Airbags Takata : des ingénieurs ont détruit des preuves du scandale

D’anciens salariés de Takata accusent l’entreprise japonaise d’avoir caché des preuves accablantes sur la dangerosité de ses airbags dès 2004. Pourtant, le premier rappel officiel a eu lieu quatre ans après. Il s’agit de témoignages anonymes qui dessinent le portrait d’une société qui a sciemment caché un problème responsable de plusieurs décès.

Airbag Takata
© Unplash

Selon ces anciens salariés, motivés par la crainte que l’équipementier japonais n’ait pas dit toute la vérité, le but était de protéger les intérêts commerciaux. On parle de décès et, malheureusement, une jeune femme a perdu la vie dans l’Hexagone à cause d’un défaut sur son airbag Takata. Dans l’urgence, le gouvernement a poussé les constructeurs à lancer une énorme campagne de rappel.

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Des ex-employés de Takata accusent la société d’avoir détruit des preuves

L’origine de l’affaire remonte à 2004, suite à un incident survenu aux États-Unis avec une Honda Accord de 2002. L’airbag s’est déclenché en projetant des fragments métalliques sur le conducteur. De suite, Takata aurait immédiatement organisé une campagne de test clandestin, selon les anciens employés. Ce serait une cinquantaine d’airbags qui auraient été récupérés dans des casses automobiles puis acheminés vers les installations étasuniennes à Auburn Hills, dans le Michigan.

Les résultats de ces tests secrets ont été alarmants. On trouvait des fissures sur deux des airbags testés, avec la possibilité d’une rupture totale lors du déclenchement. Normalement, une telle découverte aurait dû déclencher une alerte auprès des autorités compétentes pour un rappel massif. Les ingénieurs mobilisés auraient d’ailleurs commencé à élaborer des solutions face à ce scénario. Mais la direction de Takata en aurait décidé autrement.

Au lieu d’assumer la transparence demandée par une telle situation, les responsables auraient minimisé les conclusions inquiétantes des tests et demandé à ce que les données informatiques soient supprimées. Les techniciens qui ont mené ces essais auraient reçu l’ordre de détruire toutes les preuves matérielles en se débarrassant des airbags examinés.

Pourtant, la version officielle de Takata n’est pas la même. L’équipementier japonais affirme n’avoir découvert l’accident de la Honda Accord qu’au milieu de l’année 2005 et réfute l’existence de ces tests qui se seraient tenus pendant l’été 2004. Une chronologie qui permettait à la société de justifier le délai écoulé avant le premier rappel, qui a été lancé en novembre 2008.

Takata est contredit par ses ex-employés et Honda

Honda contredit totalement Takata en expliquant avoir transmis l’intégralité des informations à propos de cet accident aux constructeurs d’airbags dès le deuxième trimestre 2004. Les anciens salariés maintiennent leur déclaration et accusent leur ex-employeur de manipulation. Selon eux, Takata ment pour masquer la réalité d’une dissimulation consciente et organisée alors que le problème était connu il y a déjà 20 ans.

Les conséquences de ces airbags dangereux sont énormes. On parle de plus de 100 millions de véhicules qui circulent alors qu’ils sont équipés de dispositifs potentiellement mortels. La France compte à elle seule plus de 2,5 millions de modèles rappelés, dont 1,7 million sont totalement immobilisés avant leur remplacement. Quant aux décès, c’est une vingtaine de personnes qui ont perdu la vie et autant de blessés dans l’Hexagone.

  • D’anciens salariés accusent Takata d’avoir caché des preuves accablantes sur la dangerosité de ses airbags dès 2004.
  • Le premier rappel officiel n’a eu lieu qu’en novembre 2008 malgré des alertes dès 2004.
  • L’ampleur est massive, avec plus de 100 millions de véhicules équipés de dispositifs potentiellement mortels.

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