Les propriétaires de véhicules équipés d’airbags Takata défectueux passeront prochainement à la caisse. À partir du 1er janvier 2026, toute voiture classée en procédure d’immobilisation « stop-drive » sera automatiquement recalée au contrôle technique. Cette contre-visite pour défaillance critique sera facturée entre 0 et 40 euros selon les centres. Le ministère des Transports appelle les centres à modérer leurs tarifs, mais rien ne les y oblige.

Rappelons que, théoriquement, il y a 1,3 million d’automobilistes français qui ne peuvent plus utiliser leur véhicule. Une voiture qui échouera au contrôle technique en étant équipée d’un airbag Takata risquera l’immobilisation.
Les airbags Takata, un danger mortel pour les automobilistes
Le scandale des airbags Takata est le plus vaste rappel de l’histoire de l’automobile mondiale. On parle de 200 millions d’airbags défectueux installés dans les véhicules de plus de 30 constructeurs différents entre 1998 et 2019.
L’équipementier japonais a décidé de remplacer l’azoture de sodium par du nitrate d’ammonium comme agent propulseur dans ses gonfleurs. Une substance chimique qui permettait de réduire les coûts de fabrication d’environ 10 %. Sauf qu’exposée à la chaleur et à l’humidité sur de longues périodes, elle devient instable.
Au lieu de gonfler le coussin de manière contrôlée lors d’un choc, le mécanisme peut exploser violemment et projeter des fragments métalliques à plus de 300 km/h sur les occupants du véhicule. Malheureusement, il y a déjà eu des morts. À noter que le nitrate d’ammonium est la même substance chimique qui a provoqué l’explosion du port de Beyrouth en août 2020 et de l’usine AZF à Toulouse en septembre 2001. Le premier accident mortel documenté remonte à 2004, en Alabama.
C’est Honda qui a lancé un premier rappel en 2008, mais le scandale n’a éclaté qu’en 2014 après une enquête de l’agence fédérale étasunienne de la sécurité routière. Les investigations ont montré que Takata a dissimulé les résultats des tests défavorables depuis des années, ce que des ingénieurs de l’équipementier japonais ont confirmé.

En janvier 2017, Takata a plaidé coupable de fraude aux États-Unis et a accepté de payer une amende d’un milliard de dollars. Six mois plus tard, l’entreprise était criblée de dettes et les clients lui ont tourné le dos. Résultat, un dépôt de bilan. Joyson Safety Systems l’a rachetée pour 1,4 milliard d’euros, mais le mal était fait.
Des millions d’airbags potentiellement meurtriers équipent encore des véhicules partout dans le monde, et en France. Justement, dans l’Hexagone, le bilan humain s’alourdit toujours plus. On parle de 21 personnes qui ont perdu la vie et 21 autres autres gravement blessées par l’explosion des airbags Takata.
Trois décès ont eu lieu rien qu’en 2025, en janvier sur une Honda, en mars sur une Toyota et le 11 juin à Reims sur une Citroën C3 de 2014 dont la conductrice de 36 ans n’a pas reçu le courrier de rappel. Puis, fin novembre 2025, un homme d’une vingtaine d’années est décédé à La Réunion dans les mêmes circonstances. C’est l’Outre-mer qui paie un tribut très lourd avec 16 des 20 victimes. Pourquoi ? Parce que l’humidité et les températures élevées accélèrent la dégradation du nitrate d’ammonium.
La contre-visite si vous avez un airbag Takata pourrait vous être facturée
Un décret entré en vigueur le 8 décembre 2025 impose désormais aux centres de contrôle technique de signaler sur le procès-verbal si un véhicule fait l’objet d’un rappel grave de la part de son constructeur. Pour les airbags Takata qui sont classés « stop-drive », le gouvernement impose une contre-visite pour défaillance critique à partir du 1er janvier 2026.
Le véhicule ne pourra plus circuler légalement et le contrôle technique ne sera validé qu’après un remplacement de la pièce défectueuse. Une contre-visite que vous paierez de votre poche entre 0 et 40 euros selon les centres. Rappelons que le remplacement de l’airbag en lui-même est gratuit chez n’importe quel concessionnaire de la marque du véhicule.

Depuis juillet 2025, un arrêté ministériel oblige les constructeurs à effectuer la réparation dans un délai maximum de deux mois à compter du signalement du propriétaire, sous peine de sanctions financières. Et si aucun rendez-vous n’est disponible dans les 15 jours qui suivent la demande, le constructeur doit aussi mettre à disposition un véhicule de courtoisie, un véhicule de location, ou un moyen de transport équivalent, le tout gratuitement.
Si vous voulez vérifier que votre véhicule est concerné par ce rappel des airbags Takata, il faudra renseigner votre numéro VIN que l’on trouve sur la carte grise depuis le site du constructeur de votre véhicule. Depuis février 2025, le procès-verbal du contrôle technique mentionne la présence d’un airbag Takata à remplacer. Une information qui est très importante pour les acheteurs de véhicules d’occasion.
- À partir du 1er janvier 2026, toute voiture classée en « stop-drive » pour airbag Takata sera automatiquement recalée au contrôle technique et devra passer une contre-visite pour défaillance critique, facturée entre 0 et 40 euros selon les centres.
- Tant que l’airbag n’est pas remplacé, le véhicule ne pourra plus circuler légalement, même si le remplacement de la pièce est gratuit chez un concessionnaire de la marque.
- En France, les airbags Takata ont déjà fait 21 morts et 21 blessés graves, et il est possible de vérifier si un véhicule est concerné en entrant le numéro VIN sur le site du constructeur.
Source : Ouest-France
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