Jensen Huang n’a pas les mêmes craintes que la plupart des salariés face à l’IA. Le 5 mai 2026, le PDG de Nvidia s’est exprimé lors d’une table ronde organisée par le Milken Institute à Los Angeles. Son message est clair. « L’IA crée des emplois », a-t-il déclaré. Il a aussi affirmé que « l’IA est la meilleure opportunité des États-Unis pour se réindustrialiser. »

- Le 5 mai 2026, Jensen Huang affirme que l’IA crée des emplois et représente une opportunité de réindustrialisation pour les États-Unis.
- Il estime que l’IA automatise des tâches sans supprimer les métiers, en transformant le travail plutôt qu’en éliminant les postes.
- Des organisations comme BCG et Dario Amodei alertent au contraire sur des suppressions massives d’emplois dans plusieurs secteurs.
L’argument de Jensen Huang repose sur une distinction entre la tâche et le métier. Selon lui, l’automatisation d’une tâche précise ne supprime pas un poste. Ceux qui pensent le contraire « ne comprennent pas que le but d’un emploi et la tâche d’un emploi sont liés sans être identiques », a-t-il précisé.
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Jensen Huang est convaincu que l’IA ne tuera pas l’emploi
En gros, un comptable dont la saisie est automatisée reste comptable. Seule une partie de son travail change. Jensen Huang ajoute que l’IA crée une nouvelle industrie. Il s’agit des usines qui fabriquent les puces, les serveurs et les infrastructures pour faire tourner l’IA. Ces usines ont besoin de main-d’œuvre et justement, Nvidia vend justement ces puces. Ce que Jensen Huang n’a pas manqué de rappeler.
Sauf que voilà, toutes les organisations sérieuses ne partagent pas cet optimisme. Le BCG estime que jusqu’à 15 % des emplois aux États-Unis seront supprimés dans les prochaines années à cause de l’IA. Il s’agit d’une élimination qui va appauvrir encore plus de travailleurs étasuniens.
Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, parle d’une « élimination massive possible d’emplois » dans la technologie, la finance, le droit et le conseil. Il estime que le chômage pourrait atteindre 20 % dans ces secteurs d’ici cinq ans. On parle quand même du dirigeant de l’une des entreprises d’IA les plus puissantes du monde à qui l’on doit le redoutable Mythos.
Le patron de Nvidia prêche pour sa paroisse
Jensen Huang s’est aussi attaqué aux discours alarmistes sur l’IA. « Ma plus grande crainte, c’est que nous effrayions les gens au point que l’IA devienne si impopulaire aux États-Unis que personne ne veuille s’en saisir », a-t-il déclaré.
Il a nommé les « AI doomers », ces voix qui prédisent une domination de l’IA sur l’humanité ou un effondrement économique. Ce qu’il ne dit pas, c’est que ces discours catastrophistes viennent en grande partie de l’industrie IA elle-même. Des phrases utilisées comme outil marketing pour amplifier la puissance des modèles auprès du grand public.
Pour rappel, Jensen Huang a une position bien établie sur l’IA et l’emploi. Il estime que l’IA remplacera tous les métiers à terme. C’est lui-même qui l’a dit lors de plusieurs interventions publiques. Jensen Huang fait aussi partie du conseil sur la science et la technologie de Donald Trump avec Mark Zuckerberg, Larry Ellison et Sergey Brin.
Un conseil composé de milliardaires du secteur des nouvelles technologies, sans un seul chercheur ou syndicat représenté. Le fait que ce groupe soit celui qui conseille le gouvernement sur l’IA et l’emploi en dit long sur les priorités de l’administration Trump.
Les conséquences se font déjà sentir sur l’emploi
En France, la réalité est déjà là. L’IA a déjà supprimé des postes dans les centres de contact, où 290 000 emplois sont menacés. Engie utilise l’IA pour transformer les appels téléphoniques en résumés automatiques, à la place de téléopérateurs.
Le gel des recrutements dans ce secteur est confirmé depuis 18 mois selon les syndicats. Ce n’est pas de la science-fiction. Ce sont des suppressions de postes qui existent et documentées. Il n’y a pas de nouveaux emplois derrière.
Bref, Jensen Huang a raison sur un point. L’IA crée de nouveaux besoins en ingénieurs, en techniciens de datacenter et en experts en infrastructure. Mais ces emplois sont hautement qualifiés, concentrés géographiquement et accessibles à une minorité. Les postes qui disparaissent, eux, sont souvent répétitifs, nombreux et accessibles sans diplôme universitaire. Mais ça, le dirigeant de Nvidia se garde bien de le dire.
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