Le tracker BitTorrent privé LaCale figure au sommet d’une nouvelle requête judiciaire déposée aux États-Unis. L’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) a obtenu un DMCA pour forcer Cloudflare à donner toutes les informations en sa possession sur 29 sites de piratage.

- L’ACE a obtenu un DMCA pour forcer Cloudflare à transmettre les données liées à 29 sites de piratage, dont le tracker privé français LaCale.
- La requête déposée le 15 mai 2026 vise notamment les adresses IP, e-mails, numéros de mobile et informations de paiement des opérateurs.
- Selon le dossier judiciaire, les forces de l’ordre auraient infiltré LaCale, mais les utilisateurs ne sont pas visés par cette procédure.
On parle de plateformes françaises, chinoises, vietnamiennes, russes, espagnoles et indiennes. Pour les opérateurs de LaCale, le risque a basculé dans une autre dimension, surtout après la disparition récente de YggTorrent qui a fait couler beaucoup d’encre.
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Désormais, LaCale est dans le viseur du lobby étasunien du cinéma
Pour rappel, l’ACE rassemble la Motion Picture Association et les grands studios hollywoodiens. On parle de Disney, Universal, Paramount, Warner Bros. et Columbia. La coalition utilisent des DMCA pour demander à des intermédiaires comme Cloudflare d’identifier les administrateurs de sites pirates.

Le 15 mai 2026, la requête a été déposée. Il s’agit d’obtenir les coordonnées physiques, les adresses IP, les numéros de mobile, les e-mails, les informations de paiement et l’historique des comptes Cloudflare de 29 domaines listés. L’écosystème continue à changer très vite, comme l’a illustré récemment leretour fake de YggTorrent racheté par une société marketing.
Le dossier déposé liste plusieurs catégories de cibles à travers le monde. Pour la France, le seul tracker mentionné est LaCale. En Chine, le forum BT Home alias 1LOU est ciblé même si l’ACE ne compte aucun membre là-bas. Au Vietnam, on parle de kkphim.com, d’ophim17.cc et de phim.nguonc.com qui servent d’API pour alimenter des sites de streaming tiers en métadonnées et liens m3u8.
La requête évoque aussi le portail russe Kino, plusieurs domaines indiens de Movierulz, le polonais wizja.cc, le brésilien rrrv.lol, le thaïlandais nanamovies.org et série.ly en langue espagnole. Bref, une nouvelle chasse est ouverte alors qu’en mars 2026, la fermeture du tracker YggTorrent après le piratage YggLeak avait déjà bouleversé l’écosystème francophone.
Il faut dire que LaCale occupe une position particulière dans le paysage francophone post-YggTorrent. Le tracker privé a été lancé fin décembre 2025, avant même la chute du leader historique. Sa communauté reste petite par rapport à un site public, mais avec une croissance rapide. Et puis la tenue est de qualité, ce qu’apprécient les membres.
LaCale, digne représentant du post-YggTorrent
La Team QTZ, l’un des collectifs d’uploadeurs historiques d’YggTorrent, a quitté le navire avant le piratage. Preuve que LaCale a quelque chose de plus que les autres. De nombreux uploadeurs ont migré vers Sharewood ou directement là-bas, comme le rappelait l’épisode des utilisateurs qui archivent et redistribuent les contenus après la fermeture de YggTorrent. Le fait que LaCale soit uniquement accessible sur invitation n’a pas freiné les ayants droit.
Sauf que voilà, le DMCA ne touchera la cible que si les opérateurs de LaCale ont laissé des traces chez Cloudflare. La requête mentionne les films Moana et Gladiator 2 comme exemples d’œuvres partagées sur le tracker, et liste des URL privées du site.
Le dossier judiciaire confirme un accès à la communauté fermée, ce qui laisse entendre que les forces de l’ordre ont infiltré LaCale. Pourtant, le site l’a écrit noir sur blanc : « Port privé. Pas de quartiers pour les mouchards ». Ça n’aura pas suffit pour éviter cette infiltration.
Les opérateurs des sites pirates utilisent habituellement de fausses données auprès de leurs hébergeurs. Mais des coordonnées partielles suffisent parfois à recouper des informations d’autres pistes. En clair, l’ACE multiplie les approches techniques. Le DMCA reste un outil de routine pour la coalition, qui en a obtenu plusieurs au cours des deux dernières années contre Discord et Cloudflare.
L’équipe de LaCale est visée, pas les utilisateurs
Le précédent de Gr0lum qui a coulé YggTorrent a déjà montré la fragilité des infrastructures pirates face à une intrusion. Mais ici, l’objectif d’Hollywood reste ici d’identifier les administrateurs, pas de bloquer le site. Les utilisateurs de LaCale n’ont aucune raison de paniquer. Les DMCA visent les opérateurs, pas les membres. À ce stade, aucun fichier de comptes n’a été demandé selon TorrentFreak.
En gros, le risque immédiat se concentre sur l’équipe technique et administrative de LaCale. Les utilisateurs ne sont pas la cible, l’Arcom s’occupe de les notifier en cas de piratage même si les risques judiciaires n’existent plus. Le document attend encore la signature d’un greffier. Reste à voir ce que Cloudflare transmettra.
Source : TorrentFreak
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