Disparition des chèques : le Trésor public se prépare discrètement à les supprimer

Le Trésor public français prépare discrètement la suppression du chèque. Un changement silencieux qui marque la fin d’une époque où ce carnet était très utilisé par les Français pour régler les impôts, contraventions ou encore les frais scolaires.

Chèque
© Envato

Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques, confirme au Monde qu’une réflexion a été lancée à propos de la suppression du chèque comme moyen de paiement accepté par l’administration fiscale. Même si la date n’a pas été fixée, la suppression de cette possibilité pourrait avoir lieu en 2027 lors de la fermeture du dernier centre de traitement des chèques de l’État français à Rennes.

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La suppression du chèque est envisagée par les finances publiques

C’est l’effondrement des volumes qui justifie cette réflexion. Les chèques ne représentent plus que 3 % des transactions françaises contre 37 % en 2000. Pour le Trésor public, la chute est encore plus spectaculaire puisqu’on parle de 72 % de baisse en 10 ans. Il n’y a eu que 39 millions de chèques encaissés en 2024.

Entre début 2024 et début 2025, la diminution est même de 20 %. La dégringolade s’explique par l’évolution des habitudes de paiement. L’essor de la carte bancaire et des applications mobiles comme Lydia a modifié comment les Français paient au quotidien. Ce ne sont que 4,5 % des opérations au bénéfice du Trésor qui passent par le chèque, soit 1 % des montants concernés. L’administration voit plusieurs avantages à cette suppression, notamment parce que le chèque a le taux de fraude le plus élevé. Les vols et les falsifications coûtent très cher à traiter.

Face au volume déclinant, les centres de Lille et de Créteil ont même fermé en 2023. Et une partie de l’activité est désormais confiée à un prestataire privé appelé Tessi. Il ne reste donc plus qu’un centre public à Rennes qui n’a traité que 8,3 millions de chèques en 2024 avec du matériel dépassé. Au lieu de moderniser les équipements, l’administration envisage donc une fermeture en 2027, puis confierait les derniers chèques à Tessi.

Des mesures ont déjà été mises en place pour faciliter la transition. Depuis 2019, payer ses impôts par chèque au-delà de 300 euros entraîne une majoration de 0,2 %. L’administration fiscale multiplie aussi les actions pour mettre en avant des solutions « moins coûteuses et plus sécurisées ».

Les syndicats dénoncent les conséquences sociales

Mais comme souvent se posent des questions sociales. Olivier Brunel de Force Ouvrière souligne qu’interdire juridiquement le chèque est difficile car il s’agit du « seul mode totalement gratuit pour l’usager ». Olivier Villois de la CGT met en garde contre l’exclusion des populations « fragiles » ou « âgées ».

Bercy a conscience de ces enjeux et insiste sur l’accompagnement nécessaire vers d’autres moyens de paiement : virements bancaires, prélèvements tous les mois ou paiements en espèces. L’administration fiscale souhaite que ces alternatives soient disponibles et accessibles aussi bien aux guichets que dans les réseaux buralistes.

Mais l’emploi inquiète aussi puisque la CFDT dénonce un « plan de suppression de cinquantaine de postes » derrière cette suppression du chèque. Le syndicat français demande que le site de Rennes soit maintenu et modernisé au lieu d’être abandonné.

  • Le Trésor public envisage la fin du chèque d’ici 2027, en raison de son déclin massif : seulement 3 % des paiements en France, avec une chute de 72 % en dix ans pour l’administration fiscale.
  • Le dernier centre public de traitement des chèques à Rennes pourrait fermer, la gestion étant transférée à un prestataire privé, avec des suppressions de postes en perspective.
  • Les syndicats alertent sur les risques d’exclusion pour les publics fragiles, le chèque étant le seul mode de paiement gratuit, tandis que Bercy promet un accompagnement vers d’autres solutions.

Source : Le Monde

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