Après des années de loyauté, une salariée est remplacée par une IA… voici son témoignage

Les emplois, menacés par l’IA ? C’est la crainte de beaucoup de travailleurs. Un cas illustre parfaitement cette peur : le cas de Valerie Gills, 22 ans, réceptionniste dans un hôtel de Phoenix pendant trois ans. La jeune femme a perdu son poste en 2023 suite à l’installation de bornes d’enregistrement automatiques et de chatbots alimentés par l’IA.

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© Envato

« Je savais que les entreprises cherchaient toujours à améliorer leur efficacité, mais j’ai eu l’impression que la technologie nous privait d’opportunités« , témoigne-t-elle. La crainte se renforce aussi par le déploiement d’agents autonomes comme Operator d’OpenAI (ChatGPT) ou encore la solution d’Anthropic, Claude.

Une employée remplacée par l’IA après des années dans une entreprise

Si Valerie Gills a trouvé des emplois temporaires, aucun ne lui a donné la stabilité de son poste à l’hôtel qui a été remplacé par une IA du jour au lendemain. La situation de précarité a donc pesé sur sa santé mentale et lui a rappelé « à quel point les travailleurs comme moi peuvent être vulnérables face à l’automatisation des industries ». La jeune femme de 32 ans a décroché un stage d’éditrice de blog.

En parallèle, Valerie Gills suit une formation en analyse de données et développement logiciel. Mais la situation est à double tranchant : « J’ai vu de nombreux collègues remplacés par des bornes ou des chatbots. La reconversion des travailleurs doit être mieux soutenue par le système. Ces temps d’automatisation et d’IA semblent très instables et en constante évolution, mais nous devons apprendre à nous adapter. »

Selon une étude de l’UCLA, en Californie, ce sont 2,3 millions de Latinos qui occupent des postes à haut risque d’automatisation. Pire encore : 21 % d’entre eux n’ont pas accès à Internet haut débit, ce qui les empêche de développer des compétences numériques. Pew Research a noté, en 2021, que 67 % des adultes hispaniques ont un PC, contre 80 % des adultes blancs.

Ramiro Cavazos, président de la Chambre de commerce hispanique des États-Unis, estime que si l’IA remplace les travailleurs peu qualifiés, la technologie est en mesure de créer de nouveaux postes et d’améliorer les conditions de travail. « Les Latinos ont fait de grands progrès en termes d’éducation et de compétences », affirme-t-il.

La Hispanic Federation, en partenariat avec 50 organisations communautaires, propose des formations numériques. Diana Caba, vice-présidente du développement communautaire et économique, dévoile que sur 35 000 personnes formées, 70 % sont allées au bout, 6 000 ont trouvé un nouvel emploi et 10 500 ont obtenu un salaire à six chiffres.

Miami Ed Tech est une organisation à but non lucratif fondée par Carlos Vasquez. Elle offre des apprentissages en IA, science des données et conception web. Dylan Pravia, ancien stagiaire désormais étudiant en génie mécanique, témoigne de l’impact positif du programme : « Ils donnent aux étudiants latinos l’opportunité de se former et de montrer leur talent au monde. »

L’administration Biden avait mis l’accent sur les programmes d’apprentissage pour les Latinos via le Département du Travail. Donald Trump a pris des mesures qui ciblent la diversité et l’inclusion, alors l’avenir de ces programmes est menacé.

Source : Fortune

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