Des cafards cyborgs armés de seringues injectent des médicaments aux victimes de catastrophes

Ça n’a rien d’un film de science-fiction. Des chercheurs australiens de l’université du Queensland ont créé des cafards cyborg armés de seringues. Leur but : porter secours aux victimes de catastrophes en leur fournissant des médicaments. Le projet s’appelle Paraborg et a été publié dans la revue Advanced Science.

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Cafard cyborg

L’équipe de Brisbane a travaillé avec des ingénieurs biomédicaux de l’université de Nouvelle-Galles du Sud pour créer ces cafards cyborgs télécommandés. Plus exactement, les scientifiques ont équipé des blattes géantes fouisseuses d’électrodes de guidage, d’une électronique légère et d’une caméra embarquée ou d’un injecteur automatique déclenché à distance selon le rôle de l’insecte.

Des blattes modifiées pour porter assistance aux victimes

La blatte a plusieurs rôles dans l’équipe entre le repérage et la piqûre avec une seringue à cartouche embarquée. Un opérateur dirige l’insecte avec une manette qui lui permet de tourner à gauche ou à droite, de régler la vitesse et d’immobiliser l’insecte au moment de piquer. En gros, un ambulancier miniature piloté par un humain.

Thang Vo-Doan, ingénieur en biorobotique à l’université du Queensland, explique : « Les insectes cyborgs sont conçus pour des missions de recherche et d’exploration depuis une vingtaine d’années. Nous voulions passer à l’étape suivante. Une fois qu’ils trouvent quelqu’un, est-ce qu’ils peuvent vraiment l’aider ? » Ce sont toujours les humains qui prennent les décisions et l’injection part sur ordre de l’opérateur.

La blatte géante fouisseuse du Queensland du Nord pèse plus lourd que les autres de la planète. Son corps atteint environ 8,5 centimètres, ce qui lui permet d’être équipée de modules électroniques de taille conséquente. Il s’agit d’un insecte docile et propre qui est même adopté comme animal de compagnie chez certains Australiens.

Un taux de réussite élevé mais des obstacles

Les cafards cyborgs vivent aussi longtemps que leurs congénères puisque la pose du harnais se fait sous anesthésie sans blessure. Le taux de réussite est de 100 % pour amener les cafards cyborgs à destination. Pour l’injection des médicaments, c’est la réussite dans 90 % des cas. Lorsque l’aiguille est à moins de 0,15 mètre de la cible, elle atteint son but dans 95 % des tentatives.

Hai Nhan Le, premier auteur de l’étude, décrit la principale difficulté : « L’insecte cyborg doit naviguer jusqu’à la cible, se positionner avec précision et être assez stable pour réaliser l’injection. » On imagine que les phobiques des blattes mettront quelques minutes de côté leur peur pour être soignés lors de catastrophes.

Sauf que voilà, la stabilisation est toujours un problème puisque, de la navigation à l’injection, le taux de réussite n’est que de 72 %. Les insectes ont plusieurs avantages par rapport aux robots miniatures. Un cafard consomme très peu d’énergie, encaisse les chocs et se déplace avec agilité sur tous les terrains.

Des blattes qui aideront les pompiers sur le terrain

Et les pompiers australiens suivent ce projet de cafards cyborgs de près. Tim Hassiotis, officier supérieur des pompiers de Nouvelle-Galles du Sud, pense que ces insectes prolongent ses équipes. Il explique : « Si les insectes cyborgs entrent sans danger dans des espaces qui nous sont interdits, localisent les victimes et participent aux premiers soins, ils pourraient devenir un outil précieux du sauvetage urbain de demain. »

Cafard cyborg

Thang Vo-Doan, qui participe à l’étude, explique : « La vision n’est pas de remplacer les premiers secours, mais de leur donner un autre moyen de voir, d’atteindre et d’aider les gens quand un accès direct est impossible. » Le chercheur pense aussi que ces équipes de secours de cafards cyborgs pourront participer à des opérations « dans les cinq à dix prochaines années pour aider les gens dans de vraies urgence ».

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