La facture de gaz bondira de 15,4 % au 1er mai 2026. La Commission de régulation de l’énergie a fixé le prix repère à 160,54 euros le mégawattheure, soit 6,19 euros de plus par mois en moyenne. Les 7,5 millions de foyers sous offre indexée paieront les conséquences d’un mois de mars chaotique sur les marchés de l’énergie.

- La CRE relève le prix repère du gaz de 15,4 % au 1er mai 2026.
- La hausse concerne les 7,5 millions de foyers qui ont une offre indexée sur le prix repère.
- La facture de mai reflète la flambée des prix du gaz observée sur les marchés en mars.
Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a prévenu dès le 20 mars. La hausse de 15 % est inévitable. Le calcul de la CRE repose à 80 % sur les prix de marché entre le 1er et le 31 mars. Et mars fut le pire mois sur les marchés de l’énergie depuis la crise ukrainienne de 2022.
La hausse du prix du gaz est la conséquence de la guerre en Iran
La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a paralysé le transit de 20 % du gaz naturel liquéfié mondial. Le 18 mars, l’usine de liquéfaction de Ras Laffan au Qatar a été bombardée. Le gaz européen a bondi de 22 % à l’ouverture du cours du TTF néerlandais. Les prix ont doublé en quelques jours. La facture de mai reflète cette situation.
Cette hausse ne tombe pas sur tout le monde. Seuls les 7,5 millions de foyers sous offre indexée sur le prix repère sont touchés. Ce prix a remplacé l’ancien tarif réglementé du gaz, disparu mi-2023. Les ménages sous offre à prix fixe ne verront aucun changement sur leur facture. Pour le moment.
Car si la situation au Moyen-Orient ne se stabilise pas avant l’automne, les fournisseurs ajusteront leurs grilles. Le prix repère évolue chaque mois et rien ne garantit que mai sera le mois le plus douloureux.
Pourtant, un cessez-le-feu a lieu en Europe, pourquoi cette hausse ?
Le timing de cette annonce est presque absurde. Le jour même où la CRE officialise la hausse de 15,4 %, Donald Trump décrète un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran. Les marchés saluent la trêve et le Brent recule. Les cours du gaz chutent de 20 %. Mais la facture de mai restera salée.
Le mécanisme de la CRE est conçu pour lisser les chocs et finit par les décaler. Les consommateurs paieront en mai les conséquences d’un mois de mars alors que la situation a déjà commencé à s’améliorer. Un paradoxe que les ménages hexagonaux apprécieront très peu.
Le seul point positif est le calendrier. La hausse arrive au printemps, une période où les besoins en chauffage diminuent. L’impact sur les factures sera amorti par une consommation plus faible. Mais si le cessez-le-feu ne tient pas et si le détroit d’Ormuz reste sous contrôle iranien, l’automne sera bien plus violent. Les experts estiment que la réparation de l’usine de Ras Laffan prendra entre trois et cinq ans. Les 6,19 euros de mai ne seraient alors qu’un avant-goût de ce qui attend les ménages français en octobre.
Et puis la question de fond reste la même qu’en 2022. La France a remplacé sa dépendance au gaz russe par une dépendance au GNL qatari. Le fournisseur a changé mais pas le modèle. Chaque crise géopolitique majeure se traduit par un choc tarifaire direct sur les factures.
Une dépendance importante au gaz étranger
Il faut dire que 95 % du gaz consommé en France est importé. La hausse de l’électricité avait déjà frappé les foyers français en mars avec les jours rouges Tempo d’EDF. Le gaz prend le relais en mai. Les tarifs Tempo ont subi une hausse de 6,2 % au 1er février 2026. Et rappel que l’UFC-Que Choisir prévient que les consommateurs paieront 19 % de plus sur l’électricité en 2026. Le double effet gaz et électricité ne laisse aucun répit aux ménages.
Résultat, les foyers qui n’ont pas encore verrouillé une offre à prix fixe auraient intérêt à le faire. Le gouvernement a annoncé un plan de restructuration énergétique mais personne ne sait combien de temps prendra cette transformation. Et les élections de 2027 pourraient redistribuer toutes les cartes.
Pour ne rien arranger, la hausse des prix du carburant avec le diesel au-dessus des 2 euros complète un tableau noir pour le pouvoir d’achat des Français. Le gaz, l’électricité, l’essence, tous les prix montent et les français se retrouvent à payer la facture finale très salée.
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