Face au gazole à 2,30 €, l’État double le leasing social et passe à 100 000 voitures électriques

En juin 2026, le leasing social revient avec 100 000 véhicules électriques. Le 10 avril, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a confirmé son doublement. On parle de 50 000 voitures pour les ménages modestes et 50 000 pour les gros rouleurs. En 2025, Stellantis et Renault totalisaient les trois quarts des ventes et les deux constructeurs saluent l’annonce, forcément.

Sommaire
Renault leasing social 2026
© Unsplash
  • Le leasing social 2026 sera doublé avec 100 000 voitures électriques subventionnées.
  • 50 000 véhicules seront réservés aux ménages modestes.
  • 50 000 autres seront destinés aux gros rouleurs, comme les aides à domicile, les infirmières et les artisans.

Le contexte est explosif. Le gazole a dépassé les 2,30 euros le litre en France à cause de la flambée des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Et pour cause, le détroit d’Ormuz est toujours fermé et les cours du brut ont grimpé de plus de 50 % depuis le début de la guerre.

Doublement des véhicules électriques disponibles pour le leasing social 2026

Sébastien Lecornu a choisi de ne pas baisser les taxes sur les carburants fossiles. Sa stratégie est claire, c’est d’accélérer la bascule vers l’électrique. Le budget public consacré à l’électrification passera de 5,5 à 10 milliards d’euros par an avant 2030. L’objectif est d’atteindre 400 000 voitures électriques produites en France dès 2027. Et un million quatre ans plus tard. Deux voitures neuves sur trois seront électriques à cette échéance.

Il faut dire que le leasing social a fait ses preuves. En 2024, la première édition a été épuisée en six semaines. Les 50 000 dossiers se sont arrachés et des centaines de milliers de ménages sont restés sur la touche. Idem en 2025.

Le principe est simple, c’est une voiture électrique en location longue durée pour moins de 200 euros par mois sans apport. Pour les modèles les plus accessibles, les mensualités tombaient à 100 euros. Le loyer est rendu possible par une aide publique qui peut atteindre 7 000 euros par véhicule.

Les gros rouleurs profiteront du leasing social 2026

La grande nouveauté cette année, c’est l’ouverture aux gros rouleurs. Sébastien Lecornu a nommé les professions concernées dans son allocution filmée depuis la cour de Matignon : « 50 000 véhicules électriques supplémentaires vont être subventionnés, notamment pour les aides à domicile, les aides-soignantes, les infirmières, les artisans et plus globalement tous les salariés ou agents publics. »

Il s’agit de travailleurs qui parcourent des dizaines de kilomètres par jour et qui subissent la hausse du gazole de plein fouet. Le plafond de revenus pourrait aussi être relevé pour inclure une partie des classes moyennes selon les premières informations disponibles.

Sauf que voilà, la liste des modèles éligibles n’a pas encore été publiée. Le décret de lancement n’est pas sorti. Les critères d’éligibilité précis, la durée du contrat et le kilométrage couvert restent à détailler. Si l’on se fie aux éditions précédentes, les modèles Renault et Stellantis domineront le catalogue.

La Renault 5 E-Tech, la Renault Twingo E-Tech sortie à moins de 14 000 euros en France, la Peugeot e-208, la Citroën e-C3, la Fiat Panda électrique ou encore la Volkswagen ID.3 faisaient partie de la sélection précédente. En 2025, Stellantis avait capté 23 400 des 50 000 dossiers, soit presque la moitié. Renault en avait distribué 15 000.

La France veut pousser au maximum vers l’électrique

Stellantis a salué des mesures « essentielles pour concilier succès de la transition et soutien à l’industrie ». Renault conditionne son optimisme au maintien d’un écosystème favorable. « Les mesures qui viennent en soutien de la demande nous aideront, d’autant que nous avons beaucoup investi pour la production de nos véhicules électriques et avons l’intention de continuer à investir en France. » explique le constructeur. En gros, les constructeurs sont satisfaits mais Renault surveille le prix de l’électricité du coin de l’œil. Un véhicule électrique perd son avantage si le coût de la recharge grimpe lui aussi.

Pour rappel, le gouvernement prépare aussi l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs avant la fin de l’année. Mais aussi des aides qui atteindront 100 000 euros par véhicule pour les poids lourds et les utilitaires électriques.

Le  leasing social est un pilier d’un plan bien plus large. Dès 2027, les taxes sur les carburants grimperont encore avec l’entrée en vigueur du marché carbone européen pour le transport routier. La pression sur les conducteurs de véhicules thermiques s’intensifiera encore. Le leasing social est la réponse sociale du gouvernement à cette transition forcée.

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