L’Espagne prépare un satellite militaire capable d’encaisser une impulsion nucléaire. C’est le 31 juillet que l’opérateur espagnol Hisdesat a choisi Airbus pour construire SpainSat NG-III, un satellite de communications sécurisées pour l’armée espagnole et l’OTAN. La protection de ces communications contre le brouillage et les attaques électroniques sera son argument principal.

- Airbus va construire SpainSat NG-III, un satellite militaire espagnol de communications sécurisées pour l’Espagne et l’OTAN.
- Le satellite résistera au brouillage, aux attaques électroniques et aux impulsions électromagnétiques nucléaires en orbite.
- Ses antennes actives pourront redessiner la couverture jusqu’à 1 000 fois par seconde et neutraliser les tentatives de brouillage.
C’est Airbus Defence and Space qui décroche la maîtrise d’œuvre de ce troisième satellite. Airbus présente SpainSat NG-III comme le satellite européen de télécommunications sécurisées le plus avancé. La commande prolonge un programme mené pour le ministère espagnol de la Défense. Thales Alenia Space en Espagne fournira les charges utiles UHF et en bande Ka militaire, quand Airbus assemblera et testera l’ensemble. Les charges utiles UHF n’existaient pas sur la flotte espagnole précédente.
Airbus prend la maîtrise d’œuvre du satellite SpainSat NG-III
Le satellite embarquera des antennes actives en bande X, développées par Airbus à Madrid. Une seule de ces antennes fait le travail de 16 antennes classiques. Mais ce n’est pas tout puisque la zone de couverture se redessine jusqu’à 1 000 fois par seconde.
Ces antennes détectent les tentatives de brouillage, les géolocalisent et les neutralisent. Les antennes SARA de réception et d’émission pèsent la moitié de la valeur du satellite. Il s’agit de la technologie déjà disponible sur les deux premiers satellites du programme.
La résistance aux pires scénarios fait la particularité de ces satellites. Les satellites SpainSat NG sont durcis contre les impulsions électromagnétiques nucléaires en orbite et contre les explosions nucléaires en haute altitude.
Une protection contre les plus puissantes attaques
Une explosion de ce genre détruit l’électronique des satellites sans protection. Le programme répond aux standards les plus stricts de l’OTAN contre le brouillage et le leurrage. Les communications militaires de l’Espagne et de ses alliés en dépendent.
Rappelons que les deux premiers satellites sont en orbite. En janvier 2025, SpainSat NG-I a décollé depuis Cap Canaveral sur une fusée Falcon 9 de SpaceX. En octobre 2025, SpainSat NG-II a suivi depuis le Kennedy Space Center.

Chaque satellite mesure 7 mètres pour 6 tonnes, sur la plateforme Eurostar Neo d’Airbus. La couverture s’étend des États-Unis à Singapour, avec l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, soit environ deux tiers de la Terre. Les clients s’étendent au-delà de l’Espagne, avec la Commission européenne et l’OTAN dans la liste.
Cette commande tombe alors que la défense européenne est sous forte pression. Le 8 juin 2026, l’Allemagne a enterré le SCAF, le programme militaire à 100 milliards d’euros. Les industriels sauvent les drones et le cloud de combat du SCAF.
Pas encore de date de lancement pour ces satellites SpainSat NG-III
Le spatial militaire échappe à ces blocages. Et pour cause, les besoins des pays européens s’accordent sur les satellites. Cette entente contraste avec la coopération militaire franco-allemande sur les avions de combat. Un satellite de communications ne pose aucune question de doctrine entre alliés. Les antennes actives sont nées du partenariat Pacis 3 entre l’Agence spatiale européenne et Hisdesat.
Pas de date de lancement pour SpainSat NG-III. En 2026, les deux premiers satellites entrent en service, pour 15 ans d’exploitation jusqu’en 2037. Hisdesat exploite ces satellites depuis Madrid pour le compte du ministère espagnol de la Défense. Le développement du programme a mobilisé plus de 500 ingénieurs par an en Espagne.















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