Facebook et Instagram autorisent les discours haineux contre les minorités et LGBTQ+

Le nouveau locataire de la Maison-Blanche n’est sans doute pas étranger à la décision radicale de Meta. L’entreprise autorise désormais tous les discours, même haineux, sur sa plateforme dans un mouvement de “free speech” à la Elon Musk.

Facebook Instagram
© Envato
  • Meta autorise désormais des discours haineux sur Facebook et Instagram, supprimant les protections pour les personnes transgenres
  • La France rappelle que le respect du DSA est essentiel pour protéger les citoyens et limiter la désinformation
  • Bruxelles exige la suppression des contenus haineux pour préserver la démocratie et la sécurité des enfants

Depuis que Twitter, devenu X, est détenu par Elon Musk, le “free speech” est le maître mot de la plateforme, quitte à laisser passer des discours haineux et risquer l’interdiction en Europe. Meta s’y met aussi tout en introduisant un système de Notes Communautaires, comme sur X. Sauf que les associations craignent le pire face à ce changement radical de politique.

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Facebook et Instagram adoptent le « free speech »

Facebook et Instagram assouplissent donc leur modération vis-à-vis des contenus haineux. Les utilisateurs seront en mesure de qualifier de “maladie mentale” les personnes sur la base de leur genre ou de leur orientation sexuelle. Idem pour les discours qui refusent l’accès à certains espaces ou métiers d’après les deux éléments cités précédemment s’ils reposent sur des motifs religieux ou politiques.

Et comme si ça ne suffisait pas, Facebook et Instagram suppriment la protection des personnes transgenres. GLAAD, une association qui défend les personnes LGBTQ+, s’oppose fermement à cette nouvelle politique. Sarah Kate Ellis, sa présidente, estime qu’il s’agit d’une stratégie commerciale qui privilégie les profits au détriment de la sécurité des utilisateurs. Les associations craignent une hausse du harcèlement en ligne, particulièrement envers les immigrés, les minorités ou encore les femmes.

Malgré le tollé, le comité de surveillance de Meta promet une vigilance accrue comme l’explique Helle Thorning-Schmidt, sa co-présidente. Joel Kaplan, responsable des politiques de l’entreprise, justifie cette nouvelle politique au nom de la liberté d’expression. Selon lui, les réseaux sociaux doivent autoriser les propos tenus à la télévision ou au Congrès américain.

La France et l’Europe font part de leur inquiétude

Face à cette nouvelle politique de Meta, la France se montre inquiète. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères critique cette décision de “remettre en cause l’utilité de la vérification de l’information (fact-checking) pour limiter la circulation de fausses informations”.

La France compte bien surveiller de près si Meta respecte ses engagements vis-à-vis du DSA, qui fait “partie intégrante du bon fonctionnement démocratique de l’UE, et pour protéger nos concitoyens des ingérences étrangères et manipulations de l’information”.

Alors que Meta évoque la liberté d’expression, le Quai d’Orsay précise qu’il ne faut pas la confondre “avec un droit à la viralité qui autoriserait la diffusion de contenus inauthentiques touchant des millions d’utilisateurs sans filtre ni modération”.

Quant à Bruxelles, elle balaie d’un revers de main les accusations de Mark Zuckerberg qui a expliqué, en vidéo, que l’Union européenne adopte des lois qui censurent Meta et empêchent l’innovation. Un porte-parole explique à Reuters que le DSA demande la suppression des contenus haineux pour le bien-être démocratique et protéger les enfants, notamment.

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