Zone-Téléchargement est bloqué sur ordre de la justice. Le 26 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à Orange, Free, SFR et Bouygues Télécom de bloquer 9 sites, en tout. Des plateformes illégales de streaming et de téléchargement. Disney et Gaumont se sont joints à la procédure pour protéger leurs films piratés sur ces plateformes.

- Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné le 26 mars 2026 le blocage de Zone-Téléchargement et de huit autres sites pirates par Orange, Free, SFR et Bouygues Télécom.
- Les opérateurs ont quinze jours pour bloquer 29 noms de domaine et leurs déclinaisons pendant dix-huit mois sur l’ensemble du territoire français.
- L’Arcom pourra ensuite étendre ce blocage aux sites miroirs sans repasser devant un juge.
La filière audiovisuelle française est à l’origine de cette offensive. Le 29 janvier 2026, la Fédération nationale des éditeurs de films, le Syndicat de l’édition vidéo numérique, l’Union des producteurs de cinéma et plusieurs autres organisations ont assigné les FAI. En février, Disney a rejoint la procédure après une première victoire contre le site Full-Stream devant le tribunal d’Aix-en-Provence.
Zone-Téléchargement et d’autres sites pirates sont bloqués
Gaumont et le Centre national du cinéma et de l’image animée ont aussi soutenu l’action. Il faut dire que les films de ces deux groupes se partageaient sur les sites illégaux, sans aucune autorisation. Le cinéma français a déjà obtenu le blocage de 26 sites pirates dont Zone-Téléchargement et PapyStreaming en 2024. Mais les plateformes ont resurgi sous d’autres noms.
Les agents de l’ALPA ont examiné chaque plateforme. Pour chaque site, ils ont rédigé deux procès-verbaux. Le premier décrit le fonctionnement technique. Le second mesure la proportion de contenus piratés via une analyse statistique validée par expertise. Les résultats ne laissent pas de place au doute.
MoiFlix atteint 99,99 % de contenus volés, NoctaFlix dépasse les 93 % et Nakios se trouve à 76 %. Même les plus petits de la liste dépassent les 50 %. On parle de Stranger Things, Squid Game, Avatar, Arcane ou encore House of the Dragon, le tout accessible gratuitement. Aussi bien des succès Netflix que Prime Video, Disney+ ou Max. Voici les 9 sites bloqués par la justice française :
- Zone-Téléchargement
- AfterDark
- FrFlix
- HydraFlix
- MoiFlix
- Nakios
- NoctaFlix
- VidLink
- WatchTV
Zone-Téléchargement est un mastodonte du piratage français depuis plus de dix ans. En 2016, la gendarmerie a fermé le site qui est revenu sous de nombreux noms de domaine. La plateforme proposait plus de 29 000 films et près de 5 000 séries pour 161 000 visiteurs français par mois. Sauf que voilà, aucun de ces sites n’affiche les mentions légales obligatoires en France.
Une guerre sans fin entre la justice et les pirates
Les hébergeurs se planquent derrière Cloudflare et les propriétaires des noms de domaine restent introuvables. Le tribunal estime que cette opacité prouve que les responsables agissent en toute connaissance de cause. Les poursuites directes sont pratiquement impossibles. Et c’est la même stratégie qui a poussé Canal+ à sommer NordVPN et Surfshark de bloquer 16 sites pirates de Premier League au lieu de traquer les responsables.
En gros, le tribunal s’appuie sur l’article L336-2 du Code de la propriété intellectuelle. Ce texte autorise le juge à ordonner « toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser » une atteinte aux droits d’auteur. Les quatre FAI ont quinze jours pour bloquer 29 noms de domaine et toutes leurs déclinaisons. Le blocage couvre la France métropolitaine, les DOM-TOM, Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie et les Terres australes.

La mesure sera active pendant dix-huit mois. Les opérateurs choisissent la méthode et en assument le coût. Orange a obtenu une précaution pour lever le blocage en cas d’erreur sur un site légitime. Bouygues Télécom n’a pas comparu à l’audience du 17 février, mais le jugement s’applique.
Pour rappel, la loi du 25 octobre 2021 a donné un nouvel outil à l’Arcom. Le régulateur peut étendre les ordonnances de blocage aux sites miroirs sans repasser devant un juge. Zone-Téléchargement a changé d’adresse une dizaine de fois au fil des années, avec des extensions en .cam, .promo, .golf et bien d’autres. Chaque nouvelle adresse est grillée en quelques jours.
FAI, VPN et DNS, tout y passe pour lutter contre le piratage
Ce mécanisme de blocage dynamique a neutralisé plus de 1 100 sites miroirs en 2025. La stratégie dépasse les seuls FAI puisque Canal+ et la LFP ont aussi déclaré la guerre aux VPN pour protéger la Ligue des Champions et le Top 14. L’Arcom a éliminé 171 sites pirates lors d’un seul week-end de Ligue 1. L’étau se resserre sur tous les fronts, des FAI aux VPN, des DNS alternatifs aux services CDN.
Bref, la France multiplie les offensives, mais la réalité du terrain reste nuancée. En 2024, le Piracy Shield a bloqué des milliers de noms de domaine en Italie et le piratage sportif n’a pas reculé d’un pouce. Zone-Téléchargement a survécu à sa fermeture par la gendarmerie, à des dizaines de blocages FAI et à la perte de ses hébergeurs. Le site renaît à chaque fois sous un nouveau domaine. Les clones se multiplient aussi et exposent les internautes à des logiciels malveillants, du phishing et du cryptominage, comme c’est le cas depuis la fermeture de YggTorrent.
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