Rouler en électrique, c’était aussi faire des économies sur l’assurance. C’est fini. Selon le dernier baromètre d’Assurland publié le 12 février 2026, la prime moyenne pour une voiture électrique atteint 818 euros par an. En 2023, on était à 565 euros. On parle d’une hausse de 45 % en seulement deux ans.

Pour comprendre ce que ça représente, il faut comparer. Un véhicule diesel coûte 735 euros par an à assurer. Un modèle essence, 753 euros. La voiture électrique, censée être plus économique à l’usage, est désormais la motorisation la plus chère à couvrir. Et la tendance ne semble pas prête de s’inverser alors que les ventes ont décollé en Europe, en 2025.
Voici pourquoi l’assurance de votre voiture électrique augmente
Le baromètre d’Assurland porte sur 119 370 devis d’assurance auto restitués entre janvier et octobre 2025. Il confirme une hausse globale de 8 % du prix de l’assurance auto en France sur un an. La prime moyenne toutes motorisations confondues atteint 751 euros, soit une augmentation de 36 % depuis 2010. Sauf que les électriques tirent cette moyenne vers le haut bien plus vite que les autres.
Le premier coupable, c’est la batterie. Elle représente environ 40 % du prix total d’une voiture électrique. Remplacer celle d’une Renault Zoé coûte environ 8 500 euros selon L’Argus. Pour une Tesla Model Y qui a récemment prouvé sa sécurité lors de tests, la facture peut dépasser 15 000 euros. Le problème ne s’arrête pas là.
Après un accident, même mineur, il est souvent impossible de diagnostiquer l’état réel de la batterie. Les constructeurs partagent très peu de données sur leurs packs. Résultat : les assureurs préfèrent déclarer le véhicule « économiquement irréparable » et l’envoyer à la casse.
Une enquête de Reuters a révélé « une grande proportion » de Tesla à faible kilométrage dans les casses en Europe et aux États-Unis. Andy Keane, responsable des produits automobile chez AXA au Royaume-Uni, a confirmé que le prix des batteries de rechange « peut parfois rendre le remplacement irréalisable. » Chez Tesla, les batteries sont intégrées à la structure du châssis pour réduire les coûts de production. Sauf que cette conception rend toute réparation quasi impossible après un choc. Un véhicule neuf de 40 000 euros peut finir à la ferraille après un simple accrochage si l’airbag s’est déclenché.
L’Allianz Center for Technology tire la sonnette d’alarme. Son directeur Christoph Lauterwasser prévient que le volume de cas va grimper à mesure que le parc électrique grandit. Il ajoute que le traitement des batteries est « un point crucial » pour l’avenir du marché.
Au-delà de la batterie, le coût des réparations plombe le bilan. Selon l’Observatoire SRA, les frais de réparation automobile ont augmenté de 8,5 % en 2024. Pour les électriques, c’est pire. Une étude américaine de 2023 a estimé que les réparations d’un modèle électrique coûtent 29 % de plus que le même véhicule en version thermique. Le prix des pièces détachées est 48 % supérieur.
Quelle marque automobile est la plus chère à assurer ?
Les voitures récentes embarquent des capteurs, des caméras, des radars d’aide à la conduite. Un simple choc sur un pare-choc peut endommager trois capteurs et un module électronique. Les pièces détachées neuves ont bondi de 29 % entre 2020 et 2024, et les pièces de réemploi ne représentent que 5 % du marché. En parallèle, les garagistes formés pour intervenir sur des véhicules haute tension restent rares. Cette pénurie de main-d’oeuvre qualifiée allonge les délais et gonfle les factures.
Le baromètre Assurland place Tesla en deuxième position des marques les plus coûteuses à assurer alors que le constructeur automobile mise désormais sur Optimus. La prime moyenne atteint 1 110 euros par an, juste derrière Porsche à 1 139 euros. Le comparateur ne détaille pas les chiffres par modèle, mais le constructeur texan est connu pour ses réparations onéreuses. Un rapport de L’Argus indiquait en 2025 que le coût moyen d’un sinistre Tesla dépassait de 50 % celui d’un véhicule thermique comparable.
Un autre facteur aggrave la situation : 90 % des conducteurs d’électriques choisissent une couverture tous risques, contre 55 % pour les automobilistes en thermique. Sauf que voilà, la formule tous risques coûte en moyenne 809 euros par an fin 2025, soit 19 % de plus qu’il y a deux ans. La formule au tiers, elle, ne coûte que 598 euros. Cette surreprésentation du tous risques chez les propriétaires d’électriques tire mécaniquement la prime moyenne vers le haut.
Il ne faut pas oublier les sinistres climatiques toujours plus nombreux
Les sinistres climatiques ajoutent une couche. L’orage de grêle qui a frappé la région parisienne en mai 2025 a provoqué 196 millions d’euros de dommages et touché plus de 61 000 véhicules. Pour les assureurs, ce type d’épisode signifie des milliers de dossiers à traiter en simultané. La surprime « catastrophes naturelles » fixée par l’État est passée de 12 % à 20 % en janvier 2025, ce qui se répercute directement sur la facture des assurés.
Bref, la hausse de 45 % n’est pas un accident. C’est le résultat d’un empilement : batteries impossibles à diagnostiquer, réparations plus chères que sur les thermiques, pénurie de garagistes spécialisés, choix massif du tous risques et sinistres climatiques en hausse. Le parc électrique français grandit vite, avec 300 000 ventes en 2025. Les primes suivront la même trajectoire tant que les constructeurs ne faciliteront pas la réparation de leurs batteries. Assurland prévoit déjà une hausse supplémentaire de 4 à 5 % en 2026.
- Selon le baromètre Assurland publié le 12 février 2026, la prime moyenne d’assurance d’une voiture électrique monte à 818 euros par an, contre 565 euros en 2023.
- L’électrique devient la motorisation la plus chère à assurer, devant le diesel (735 euros) et l’essence (753 euros).
- Assurland attribue cette hausse notamment au coût des batteries et des réparations, avec une nouvelle hausse de 4 à 5 % déjà anticipée en 2026.
Source: Assurland
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