026 que la situation aura un impact sur les prochains bilans financiers d’Apple.
Le problème va au-delà du simple stockage. Western Digital, Seagate et Toshiba sont les seuls fabricants de disques durs au monde. Si les trois sont accaparés par la demande IA, il n’existe aucune alternative pour le grand public. On ne peut pas fabriquer des disques durs chez soi. Les usines coûtent des milliards de dollars et prennent des années à construire. La capacité de production mondiale est figée et les entreprises d’IA l’ont verrouillée sur plusieurs années.
La situation pourrait durer jusqu’en 2028, au moins
Irving Tan estime que Western Digital apporte une « valeur structurelle » à ses clients d’entreprise parce que ses disques durs réduisent leur coût total de possession. En gros, le PDG justifie des prix stables ou en hausse par le fait que ses disques durs permettent aux centres de données de stocker davantage pour moins cher au téraoctet. L’argument tient pour les entreprises du cloud qui calculent en exaoctets. Beaucoup moins pour le consommateur qui veut juste un disque de 8 To pour son NAS sans se ruiner.
La question maintenant, c’est de savoir combien de temps cette situation va durer. Western Digital a des contrats fermes jusqu’en 2028 pour certains clients. Seagate et Toshiba font face à la même pression. Il n’existe que trois fabricants de disques durs au monde et tous sont aspirés par la demande IA. À moins que les investisseurs décident de ralentir leurs financements dans l’IA, la pénurie se prolongera. N’oublions pas que les centres de données en construction aujourd’hui auront besoin de stockage pendant des années.
En clair, si vous avez besoin d’un disque dur, c’est maintenant qu’il faut l’acheter. Les prix ne vont pas baisser et les stocks ne vont pas se reconstituer avant longtemps. L’IA a aspiré le marché du stockage comme elle a aspiré celui de la RAM, des SSD et des GPU. Les consommateurs sont les dernières priorités des fabricants de composants.
- Western Digital affirme que sa production de disques durs pour toute l’année 2026 est quasiment déjà vendue, avec des contrats qui vont déjà jusqu’en 2027 et 2028 pour certains clients.
- Le cloud représenterait 89 % du chiffre d’affaires, le grand public 5 %, et la tension sur l’offre ferait déjà grimper les prix des disques durs.
- La demande liée à l’IA tire aussi vers le haut d’autres composants (DRAM, NAND, GPU), ce qui entretient une pression durable sur le matériel grand public.
Source : TweakTown
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