Il perd 24 000 € après une arnaque en ligne et récupère tout avec une technique appelée « Recall »

Guillaume Villain est le patron de la crêperie Crep’Chignon à Cornebarrieu, près de Toulouse. Le restaurateur a été victime d’une arnaque Mondial Relay en ligne avec l’appel d’un faux conseiller bancaire qui lui a fait perdre 24 000 €. Finalement, l’homme a récupéré tous ses fonds via une procédure bancaire peu connue appelée « recall ».

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© Envato

L’histoire se déroule le 11 août 2026, quand Guillaume Villain ouvre un mail de phishing qui imite Mondial Relay. Le message lui explique qu’un colis est bloqué et qu’il faut s’acquitter de la somme de 99 centimes pour que la livraison se fasse. Sauf que, pas de bol, le restaurateur attend justement un colis depuis un mois et pense donc que le mail concerne celui-ci.

Il perd 24 000 € suite à une arnaque au faux conseiller bancaire

Le restaurateur renseigne alors ses coordonnées bancaires pour s’acquitter des 0,99 € et là, l’auteur du mail de phishing a franchi la première étape de son piège. « J’ai été naïf, irréfléchi. Je ne comprends pas », confie Guillaume Villain à La Dépêche.

Puis le lendemain, l’arnaqueur appelle Guillaume Villain et se présente comme un conseiller bancaire du service de fraude de la Banque Populaire. Le faux conseiller lui parle d’opérations suspectes et lui explique qu’il faut mettre ses fonds en sécurité.

Cette explication est une forme d’urgence que les faux conseillers bancaires adorent utiliser pour pousser les victimes à agir sans prendre de recul. Et c’est ce qui est arrivé à Guillaume Villain qui valide alors un virement instantané de 24 000 € vers un nouveau compte.

En gros, le mail de phishing n’était pas fait pour récupérer les données bancaires et retirer les 24 000 €. Les données ont été utilisées pour que le second piège soit bien plus crédible. Le lendemain, Guillaume Villain contacte sa véritable agence.

Le virement de 24 000 € est déjà exécuté et une opposition ne suffit donc plus. Le restaurateur porte plainte et transmet les éléments à son agence. Pendant ce temps, sa crêperie est sans trésorerie pour régler les salaires des quatre employés, l’URSSAF et la TVA.

« Recall » lui a permis de récupérer tous ses fonds

Mais heureusement, Guillaume Villain a pu passer par une procédure bancaire appelée « recall ». C’est le 17 août 2026 que la Banque Populaire d’Occitanie, agence Faubourg Bonnefoy, remet les 24 000 € volés sur le compte de Guillaume Villain. « Ma banque m’a fait un virement sur mon compte de la somme détournée », explique l’homme à La Dépêche. Il lui aura fallu six jours pour retrouver son argent avec le « recall ».

Mais alors, comment fonctionne cette procédure ? La Banque de France parle de « demande de retour de fonds ». En gros, la banque qui a envoyé le virement contacte celle qui l’a reçu puis réclame son retour au motif d’une fraude. Il s’agit d’une procédure tout à fait normale entre établissements bancaires après l’exécution d’un virement, mais pas d’un bouton qui fasse l’opération.

Pour les virements SEPA, les règles de l’European Payments Council encadrent justement ce cas. En cas de fraude, la banque à l’origine de la demande peut lancer un « recall » jusqu’à 13 mois après l’exécution. La banque du bénéficiaire a ensuite 15 jours ouvrés bancaires pour répondre.

Mais attention, le retour n’est jamais garanti. Si entre-temps le compte a été vidé ou si les fonds ont été transférés ailleurs, la récupération échoue. Il faut donc que la victime réagisse rapidement pour augmenter ses chances de succès. Et ça, les pirates le savent et se dépêchent généralement de faire disparaître l’argent.

Des arnaques en hausse, notamment les faux colis

Cybermalveillance.gouv.fr nous rappelle que les faux messages de livraison demandent souvent une petite somme entre 1 et 2 €. L’année dernière, Mondial Relay était le nom le plus usurpé lors de ce type d’attaques. Mondial Relay rappelle sur son site qu’il ne réclame jamais de frais en plus à payer lors de la livraison d’un colis. Idem pour les coordonnées bancaires, elles ne sont jamais réclamées.

Le phénomène prend de l’ampleur puisque, au premier semestre 2025, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement a recensé 618 millions d’euros de fraude, soit une hausse de 7 %. Les fraudes par manipulation représentent 245 millions d’euros avec une progression de 37 %.

Pour les pirates, nul besoin de lancer des attaques informatiques. Il suffit juste de convaincre directement sa victime de valider le transfert en lui mettant un peu la pression avec une fausse situation d’urgence. Cette année 2026, la Banque de France a lancé le fichier national des comptes signalés pour risque de fraude. Les banques partagent les IBAN repérés pour mieux détecter les comptes utilisés par les escrocs.

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