Arnaque Leboncoin : ils dérobent 1,5 millions d’euros à 50 personnes et disparaissent dans la nature

Une cinquantaine de victimes a été touchée par une escroquerie sur Leboncoin, dont au moins quatre Toulousains. Le préjudice ? 1,2 million d’euros. Les arnaques ont eu lieu entre décembre 2024 et fin janvier 2025 par un faux concessionnaire automobile à Nîmes.

Leboncoin
© Envato

Les escroqueries sont récurrentes sur les sites de vente comme Vinted, par exemple. Et comme le rapporte Ici Occitanie, Leboncoin est aussi une plateforme privilégiée par les escrocs puisqu’une cinquantaine de personnes ont été victimes d’une arnaque de grande échelle avec un préjudice très salé.

Un mode opératoire similaire pour toutes les victimes

« Certains ont perdu des dizaines de milliers d’euros, ont contracté des crédits et se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau, sans voitures », témoigne Jean, l’une des victimes toulousaines. L’homme décrit le mode opératoire. Tout débute par un vendeur, Mondial Auto 42, (malheureusement) affiché comme professionnel certifié sur Leboncoin. Le profil avait même un numéro d’immatriculation et un site avec des avis. La société prétendait exister depuis sept ans avec un chiffre d’affaires de deux millions d’euros dans l’import-export de véhicules venus d’Allemagne et d’Espagne.

Autant dire que les escrocs se présentaient avec un profil crédible auprès des victimes. Jean a discuté avec un commercial à l’accent sudiste qui lui proposait une Audi de 2023 avec 12 000 km et sous garantie. La victime a alors reçu un bon de commande détaillé avec une clause de rétractation de 14 jours. Jean verse alors un acompte de 7 000 euros sur un compte de la banque en ligne Qonto, qui a été ouvert il y a 18 mois.

Autre victime toulousaine : Marie qui a contracté un prêt de 27 000 euros pour s’offrir une Volkswagen T-Roc avec 6 000 km au compteur. Comme Jean, la victime a vérifié le profil du vendeur entre le site, des échanges téléphoniques, des photos du véhicule et une vérification qu’il n’était pas volé. Le prix était légèrement attractif pour un modèle importé d’Espagne mais restait crédible.

Le scénario est identique à chaque fois puisque 48 heures avant la livraison, les annonces disparaissaient et le vendeur n’était plus joignable. Parmi les victimes, un professionnel arnaqué de 130 000 euros et une étudiant qui a perdu 15 000 euros, toutes ses économies. Les personnes lésées sont dans toute la France : Hérault, Pyrénées-Atlantiques, Alpes-de-Haute-Provence, région parisienne, Bouches-du-Rhône, Var, Haute-Marne, Haute-Savoie.

Les victimes se regroupe dans un collectif et dénoncent Qonto

La cinquantaine de victimes s’est regroupée dans un collectif et a porté plainte auprès de commissariats et gendarmeries. Les procureurs de Toulouse et de Nîmes ont été saisis. La responsabilité de la banque Qonto, qui appartient au Crédit Mutuel Arkéa, est aussi pointée du doigt.

 « La banque a vu transiter 1,2 million d’euros sur un compte en un temps record, compte qui avait vraisemblablement été ouvert depuis 18 mois seulement. La banque aurait dû se poser des questions sur ces rentrées d’argent », dénonce Marie. Les demandes de rappel de fonds ont toutes été refusées par Qonto « sans justification ». La banque aurait fait preuve de manquements au niveau des contrôles, notamment sur la possibilité que les fonds aient été transférés à l’étranger.

Source : Ici Occitanie

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