Permis de conduire : la France envisage de supprimer les fautes éliminatoires

La Sécurité routière travaille sur une refonte des fautes éliminatoires au permis de conduire. Depuis décembre 2025, un groupe de travail se penche sur le sujet. Il s’agit des erreurs qui causent 93 % des échecs à l’examen pratique. On parle de ne pas s’arrêter à un stop, de rouler en sens interdit ou de franchir une ligne continue.

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Permis de conduire examen
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Toutes ces fautes entraînent un échec immédiat. Sauf que voilà, la France envisage de les assouplir. Mais les auto-écoles se rebiffent contre cette possible révision. Patrick Mirouse, président de l’École de Conduite Française ne mâche pas ses mots : « Donner le permis à un jeune qui roule en sens interdit, ce serait aberrant. »

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La France pourrait supprimer les fautes éliminatoires au permis de conduire

Le patron de l’ECF, plus gros réseau d’auto-écoles en France avec 750 points de formation, est catégorique. « Je ne suis pas favorable à ce que l’on rabaisse le niveau du permis de conduire. Je ne suis pas contre la nouveauté, au contraire, mais je suis perplexe quand je lis qu’on pourrait dire à un jeune apprenti : si tu n’as pas respecté le stop, ce n’est pas grave. » nous explique-t-il.

Il faut dire que les chiffres de la sécurité routière ne plaident pas pour un assouplissement. En 2025, 3 260 personnes sont mortes sur les routes françaises. C’est une hausse de 2,1 % par rapport à 2024. Les jeunes conducteurs sont surreprésentés dans les accidents. « Le permis de conduire, ce n’est pas une formalité administrative » rappelle Patrick Mirouse. « Derrière ces chiffres il y a des familles entières endeuillées. C’est quand même normal de ne pas donner le permis de conduire à un candidat qui roule en sens interdit ! » ajoute-t-il.

Permis de conduire
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Mais alors pourquoi la Sécurité routière veut-elle assouplir l’examen ? C’est simple, le taux de réussite stagne sous les 60 % depuis dix ans. Et 93 % des candidats sont recalés d’office suite à une faute éliminatoire. Ce n’est pas l’absence de compétences qui provoque l’échec au permis e conduire mais une seule erreur.

En février 2026, le Conseil constitutionnel a validé la fin du financement du permis par le CPF. Résultat, les candidats paient tout de leur poche. On parle de 1 500 à 2 000 euros pour passer le permis. Alors pour chaque faute éliminatoire, la facture s’alourdit.

Plusieurs pistes et motivations derrière ce possible assouplissement

Cette réforme a une autre motivation. Il y a le problème des places d’examen car la France manque d’inspecteurs. On parle de 1 200 agents pour 1,8 million d’examens par an. Les délais d’attente atteignent jusqu’à 8 mois dans certains départements. Si le taux de réussite grimpe, la Sécurité routière espère libérer des créneaux et réduire l’attente.

Le groupe de travail étudie plusieurs pistes. La première, c’est de coller à la directive européenne. La réglementation française est plus stricte que ce que l’Europe demande. En Europe, une erreur est éliminatoire si elle crée un « danger immédiat ». La France a ajouté cinq infractions éliminatoires de suite. En gros, griller un stop sur une route déserte en France, c’est éliminatoire. Dans d’autres pays européens, l’examinateur juge s’il y avait un danger.

La deuxième piste, c’est de permettre au candidat de valider l’examen malgré une faute éliminatoire isolée. Il s’agirait d’ajouter cinq heures de conduite après l’examen si le candidat atteint un « seuil de compétence suffisant ». Bref, une sorte de solution de compromis. Le candidat ne repart pas de zéro mais il n’a pas son permis de conduire sans quelques heures de conduite en plus.

Pour rappel, Patrick Mirouse propose une tout autre approche. « Notre proposition pour faire progresser le niveau des candidats est de renforcer la conduite accompagnée, en abaissant l’âge à 14 ans au lieu de 15. » argumente-il.

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La conduite accompagnée a un taux de réussite plus élevé

Selon les chiffres, les conducteurs qui passent par la conduite accompagnée ont le permis dans 77 % des cas contre 57 % pour l’apprentissage classique. Ils roulent 28 heures en moyenne contre 35 pour le parcours traditionnel. « Si tout le monde faisait la conduite accompagnée, je peux vous dire qu’il n’y aurait plus de problème de places d’examen en France. » appuie Patrick Mirouse.

Permis de conduire examen
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Rien n’est acté pour le moment puisque le groupe de travail n’a pris aucune décision officielle. Une réforme pourrait entrer en vigueur fin 2026. Le permis de conduire reste l’examen qui concerne le plus de monde en France. On parle de près de quatre fois plus de candidats que pour le baccalauréat.

  • La Sécurité routière travaille depuis décembre 2025 sur une refonte des fautes éliminatoires au permis de conduire.
  • L’une des pistes étudiées serait d’assouplir l’examen, voire de ne plus éliminer automatiquement certains candidats après une faute isolée.
  • Les auto-écoles s’opposent fermement à cette possible réforme.

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