Grok a bombardé 2 000 cibles en Iran, la guerre par IA est lancée par l’administration Trump

Le Pentagone reconnaît avoir utilisé le Grok pour mener des frappes en Iran. La déclaration sort d’un document juridique fédéral déposé dans le Mississippi par Cameron Stanley, responsable de la politique IA au département de la Guerre.

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Grok IA frappe militaire Iran
© Unsplash (image agrandie et modifiée avec ChatGPT)
  • Le Pentagone reconnaît que Grok a aidé à cibler plus de 2 000 frappes en Iran en 96 heures.
  • L’aveu sert à justifier la protection du supercalculateur Colossus 2, accusé de polluer des quartiers résidentiels.
  • L’affaire expose le conflit d’intérêts autour d’Elon Musk, entre contrats militaires, xAI et proximité avec l’administration Trump.

Selon ce document sous serment, Grok a contribué à tirer plus de 2 000 munitions sur 2 000 cibles en 96 heures pendant le conflit avec l’Iran. Il s’agit de la première reconnaissance officielle qu’une IA grand public a été utilisée pour mener une attaque.

Grok a aidé à frapper 2 000 cibles en Iran selon le Pentagone

L’aveu n’arrive pas par hasard. Le 16 juin 2026, le département de la Justice étasunien a demandé à un juge fédéral de rejeter une plainte de la NAACP. L’association de défense des droits civiques accuse xAI, la société d’Elon Musk, de ne pas respecter le Clean Air Act avec 27 turbines à gaz non autorisées installées à Southaven, dans le Mississippi.

Ces turbines alimentent le supercalculateur Colossus 2 utilisé pour entraîner Grok. On parle d’un site à proximité de quartiers résidentiels où vit une population afro-américaine, où les rejets toxiques dégradent gravement la qualité de l’air. Une population fragilisée encore plus par cette pollution.

Le gouvernement a préféré invoquer la sécurité nationale pour neutraliser le procès. Selon le document, Grok est l’un des quatre modèles d’IA jugés capables de soutenir des opérations classifiées au niveau Secret et Très Secret. Il fait aussi partie des trois modèles autorisés pour les missions critiques. Le chatbot alimente notamment le Maven Smart System, un tableau de bord utilisé par les analystes pour repérer les cibles à frapper.

Le 28 février 2026, une frappe Tomahawk a touché l’école de filles Shajarah Tayyebeh à Minab, dans le sud iranien, et a tué plus de cent enfants selon les premières estimations. Le ministère étasunien de la Guerre a ouvert une enquête militaire préliminaire qui a conclu à la responsabilité probable de Washington.

L’IA valide avec beaucoup trop de certitude

Il faut dire que la frappe reposait sur des coordonnées obsolètes, sans vérification récente sur les cartes actuelles. Pour rappel, l’offensive étasunienne fut lancée sous le nom d’opération “Epic Fury” et a fait l’objet d’une vidéo de propagande par la Maison-Blanche, qui a même utilisé Call of Duty pour vanter ses frappes contre l’Iran.

En clair, Grok ne tire pas le missile mais valide la décision humaine avec une rigueur d’apparat. L’analyste regarde un tableau de bord avec une cible déjà notée par le système. Alors son réflexe est de faire confiance. Le biais d’automatisation n’est pas un défaut accidentel de ces outils, il s’agit juste d’une interface conçue pour rassurer. Quand les données sont fausses, l’écran montre l’erreur comme une certitude.

Sauf que voilà, le rôle d’Elon Musk pose un problème majeur. Le milliardaire vend Grok au gouvernement, et occupe une position de conseil dans l’administration Trump. Bref, quand le gouvernement étasunien affirme que Grok est indispensable et que sa centrale doit encore tourner malgré les conséquences sanitaires, il défend surtout les intérêts commerciaux d’un proche du pouvoir.

Le contraste avec Anthropic est total. La société derrière Claude a refusé que ses modèles soient utilisés pour la surveillance de masse ou alimenter des armes autonomes. Résultat, le Pentagone a inscrit Anthropic sur la liste des risques de chaîne d’approvisionnement. Une catégorie d’habitude réservée aux entreprises étrangères hostiles.

La société est engagée dans un procès contre cette qualification. Mais qu’importe, la start-up figure parmi les acteurs majeurs du marché, comme le rapport Sensor Tower 2026 le montre, alors que le marché de l’IA bascule face à OpenAI.

L’IA a des conséquences sur la santé des habitants

Mais ce n’est pas tout puisque Memphis, où tourne aussi le supercalculateur Colossus, paie un lourd tribut sanitaire. En 2024, la ville s’est classée au deuxième rang étasunien pour les passages aux urgences à cause de l’asthme.

Le scandale rejoint un mouvement de plaintes plus large contre les data centers de l’IA, accusés de rendre malades les riverains. La sénatrice Kirsten Gillibrand a déposé le Secure and Accountable Military AI Act pour interdire l’IA dans les usages nucléaires, la surveillance domestique et les armes pleinement autonomes.

« Les décisions les plus critiques pour la sécurité nationale et la vie de nos militaires reviennent toujours à des êtres humains, jamais à des automates hors de tout contrôle« , a déclaré la sénatrice. Cameron Stanley a averti, pour sa part, que couper l’alimentation du site « menace directement les intérêts de sécurité nationale en cours ». Le texte de Kirsten Gillibrand n’a pas encore été voté.

Source : The Next Web

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