Renault joue gros : sans aide de l’État, la Dacia électrique à 18 000 € pourrait rester un rêve

François Provost, directeur général de Renault depuis le 31 juillet 2025, demande un allègement fiscal pour les petites voitures électriques, comme le rapporte L’Informé. Selon lui, ce sont les modèles les moins polluants du marché.

Renault Dacia électrique
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C’est une révélation de Thierry Mestayer de L’Informé : le nouveau dirigeant mène en ce moment une offensive en coulisses auprès des autorités françaises pour une réduction de la TVA sur cette catégorie de véhicules électriques. Le but de François Provost est clair : rendre accessibles les futurs modèles du groupe, comme la Twingo électrique et la petite citadine de Dacia attendue pour la fin d’année 2026.

Renault met la pression sur l’État pour rendre sa future Dacia électrique vraiment abordable

Luca de Meo, prédécesseur de François Provost, qui a rejoint Kering le 15 juillet 2025, a marqué les esprits en février dernier avec une annonce majeure. L’Italien a promis la conception en 18 mois d’une petite Dacia 100 % électrique à moins de 18 000 euros. Sauf que voilà, des interrogations se sont mêlées à l’enthousiasme. Le départ de Luca de Meo chez un géant du luxe a fait planer le doute sur le maintien de ce projet ambitieux.

François Provost a toutefois choisi de continuer cette stratégie qui sera présentée en mars prochain. Le positionnement de ce véhicule électrique se situera sous les 18 000 euros hors aide de l’État, soit 2 000 euros de moins que la nouvelle Twingo électrique qui est attendue pour mars-avril 2026. Une différence de prix qui tend à se réduire petit à petit face à l’enrichissement constant de l’équipement Dacia.

recharge voiture électrique
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Ces dernières années, la marque a tout fait pour abandonner son image low cost et adopter philosophie « value for money », selon un cadre du groupe. Dacia a présenté des véhicules pensés pour les routes de campagne et la montagne, signe de cette transformation. Les designs sont mieux travaillés qu’à l’origine et l’équipement s’est étoffé, même s’il reste inférieur aux modèles de Renault.

Les deux citadines s’appuieront sur la plateforme AmpR Small déjà utilisée pour la nouvelle Renault 5, qui équipera aussi la Nissan Micra. Une base technique pour optimiser les coûts de développement et garantir de bonnes performances techniques. Pour Dacia, ce nouveau modèle sans nom définitif sera une étape décisive vers l’électrification de sa gamme, qui a débuté en 2021. Le crossover Dacia Spring s’est vendu à plus de 140 000 exemplaires en Europe.

Le marché européen est loin d’adopter électrique

La montée en puissance des motorisations 100 % électriques reste toutefois laborieuse sur le marché européen. Les énormes prix expliquent beaucoup cette situation et les véhicules à batterie ne représentent que 15 % des ventes totales. Dacia parie donc pour l’instant sur une forme hybride, avec un recul progressif des moteurs thermiques pour respecter la norme européenne CAFE.

François Provost ne prévoit aucune version 100 % électrique dans le plan quinquennal qui sera dévoilé en mars lors d’un rendez-vous investisseur appelé Capital Market Day. L’énorme chantier de l’électrification totale de Dacia attendra donc. La marque roumaine travaille seulement sur une génération hybride pour la Sandero, le véhicule le plus vendu en Europe, avec un tarif d’appel de 12 990 euros. La marque complètera les versions hybrides déjà commercialisées du Jogger, du Duster et du Bigster.

Pour ces modèles de grande taille, le passage à une motorisation 100 % électrique avant 2030 est prématuré aux yeux du groupe. D’ailleurs, la Commission européenne pourrait assouplir l’objectif du tout électrique en 2035 lors d’une réunion le 10 décembre prochain. L’évolution très lente du marché pousse Renault à avancer tout aussi doucement, selon un dirigeant. Le but est aussi que les prix restent raisonnables pour rester fidèle au positionnement de la marque.

Pour limiter l’inflation suite au passage à l’électrique, Renault se tourne vers l’État. Le groupe demande une pause dans l’accumulation des réglementations qui touchent les voitures mises sur le marché. Des normes obligatoires, comme l’aide au freinage d’urgence ou la régulation automatique de la vitesse, ont beaucoup augmenté les prix.

Renault tente de baisser la TVA des petits véhicules électriques

Renault Dacia électrique
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Le constructeur mène aussi un forcing intense en coulisses pour une baisse de la TVA sur les ventes de petits véhicules électriques, d’après les informations de L’Informé. L’argument massue de Renault repose sur une logique environnementale. Ces modèles très légers, qui embarquent des batteries de petite taille, sont les véhicules les moins polluants disponibles sur le marché. Leur circulation en masse permettrait de réduire fortement les émissions de CO₂ des déplacements quotidiens.

Toutefois, le combat n’est pas gagné d’avance. La TVA est un outil complexe à manier, car soumis à une directive européenne contraignante. L’exécutif français a placé la « préférence européenne » parmi ses priorités et craint qu’un coup de pouce profite aux véhicules produits hors d’Europe. On pense forcément aux marques chinoises comme Xiaomi ou BYD, qui ont lancé une vaste offensive commerciale sur le Vieux Continent.

Le gouvernement ne montre guère plus d’enthousiasme lorsqu’on lui parle de subventionner l’usine Renault de Novo Mesto, en Slovénie, un site de production prévu pour la Twingo et la petite Dacia électrique. Cette mesure profiterait surtout à Renault, mais serait très coûteuse pour les finances nationales à court terme, sans effet direct favorable pour l’emploi dans l’Hexagone. Et c’est une préoccupation centrale dans le contexte économique actuel.

  • François Provost plaide pour une baisse de TVA sur les petites voitures électriques afin de rendre accessibles la Twingo électrique et la future petite Dacia.
  • La petite Dacia électrique sera positionnée sous 18 000 euros hors aides, avec la Twingo électrique attendue pour mars-avril 2026.
  • La demande de baisse de TVA se heurte aux règles européennes et au risque de favoriser des modèles importés, ce qui rend l’arbitrage politique incertain.

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