Le prix des carburants va exploser en 2027, jusqu’à 650 euros en plus par an pour les foyers

Le prix des carburants pourrait augmenter en 2027 pour atteindre jusqu’à 23 centimes par litre. La raison ? Une nouvelle réglementation européenne qui contraindrait les distributeurs de carburants à acquérir des quotas carbone, alors répercutés sur les automobilistes. Pour les ménages français, le surcoût annuel se situerait entre 200 et 650 euros.

Pompe à essence
© Envato

Alors que l’E10 et l’E85 pourraient être taxés, cette nouvelle charge financière SEQE-UE2 (Système d’Échange de Quotas d’Émission de l’Union Européenne 2), aussi appelée ETS2 (Emission Trading System 2), se prépare. Le ministère de la Transition écologique parle de ces dispositifs comme des « outils réglementaires visant à atteindre des objectifs de réduction des gaz à effet de serre déterminés politiquement » : en d’autres termes, des taxes carbone.

Nouvelle pression fiscale en 2027 ? Ce qui pourrait faire grimper les taxes sur les carburants

L’Europe cible déjà les émissions de CO2 issues des énergies fossiles dans les grands secteurs industriels, l’énergie, l’aviation et le transport maritime avec le SEQE-UE1 depuis 2025. À partir de 2027, le SEQE-UE2 entrera en vigueur pour inclure les émissions du transport routier, du bâtiment, de la construction et de la petite industrie.

Contrairement au premier dispositif qui vise directement les émetteurs, ce nouveau système adopte une approche qui cible « les fournisseurs d’énergies et les metteurs à la consommation de carburants ou combustibles », selon les précisions du ministère de la Transition écologique.

Concrètement, cette mesure environnementale s’appliquera à tous les fournisseurs soumis aux taxes énergétiques sur les produits fossiles. Les secteurs concernés comprennent notamment « le transport routier (carburants routiers comme diesel, essence, etc. utilisés dans l’ensemble des véhicules routiers), le chauffage des bâtiments (combustibles de chauffage comme le gaz, fioul et charbon utilisés pour chauffer les bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels) », comme l’indique le site du ministère de la Transition écologique.

Le prix à la pompe pourrait augmenter entre 15 et 23 centimes par litre selon l’UFIP Énergies et Mobilités, syndicat qui représente les entreprises du secteur énergétique français et qui a calculé l’application du SEQE-UE2 avec d’autres taxes comme les certificats d’énergie ou le coût d’incorporation des biocarburants. Pour un plein de 45 litres, on parle d’un surcoût d’environ 10,35 euros. En septembre dernier, l’UFC-Que Choisir parlait d’une hausse entre 200 et 650 euros pour les ménages français.

Rappelons que la fiscalité représente déjà environ 60 % du prix du litre à la consommation avec la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), une TVA de 20 % appliquée au montant total (TICPE incluse), et d’autres prélèvements indirects comme la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Par exemple, pour un plein de 45 litres de Super 95 coûtant près de 82 euros, environ 49 euros reviennent directement à l’État.

La nouvelle augmentation pourrait faire de nouveau naître des tensions sociales en France. D’autant plus que les combustibles utilisés pour le chauffage pourraient aussi être affectés par cette mesure, même si l’évaluation précise des quotas de carbone pour ce secteur n’a pas encore été réalisée.

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