On nous promettait que Windows 11 serait plus rapide que Windows 10, et pourtant, ce n’est pas le cas. Mais alors pourquoi une telle différence entre les deux systèmes d’exploitation ? Adrien Piron, du site Assist Ouest, a mis le doigt sur ce qui cloche.

Alors que Windows 11 est enfin plus populaire que Windows 10, 4 ans après son lancement, Adrien Piron nous explique que le coupable est l’architecture XAML Islands qui est censée moderniser l’interface mais ajoute fragmentation et latence.
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Voici pour quelle raison Windows 11 est plus lent que Windows 10
XAML veut dire Extensible Application Markup Language et il s’agit du langage de Microsoft pour créer les interfaces graphiques modernes dans WPF, UWP ou WinUI. XAML permet de créer des effets visuels poussés avec des transitions fluides et une meilleure réponse contrairement aux interfaces Win32 traditionnelles. La technologie s’intègre aux Windows App SDK qui alimentent de nombreuses applications Windows 11 qui ne cesse de s’enrichir de nouveautés.
Pour moderniser les applications existantes sans les réécrire complètement, Microsoft a donc conçu XAML Islands. Ces conteneurs permettent d’intégrer des composants XAML modernes dans des applications Win32 classiques comme l’explorateur de fichiers ou le panneau de configuration. Sauf que le résultat n’est pas celui attendu et pour cause XAML Islands fragmente l’interface en chargeant chaque élément à part, que ce soit la barre d’outils, les menus contextuels, les zones de recherche.
Tout fonctionne comme des modules autonomes ce qui ralentit l’initialisation puisque chaque composant doit s’attacher à l’application autant. L’architecture ajoute donc une forte surcharge car chaque XAML Islands fonctionne comme un mini moteur visuel indépendant et consomme CPU et GPU en chargeant en même temps ses propres dépendances. La latence d’affichage est très visible dans les micro-interactions comme le clic droit sur un fichier, l’apparition du bandeau d’explorateur ou encore l’animation du menu Démarrer qui s’offre une refonte avec Windows 11.
L’explorateur de fichiers prend jusqu’à deux fois plus de temps à s’ouvrir sous Windows 11 que Windows 10, preuve que les ralentissements sont une réalité. Le menu contextuel peut aussi afficher une seconde de délai avant de répondre. Il ne s’agit pas de gros bug mais bien des conséquences d’une interface fragmentée.
Microsoft a conscience des ralentissements et travaille dessus
Microsoft en a conscience et prépare des optimisations pour la mise à jour 25H2 qui est en préparation mais repousse la sortie de Windows 12. La firme de Redmond promet d’améliorer le temps de chargement de l’explorateur, d’optimiser la gestion des animations et de réduire les délais d’affichage de tout ce qui est en lien avec les composants XAML Islands. Pour cibler précisément où ça bloque, Microsoft utilise le Feedback Hub où les utilisateurs signalent les lenteurs. Les rapports activent une télémétrie qui enregistre les performances système au moment du problème pour permettre de trouver où ça cloche au niveau du rendu XAML.
Windows 11 a beau être esthétiquement soigné, le système d’exploitation s’appuie sur une architecture trop fragile, l’empilement des technologies ajoute des latences même pour les tâches très simples. XAML Islands promettait une transition douce mais l’intégration impacte fortement les performances de Windows 11. Pour tenir ses promesses, le système d’exploitation doit donc être optimisé sans quoi beaucoup resteront sur Windows 10 malgré la fin du support qui s’étend gratuitement d’un an. D’autres pourraient passer chez Linux.
Source : Assist Ouest
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