PS5 : Sony menacé de rembourser 12 millions de joueurs pour position dominante

Sony joue très gros. Le géant japonais fait face à un procès massif au Royaume-Uni qui pourrait lui coûter jusqu’à 2 milliards de livres sterling, soit environ 2,4 milliards d’euros. On parle de 12,2 millions de joueurs britanniques concernés par cette action collective.

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Comparatif PS5 Pro et PS5

Rappelons que l’entreprise était déjà visée par une plainte massive des joueurs aux Pays-Bas pour les mêmes raisons. L’accusation est claire, Sony abuserait de sa position dominante pour gonfler les prix sur le PS Store.

Voici pourquoi Sony pourrait rembourser des millions de joueurs

Le procès a débuté le 2 mars devant le Competition Appeal Tribunal de Londres. Il doit durer dix semaines. C’est Alex Neill, cofondatrice de Consumer Voice et ancienne directrice de l’association de consommateurs Which?, qui mène cette action collective. La plainte couvre tous les joueurs britanniques qui ont acheté un jeu ou du contenu additionnel en version numérique sur le PS Store entre août 2016 et février 2026.

« Nous ne disons pas que les gens ne doivent pas jouer sur PlayStation » explique Alex Neill dans les colonnes de Consumer Voice. « Ce que nous disons, c’est que ces joueurs ont payé trop cher et qu’ils méritent de récupérer de l’argent. » Chaque joueur pourrait recevoir environ 162 livres, soit 195 euros d’indemnisation.

Le fond de l’affaire est simple. Sony impose une commission de 30 % sur chaque achat numérique sur le PS Store. Sauf que voilà, aucune boutique concurrente n’a le droit de s’installer sur les consoles PlayStation. Sur PC, les joueurs ont le choix entre Steam, l’Epic Games Store, GOG ou les sites des éditeurs. Sur PS4 et PS5, le PS Store est la seule option.

Les plaignants estiment que cette situation transforme les utilisateurs en « classe captive ». Selon les preuves avancées lors du procès, les jeux en version numérique coûtent environ 20 % plus cher que les versions physiques. Sur un marché normal, le numérique doit coûter moins cher puisqu’il n’a pas d’emballage, pas de transport, pas de fabrication. 

Le même tribunal a condamné Apple en octobre dernier pour des pratiques similaires avec l’App Store. Apple imposait aussi une commission de 30 % en bloquant la concurrence. Cette décision a fait jurisprudence et les avocats d’Alex Neill comptent bien s’en servir.

Le monopole des leaders du gaming est lourdement menacé

Ce n’est d’ailleurs pas le seul procès du genre, Valve est aussi visé par une action collective de 656 millions de livres pour des pratiques identiques sur Steam. Le message est clair, la commission de 30 % dans l’industrie du jeu vidéo est dans le viseur de la justice britannique. Rappelons que Sony a annulé deux jeux dont un God of War, une décision qui montre que l’entreprise traverse une période difficile.

Pour se défendre, Sony avance deux arguments. Le premier concerne la sécurité. Le constructeur explique que le contrôle total du PS Store est le seul moyen de protéger les données des utilisateurs et qu’autoriser des boutiques tierces ouvrirait la porte à des failles majeures. Il faut dire que le PSN a subi une faille de sécurité que Sony laisse traîner, ce qui fragilise la crédibilité de cet argument.

Le deuxième, c’est la fameuse stratégie de « subventions croisées ». Sony investit des milliards dans le développement de son matériel et vend souvent ses consoles à perte lors du lancement. La commission de 30 % sert à combler ces pertes.

Pourtant, les plaignants estiment que ce modèle ne justifie pas un monopole tarifaire. Surtout quand les exclusivités PS5 portées sur PC rapportent déjà 30 % des revenus logiciels selon plusieurs analystes. Sony n’est donc pas si dépendant de sa commission sur le PS Store pour survivre. Le principe de l’opt-out fait que les 12,2 millions de personnes concernées sont automatiquement incluses dans la plainte. Il faut demander à être retiré si l’on ne souhaite pas en faire partie.

Le problème, c’est que Sony a lui-même accéléré la transition vers le tout-numérique. La PS5 Digital Edition sans lecteur Blu-Ray a poussé des millions de joueurs vers le PS Store. Et la PS5 Pro vendue 799 euros sans lecteur a confirmé cette stratégie. Plus les joueurs dépendent du numérique, plus Sony engrange de commissions. C’est exactement ce que dénonce la plainte alors que les futures consoles sortiront en retard et plus chères selon les analystes. Une condamnation tomberait au pire moment pour l’entreprise japonaise.

Une décision qui peut s’étendre dans le monde entier ?

Autant dire que les conséquences iraient bien au-delà du Royaume-Uni si Sony perd. La décision pourrait encourager des actions similaires dans toute l’Europe. Un tribunal qui forcerait l’ouverture du PS Store à des boutiques tierces changerait les règles du jeu pour toute l’industrie. D’autant plus que la PS6 pourrait franchir un seuil de prix délirant selon les premières estimations, ce qui rendrait la commission de 30 % encore plus lourde pour les joueurs.

Microsoft fait déjà le chemin inverse. Xbox ouvre ses exclusivités à la PS5 et la tendance est à l’ouverture des écosystèmes. Le verdict n’est pas attendu avant plusieurs mois, voire un an si l’on prend en compte les appels. Mais avec le précédent Apple et Valve dans le viseur, la tendance est lourde.

Pour une entreprise quiveut que sa PS6 soit un PC, fermer sa boutique à la concurrence sera de plus en plus difficile à justifier. Reste à savoir si les juges britanniques donneront raison aux 12,2 millions de joueurs ou si Sony parviendra à défendre son modèle fermé.

  • Le 2 mars 2026, un procès collectif contre Sony a débuté à Londres et le risque financier monte jusqu’à 2 milliards de livres sterling.
  • La plainte vise 12,2 millions de joueurs britanniques ayant acheté sur le PS Store entre août 2016 et février 2026.
  • Les plaignants accusent Sony d’abuser de sa position dominante sur le PS Store avec une commission de 30 % et aucune boutique concurrente sur PS4 et PS5.

Source : Consumer Voice

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