La France et les Émirats arabes unis se rapprochent de nouveau autour du Rafale F5. Pourtant, le silence entre Paris et Abu Dhabi a duré des mois. Mais selon plusieurs médias, les échanges ont repris autour du prochain standard de l’avion de combat de Dassault Aviation.

- Les Émirats arabes unis pourraient revenir financer le Rafale F5, après des mois de blocage avec Paris.
- Le désaccord reste le même : Abu Dhabi veut accéder aux technologies sensibles, mais Dassault refuse tout partage du cœur logiciel.
- La France doit assumer seule une facture d’environ 5 milliards d’euros, alors que les premières livraisons du Rafale F5 sont attendues en 2033.
Selon les informations, les Émirats arabes unis pourraient revenir dans ce programme estimé à 5 milliards d’euros. Mais pour le moment, rien d’officiel et aucun accord prononcé. Avant de parler de cette affaire d’un possible retour d’Abu Dhabi, un peu de mise en contexte.
Pourquoi les Émirats arabes unis ne veulent pas financer le Rafale F5 ?
En décembre 2025, les Émirats arabes unis se disaient prêts à investir jusqu’à 3,5 milliards d’euros dans le développement du Rafale F5. Mais les discussions ont échoué sur le transfert de technologies sensibles, la propriété intellectuelle et la place accordée à l’industrie émiratie.
Car voilà, Abu Dhabi demandait une vraie place industrielle et ne pas juste être un client. Mais Dassault Aviation refusait de partager la maîtrise des technologies essentielles de son chasseur. Et selon la presse, le pays du Golfe reprocherait aussi une forme d’arrogance à Paris.

Résultat, les Émirats arabes unis ont refusé de payer pour le Rafale F5 et le passage d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi n’aura rien changé. Mais l’intransigeance de Paris a une explication très simple. La mission nucléaire du Rafale F5 impose une protection totale contre le piratage et Dassault Aviation veut que le cœur logiciel du Rafale F5 reste fermé, même pour les alliés.
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, l’a répété devant les sénateurs : l’optronique, la guerre électronique et les logiciels critiques sont verrouillés par la France. Pour les Émirats arabes unis, hors de question d’aligner les milliards sans accéder à la technologie.
Et la France paie cette intransigeance compréhensible, puisque le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire présenté en avril 2026 a réservé 3,4 milliards d’euros au standard F5 sur la période.
Abu Dhabi pourrait être de retour dans le dossier
Le ministère des Armées assume donc seul une facture d’environ 5 milliards d’euros sans soutien financier émirati. C’est en 2033 que les premières livraisons sont attendues après un décalage et un financement étalé sur une bien plus longue durée.
Mais alors pourquoi Abu Dhabi serait de retour dans le dossier ? La guerre en Iran a changé la donne. La Tribune cite plusieurs sources et explique que le conflit a fait oublier le contentieux entre la France et les Émirats arabes unis. Face aux drones hostiles iraniens, la France a déployé ses moyens de défense dans le Golfe, dont des Rafale, des systèmes antiaériens et des radars aéroportés.
En juin 2026, Catherine Vautrin, ministre des Armées, a confirmé aux Échos des négociations autour du Rafale F5 et la venue de son homologue émirati à Paris. Et rappelons que les Émirats arabes unis ont l’habitude des deals commerciaux avec la France puisqu’en décembre 2021, le pays du Golfe a signé une commande record de 80 Rafale F4 pour environ 16 milliards d’euros.
La livraison de ces chasseurs ne commencera que cette année et 20 unités en plus sont en discussion. Abu Dhabi sera le pays qui utilise le plus le chasseur au monde en tant que client, avec des infrastructures dédiées, une formation des équipages et la maintenance sur la durée.
Mais le retour des Émirats arabes unis ne sera pas une formalité. À la fin du mois d’août dernier, Éric Trappier a rejeté tout partage de la conception et le Rafale F5 sera développé sans codéveloppement avec des pays étrangers. “On travaille aujourd’hui sur ce super Rafale qu’on appelle le Rafale F5”, a déclaré le PDG de Dassault Aviation.
Dassault Aviation est ferme et ne partagera pas ses secrets
C’est à partir de 2035 que l’exportation du Rafale F5 débutera, selon Éric Trappier. Un financement émirati est toujours possible mais sans accès aux secrets industriels du chasseur, ce que demande pourtant le pays du Golfe. Reste à savoir quelle sera la position émiratie face à un rôle de partenaire financier, mais sans cette contrepartie technologique.

Le contexte est très important face à une situation géopolitique tendue. N’oublions pas que le Rafale F5 est la réponse française pour battre le chasseur F-35 à moindre coût après la fin du SCAF avec l’Allemagne. Un standard qui ajoutera un moteur, un radar, de l’IA, un drone de combat furtif hérité du nEUROn. Le moteur M88 T-REX de Safran aura 20 % de poussée en plus et le radar RBE2 XG de Thales passera au nitrure de gallium. Le Rafale F5 portera le futur missile nucléaire hypersonique ASN4G.
À l’origine, Paris songeait à un club Rafale avec l’Égypte, le Qatar, l’Inde, la Grèce, l’Indonésie, la Croatie et les Émirats arabes unis. Bref, la reprise des échanges entre Paris et Abu Dhabi, si elle a bien lieu, n’est qu’un premier pas.
Les blocages sont toujours là et Dassault Aviation ne compte pas fléchir à propos du partage de cette technologie. Mais la France doit assumer une facture lourde d’environ 5 milliards d’euros sans aucune aide émiratie. Alors chaque milliard émirati compte.













Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.