Shein, Temu et AliExpress ont contourné la taxe française sur les petits colis en moins de 24 heures. Comment ? Les avions cargo qui atterrissent à Roissy ont été redirigés vers la Belgique et les Pays-Bas. Les colis arrivent ensuite en France par camion via l’espace Schengen. Le gouvernement a réagi avec un arrêté pour que la douane ait plus de marge de manœuvre.

Pour rappel, la taxe de 2 euros par catégorie d’articles est en vigueur depuis le 1er mars 2026. Elle cible tous les colis de moins de 150 euros importés de pays en dehors de l’Union européenne. Bien évidemment, le e-commerce chinois qui nous inonde est visé entre Shein, Temu et AliExpress.
Les plateformes chinoises ont trouvé la parade contre la taxe
Le gouvernement tablait sur 500 millions d’euros de recettes annuelles et des effets positifs pour les commerçants français. Mais résultat, les plateformes chinoises se sont adaptées en un temps record, 24 heures à peine. Le groupe ADP a annoncé la perte d’une cinquantaine de vols cargo par semaine depuis l’entrée en vigueur de la taxe. C’est un tiers de l’activité fret sur certaines plateformes.
Selon l’Union TLF, le trafic routier a explosé dans le nord de la France à cause du transfert des flux de colis. Les conséquences sont lourdes pour la logistique française. On parle de centaines d’emplois menacés dans le fret aérien à Roissy. Et les ventes de Temu avaient déjà chuté de 32 % aux États-Unis après les mesures de Trump sur les petits colis. La France espérait le même effet. Sauf que les plateformes chinoises ont trouvé la parade bien avant la date officielle.
Il faut dire que Shein a anticipé le coup. En décembre 2025, la plateforme a inauguré un entrepôt de 740 000 m² en Pologne. Une fois les marchandises sur le sol européen, elles circulent librement vers la France sans passer par la douane locale. Le contournement ne coûte que quelques centimes par produit en fret routier. C’est dérisoire par rapport aux marges de Shein. Bref, la taxe nationale est inefficace face à une logistique européenne.
Le gouvernement français réplique face à cette stratégie
Serge Papin, le ministre du Commerce, et David Amiel, le ministre des Comptes publics, ont signé un arrêté, le 23 mars 2026. La mesure étend les pouvoirs de la douane. Les agents sont autorisés à contrôler des colis e-commerce sur tout le territoire, même si dédouanés dans un autre pays membre. On parle de jouets non conformes aux normes européennes, d’équipements qui ne marchent pas, de produits qui n’auraient jamais dû passer les frontières.
Tout ça échappait aux contrôles français dès que le colis avait été validé par un pays voisin. Cette décision ne règle pas le problème de fond. Mais elle limite la prolifération de marchandises qui ne respectent pas les normes européennes.
Et puis il y a la riposte européenne. À partir du 1er juillet 2026, un droit de douane de 3 euros par article s’appliquera dans toute l’Union européenne. C’est la fin de l’exonération pour les colis de moins de 150 euros. Le total cumulé avec la taxe française atteindra 5 euros par catégorie d’article.
Bruxelles veut lutter contre les colis chinois qui se déverse sur l’Europe
En novembre 2026, une taxe européenne de 2 euros remplacera la française. L’objectif est clair, les contournements entre pays membres ne seront plus possibles. Car si la taxe reste nationale, les plateformes chinoises continueront à faire atterrir leurs avions dans un pays voisin.
Le ministre Serge Papin parle d’une « guerre de mouvement ». Sauf qu’en réponse anticipée, Shein a un immense entrepôt en Pologne et un autre aux Pays-Bas. Est-ce que Bruxelles arrivera à stopper ce flot incessant de colis chinois débarquent massivement en Europe ? La situation est déjà à un point critique. Temu, Shein et AliExpress plaisent par leurs produits pas chers dans toutes les catégories et misent sur les achats impulsifs des visiteurs.
- Temu, AliExpress et Shein contournent la taxe française sur les petits colis en faisant atterrir leurs avions cargo en Belgique et aux Pays-Bas.
- Les colis rejoignent ensuite la France par camion via l’espace Schengen.
- Le gouvernement a réagi avec un arrêté du 23 mars 2026 pour élargir les pouvoirs de contrôle de la douane.
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