Elon Musk avait promis une voiture capable de « peut-être un peu voler » via des fusées SpaceX. Mais 8 ans après l’annonce du Tesla Roadster de nouvelle génération, un brevet montre ce que Tesla prépare vraiment.

Il s’agit d’une technologie vieille de près de 50 ans et inspirée d’une voiture de Formule 1 interdite en 1978. Exit les propulseurs à gaz froid, les envolées spectaculaires, place à des ventilateurs sous la carrosserie.
Elon Musk a encore menti en parlant d’une Tesla Roadster capable de voler
Rappelons que le Tesla Roadster a été présenté en 2017 et depuis, ceux qui l’ont réservé sont impatients. Elon Musk a promis de révolutionner l’automobile avec la possibilité de passer de 0 à 100 km/h en moins d’une seconde, mais surtout un « pack SpaceX ». On parle de petites fusées capables de fournir une poussée en plus.
Sauf que voilà, l’hypercar électrique était prévue pour 2020, puis 2022, 2024 et pour finir, 2025 . Désormais, c’est 2027 qui est évoqué, mais sans garantie. Entre-temps, Elon Musk n’a cessé d’accumuler les promesses sans jamais les concrétiser.
Et un nouveau brevet montre que Tesla choisit finalement une solution bien plus terre-à-terre. Il s’agit du brevet US 12.377.920 B1 qui a été publié le 5 août 2025. Le document décrit un système aérodynamique actif qui utilise des ventilateurs et des jupes déployables sous la carrosserie pour créer une zone de basse pression.

En aspirant l’air sous le véhicule, le système plaque mécaniquement la voiture au sol, ce qui augmente l’adhérence des pneus, même à l’arrêt. Une technologie qui porte un nom dans le monde du sport automobile : la « fan car » ou voiture à effet de sol ventilé. Et ça n’a rien de nouveau.
En 1978, la Brabham BT46B de Formule 1 a utilisé ce même principe. Un énorme ventilateur à l’arrière aspirait l’air sous la monoplace pour créer une dépression qui la collait sur la piste. L’avantage fut si écrasant que la voiture a été interdite après une seule course victorieuse au Grand Prix de Suède.
La FIA a jugé que cette technologie n’était pas « fair play » par rapport aux autres monoplaces, mais présentait surtout des risques de sécurité à cause des projections de débris vers les voitures suivantes.
Tesla reprend donc un concept de 47 ans et l’adapte aux contraintes d’une voiture de la route. Le brevet décrit des ventilateurs positionnés dans des conduits d’air avec des jupes latérales à l’avant et à l’arrière qui s’abaissent jusqu’au sol. Lorsque ces jupes créent un volume partiellement fermé sous le véhicule, les ventilateurs aspirent l’air de cette zone pour créer un appui significatif.
Le système fonctionne en plusieurs modes : jupes déployées pour un appui maximal sur surface lisse ou jupes avant et arrière élevées pour s’adapter aux irrégularités de la route. L’électronique de contrôle gère le tout en temps réel via des capteurs qui mesurent la vitesse, l’inclinaison, la distance au sol avec des lasers, radars ou ultrasons.
Le brevet mentionne aussi un composant qui utilise des données cartographiques pour anticiper les virages et les bosses. Le tout ajuste la configuration avant même que le conducteur n’y arrive.
Le brevet de la Tesla Roadster reprend un principe déjà connu
Alors oui, c’est impressionnant, mais il ne s’agit que de l’amélioration d’un principe physique connu depuis des décennies. Le site Electrek résume parfaitement la situation. « Elon Musk a dit que le Tesla Roadster pourrait voler. Ce nouveau brevet suggère le contraire. » Et pour cause : voler demande une poussée vers le haut, pas vers le bas.
Créer de l’appui aérodynamique, c’est précisément l’inverse de faire décoller un véhicule. Les deux concepts sont physiquement incompatibles. Tesla n’a pas le choix, soit son Roadster colle au sol pour accélérer et tourner plus vite, soit elle s’envole. Mais elle ne peut pas faire les deux en même temps.
Il reste aussi des défis techniques à prendre en compte. Sur un circuit lisse, le système fonctionne à merveille. Mais sur une vraie route avec des nids-de-poule, des plaques d’égout, des imperfections, maintenir l’étanchéité entre les jupes et le bitume est problématique.
Si de l’air s’infiltre dans la zone de dépression, l’appui chute brutalement et entraîne une perte de contrôle possiblement dangereuse. Le brevet tente d’y répondre avec ses modes adaptatifs, mais la fiabilité en conditions réelles reste à démontrer.
La consommation électrique des ventilateurs pose également question. Faire tourner des turbines assez puissantes pour aspirer une voiture au sol demande de l’énergie. Une énergie qui ne sera pas utilisée pour propulser l’hypercar ou alimenter la climatisation. Sur une voiture électrique où chaque kWh compte pour l’autonomie, ce compromis fait réfléchir. Le brevet évoque des algorithmes qui n’activent le système qu’en cas de besoin comme solution.
Non, il n’y aura pas de « pack SpaceX », Elon Musk exagère encore
Quant au fameux « pack SpaceX » avec ses propulseurs à gaz froid, rien dans ce brevet n’y fait référence. Théoriquement, Tesla pourrait combiner les deux technologies, mais la complexité exploserait. Et surtout, cela ne résoudrait pas la contradiction fondamentale : on ne peut pas aspirer une voiture vers le sol et la faire décoller en même temps. Les « fusées » dont parle Elon Musk sont plus du fantasme marketing que de l’ingénierie automobile.

Le Tesla Roadster est un véhicule qui a été promis depuis 2017 mais repoussé sans cesse. Depuis, sa fiche technique annoncée s’éloigne progressivement des déclarations de base. Et puis, n’oublions pas que le ticket d’entrée de 200 000 dollars pour un véhicule électrique qui n’existe toujours pas fait grincer des dents. Mais au moins, ce brevet prouve que les ingénieurs de Tesla travaillent sur le projet, mais aussi que la réalité physique a fini par rattraper les promesses d’Elon Musk.
- Un brevet montre que Tesla travaille sur un système d’appui par ventilateurs et jupes sous la carrosserie, loin de la voiture qui « peut-être un peu voler » promise par Elon Musk.
- Le brevet US 12.377.920 B1, publié le 5 août 2025, reprend le principe de la « fan car », inspiré de la Brabham BT46B de 1978 interdite après une seule course.
- Le Tesla Roadster est repoussé sans cesse et 2027 est désormais évoqué, tandis que le « pack SpaceX » avec ses propulseurs à gaz froid n’apparaît nulle part dans ce brevet.
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