Le 23 avril 2026, Univity a bouclé une levée de fonds de 27 millions d’euros. La start-up parisienne, soutenue par l’État français, prévoit de déployer jusqu’à 3 400 satellites en orbite basse. Le but ? Être le plus grand opérateur satellitaire européen. Au total, l’entreprise a sécurisé 68 millions d’euros.

- La start-up française Univity prévoit de déployer jusqu’à 3 400 satellites en orbite basse pour devenir un opérateur satellitaire européen majeur.
- Elle a sécurisé 68 millions d’euros de financement avec notamment Bpifrance et le programme France 2030.
- Univity vise les opérateurs télécoms avec une infrastructure mutualisée pour réduire la dépendance aux solutions comme Starlink.
Bpifrance figure parmi les investisseurs via le fonds Deeptech 2030, programme industriel de l’État. La plateforme Blast, le fonds Expansion et deux family offices ont complété le tour de table. En septembre 2025, le CNES a accordé 31 millions d’euros à Univity dans le cadre du programme France 2030. Le total grimpe à 68 millions d’euros selon Charles Delfieux, fondateur et PDG d’Univity.
Univity veut proposer une connexion satellitaire 100 % française
Charles Delfieux a quitté la Banque mondiale pour fonder Univity en 2022. La start-up ne cible pas les particuliers. Starlink vend ses abonnements directement aux consommateurs. Univity, c’est différent. La société propose une infrastructure satellitaire mutualisée aux opérateurs télécoms, pour qu’ils étendent leur couverture mobile et internet. En clair, les opérateurs gardent le contact avec leurs clients, et Univity s’occupe du réseau spatial. La start-up a signé 16 accords avec des opérateurs sur quatre continents.

Univity prévoit une flotte de 1 600 à 3 400 satellites en orbite très basse, à 375 km d’altitude. Sauf que voilà, Starlink en compte déjà environ 10 000 en orbite et Amazon vise 7 000. Le continent a déjà tenté de répliquer à Starlink via Eutelsat. Mais la constellation reste loin derrière les mastodontes américains. Univity fait le pari d’un positionnement différent, centré sur les opérateurs et pas sur les clients directement.
Les satellites seront fabriqués près de Toulouse. Ce choix industriel vise à maîtriser les coûts de production. Charles Delfieux a mentionné l’objectif de de deux satellites produits par jour à plein régime, avec des lancements par lots d’environ 30 toutes les six semaines.
Un calendrier chargé pour les prochaines années
Le financement actuel permettra de lancer les deux premiers démonstrateurs avant 2028, dans le cadre du programme uniShape. La constellation commerciale se déploiera à partir de 2028, avec des fonds d’infrastructure et des opérateurs télécoms comme partenaires financiers.
Stéphane Lefevre-Sauli, directeur des investissements chez Bpifrance, a résumé l’enjeu. Pour lui, les technologies VLEO et 5G d’Univity sont « essentielles pour permettre aux opérateurs télécoms de rester compétitifs et indépendants ».
Il faut dire que SpaceX accentue la pression. La firme a lancé une offre directe aux opérateurs télécoms via Starlink Mobile, avec 35 partenaires sur quatre continents. En gros, les opérateurs font face à un concurrent qui, jusqu’ici, n’en était pas un.
Réduire la dépendance aux technologies étasuniennes
En France, la question de la dépendance satellitaire est concrète. La SNCF étudie une connexion internet satellite pour ses trains, entre Starlink et une solution européenne. Pour rappel, la France porte le dossier à l’échelle du continent. L’objectif est de bâtir une infrastructure spatiale indépendante des étasuniens. Univity se présente comme l’un des outils de cette stratégie.
Rappelons que face aux tensions avec les États-Unis, l’Europe cherche à réduire au maximum sa dépendance technologique. C’est aussi pour cette raison que le Vieux continent prépare une réponse à Visa et MasterCard.
Source : Reuters
Réagissez à cet article !