C’est une nouvelle qui va faire très mal au portefeuille de près de 300 000 foyers français. Depuis le 1er février 2026, l’option tarifaire EJP, qui est pourtant l’une des meilleures pour réduire sa facture d’électricité, a subi une transformation. Oubliez tout l’intérêt de cette formule.

Pire encore. Ce sont les clients les plus vertueux, soit ceux qui faisaient énormément d’efforts pour réduire leur consommation pendant les périodes de tension du réseau, qui sont pénalisés par une nouvelle grille tarifaire.
Vous pensiez faire des économies avec l’EJP ? Mauvaise nouvelle, c’est terminé
Pour comprendre l’ampleur de ce changement, revenons sur l’option EJP pour Effacement des Jours de Pointe. Un contrat historique fermé à la souscription depuis 1998 qui reposait sur un principe simple avec les clients. Pendant 343 jours par an, le tarif du kilowattheure est très compétitif et proche de celui des heures creuses classiques, c’est-à-dire autour des 0,1418 euros.
Mais en retour, il faut accepter de payer un prix exorbitant pendant 22 jours de pointe hivernale, quand le réseau électrique français est sous tension. On parlait alors de plus d’un euro le kilowattheure, soit 7 à 8 fois le prix normal.
Le calcul était simple. Si vous étiez capable de réduire votre consommation pendant ces jours rouges, vous pouviez faire d’énormes économies sur l’ensemble de l’année. Mais la nouvelle grille tarifaire depuis le 1er février 2026 change tout. Les jours normaux qui représentent 94 % de l’année voient leur prix bondir de 25,6 %. Le kilowattheure passe de 0,1418 euros à 0,1781 euros. Paradoxalement, les jours rouges sont beaucoup moins chers puisque les prix descendent de 68 %, c’est-à-dire de 1 euro à 0,344 euro.
Alors oui, sur le papier, le rééquilibrage a l’air plus juste. Mais dans les faits, c’est une catastrophe pour ceux qui jouaient le jeu de la sobriété énergétique. Les grands perdants sont justement les foyers qui faisaient des efforts. Pour les ménages qui réduisaient leur consommation de moitié pendant les jours rouges, c’est la double peine. L’économie qu’ils faisaient sur les 22 jours rouges est dérisoire puisqu’ils ne coûtent plus grand-chose. Désormais, ils paient le prix fort majoré de 26 % sur les 343 autres jours de l’année.
Les bons élèves sont pénalisés par ces nouveaux tarifs EJP
Selon les estimations de comparateurs d’énergie, un ménage qui consomme 10 000 kilowattheures par an et qui réduit sa consommation de 50 % pendant les jours EJP va voir sa facture augmenter. Mais à l’inverse, ceux qui ne faisaient pas d’efforts particuliers et consommaient normalement même pendant les jours de tension verront leur facture baisser. C’est donc une totale inversion des avantages et des inconvénients.
Le contrat EJP punissait autrefois ceux qui ne jouaient pas le jeu de la sobriété énergétique. Maintenant, il récompense les mauvais élèves et pénalise les bons. Une logique qui va l’encontre de tous les discours du gouvernement sur la sobriété énergétique et le fait de lisser ses pics de consommation pour éviter les tensions sur les réseaux électriques français. Heureusement, il reste des bonnes nouvelles comme une prochaine baisse de la facture d’électricité EDF grâce à de nouveaux réacteurs nucléaires.
L’option EJP, qui comptait encore 290 000 abonnés, se retrouve dépourvue d’arguments. Ce n’est plus qu’une sorte de tarif bleu classique avec une pénalité moins forte les jours rouges. Plus d’opportunités d’économie pour la majorité des abonnés. Le prix du kilowattheure en jours normaux se rapproche de celui de l’option de base. L’écart qui faisait tout l’intérêt de ce contrat a presque disparu.
Quelles sont les meilleures alternatives à la formule EJP ?
Restent trois options pour les abonnés EJP :
La première, c’est de ne rien faire et d’accepter cette nouvelle donne en espérant un possible retour en arrière du régulateur dans quelques années. Un scénario peu probable.
La deuxième, c’est de passer à l’option Tempo d’EDF qui propose des prix favorables à ceux qui font attention. Tempo marche sur trois couleurs de jours, bleu, blanc et rouge. Les 300 jours bleus offrent un tarif très compétitif autour de 0,12 à 0,15 euro le kilowattheure. Les 43 jours blancs sont modérés. Les 23 jours rouges ont des prix élevés mais inférieurs aux pics EJP.
Le hic, c’est que Tempo a aussi subi une hausse de 6,2 % au 1er février 2026. Les 900 000 abonnés à cette option voient leur tarif augmenter sur tous les créneaux horaires, même les jours bleus. Pour la Commission de régulation de l’énergie, l’offre était bien trop avantageuse par rapport au vrai coût du marché.
La troisième option pour les abonnés EJP déçus est juste de quitter le giron d’EDF pour se tourner vers des fournisseurs alternatifs. Certains proposent des remises de 15 à 20 % par rapport au tarif réglementé et sont désormais plus compétitifs que l’EJP pour de nombreux foyers. Mais attention, quitter l’option EJP est une option sans retour. Le contrat historique est fermé depuis 1998, on ne peut plus le récupérer lorsque le désabonnement a lieu.
- Depuis le 1er février 2026, l’option EJP change de logique et touche près de 290 000 abonnés, avec une hausse massive des jours normaux.
- Le kilowattheure passe de 0,1418 euros à 0,1781 euros sur 343 jours, soit +25,6 %, tandis que les 22 jours rouges chutent autour de 0,344 euro, soit environ -68 %.
- Résultat, les foyers qui réduisaient vraiment leur consommation pendant les jours rouges sont pénalisés, tandis que ceux qui ne faisaient pas d’efforts sont avantagés, et quitter l’EJP est sans retour.
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