Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait en Ukraine. Quarante ans plus tard, la structure géante construite pour confiner le site ne remplit plus son rôle. En février 2025, un drone russe a perforé l’arche de protection.

- Le rapport de Greenpeace publié le 14 avril 2026 indique que les réparations du New Safe Confinement de Tchernobyl n’ont pas permis de rétablir pleinement sa fonction de confinement.
- L’Agence internationale de l’énergie atomique confirme que l’arche de protection a perdu une partie de ses fonctions de sécurité après une perforation par un drone russe en février 2025.
- Le risque principal concerne une possible diffusion de poussières radioactives comme le césium-137 et le strontium-90 encore présents sous l’arche.
L’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé que la structure n’est plus aussi sûre qu’auparavant. Et le rapport de Greenpeace, publié le 14 avril 2026, conclut que les réparations temporaires n’ont pas suffi. Une menace plane sur l’Europe, notamment.
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La menace de Tchernobyl pèse encore, 40 ans après la catastrophe
L’accident de 1986 reste le plus grave de l’histoire nucléaire mondiale. Dans la nuit du 25 au 26 avril, un essai de sécurité raté a provoqué l’emballement du réacteur. Le cœur a explosé et le bâtiment s’est ouvert. Le corium, qui est un mélange de combustible en fusion, de béton et de métal, a commencé à s’étendre sous le réacteur. Les rejets radioactifs ont contaminé une grande partie de l’Europe.
Des « liquidateurs » soviétiques ont été envoyés sur place pour gérer l’urgence au péril de leur vie, comme le raconte la série Chernobyl sur HBO. Puis moins de huit mois après l’explosion, un premier confinement d’acier et de béton appelé sarcophage enveloppait le réacteur éventré.
Is Chernobyl at risk of another radiation leak? A new report from Greenpeace warns that failure to fully repair the protective shell around the crippled nuclear plant could lead to a "catastrophic" release of radioactive dust. pic.twitter.com/gDxXkVELwp
— Radio Free Europe/Radio Liberty (@RFERL) April 15, 2026
Ce sarcophage n’a jamais été conçu pour durer. Il a été conçu pour contenir les débris et les poussières hautement radioactives, réduire les infiltrations d’eau et limiter les rejets de radioactivité. Sauf qu’en 30 ans, il s’est dégradé et des fissures sont apparues.
La menace d’effondrement est désormais redoutée. Des tonnes de matière hautement radioactive se trouvaient encore dessous. La communauté internationale s’est mobilisée. En 2016, après des décennies de négociations et de financement international, le New Safe Confinement a été glissé au-dessus du sarcophage. On parle d’une arche gigantesque construite près du site, puis déplacée sur rail pour couvrir le réacteur.
Le New Safe Confinement est une prouesse d’ingénierie. La structure mesure plus de 160 mètres de long, 105 mètres de haut et sa portée atteint presque 260 mètres. On parle de 36 000 tonnes d’acier, soit deux fois et demie le poids de la tour Eiffel. Son coût total a dépassé 1,5 milliard d’euros.
Une arche qui résiste au temps mais pas aux drones russes
L’arche est conçue pour résister à des températures de -43 degrés jusqu’à +45 degrés. Mais aussi à des vents de 330 km/h et à des séismes de magnitude 7. Elle est équipée de ponts roulants et d’outils télécommandés pour le futur démantèlement du sarcophage. Sa durée de vie est estimée à 100 ans. Elle était pensée pour laisser le temps de traiter les 200 tonnes de combustible nucléaire fondu et les 400 000 mètres cubes de déchets radioactifs encore présents sur le site.
Sauf que voilà, l’arche a été conçue pour résister aux agressions du temps, pas aux frappes militaires. Le 14 février 2025, un drone russe a explosé sur le toit du New Safe Confinement. La frappe a provoqué un trou d’une quinzaine de mètres carrés et plusieurs centaines de perforations dans le revêtement externe.
L’Agence internationale de l’énergie atomique a qualifié l’incident d’« extrêmement préoccupant ». En décembre 2025, l’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé que la structure en acier ne bloque plus les rayonnements. Elle a déclaré que « l’arche a perdu ses principales fonctions de sécurité, notamment sa capacité de confinement ». Des réparations temporaires ont été effectuées, mais la guerre en Ukraine empêche de boucler le travail.
Un rapport de Greenpeace tire la sonnette d’alarme
Le 14 avril 2026, Greenpeace a publié un rapport commandé par Greenpeace Ukraine sur l’état actuel du New Safe Confinement. L’évaluation conclut que « la fonction de confinement n’a pas pu être pleinement rétablie » malgré les réparations. « Cela accroît le risque de rejets de radioactivité dans l’environnement, notamment en cas d’effondrement de l’enveloppe interne », a mis en garde l’organisation.
Mais notons que le rapport de Greenpeace n’annonce pas un effondrement imminent de l’arche. Il s’agit d’un avertissement sur la fragilité du système de confinement, pas d’une prédiction de catastrophe. Les experts sont clairs sur ce point. Un effondrement ne reproduirait pas l’accident de 1986.
Pour rappel, une cyberattaque avait visé les données de plusieurs centrales nucléaires françaises en avril 2026. L’affaire Tchernobyl rappelle que la sécurité nucléaire n’est pas qu’une question de cybersécurité. Une infrastructure physique fragilisée par la guerre représente un risque d’une autre nature.
Le vrai risque à Tchernobyl est celui d’une contamination diffuse et étalée dans le temps. Car sous l’arche, 4 tonnes de poussières hautement radioactives et des granules de combustible sont encore présents. En cas de rupture du confinement, ces poussières pourraient être en suspension dans l’air et se déposer sur les sols environnants. Les eaux souterraines pourraient être contaminées.
Des réparations compliquées sur fond de guerre en Ukraine

Le césium-137 et le strontium-90 sont les deux radionucléides les plus surveillés sur le site. Tous deux ont une période radioactive d’environ 30 ans, ce qui signifie que la moitié de leurs atomes se désintègre naturellement en trois décennies. Ces deux éléments sont toujours présents en quantités significatives, 40 ans après l’accident. Le strontium-90 se fixe dans les os. Le césium-137 remonte la chaîne alimentaire via les plantes et les animaux. La contamination interne par inhalation ou ingestion est le scénario que les experts redoutent.
Jean-Noël Barrot est le ministre français des Affaires étrangères. Il a estimé en mars 2026 que la restauration complète de l’arche coûterait « aux alentours de 500 millions d’euros ». Ce financement suppose une coopération internationale dans un contexte de guerre. Les équipes de maintenance du site travaillent toujours sur place. Mais les travaux de grande ampleur sont impossibles.
40 ans après l’accident, Tchernobyl n’est pas un dossier clos. Le site reste sous surveillance étroite. La restauration du New Safe Confinement n’a pas de calendrier confirmé alors que la menace plane sur l’Europe, notamment.
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