En début de semaine, l’Espagne et le Portugal ont subi une panne électrique massive plongeant ces pays dans le noir. Le quotidien des habitants a été perturbé et le retour à la normale a pris du temps. Pourquoi ? Des experts expliquent au micro de Wired.

Si les conséquences ont été nombreuses pendant la panne de courant et en Espagne, les centrales nucléaires ne représentaient aucun danger. À Madrid, la situation est critique. « Les feux de circulation ne fonctionnent pas. Les rues sont chaotiques avec un agent à chaque intersection », témoigne Gustavo, habitant de la capitale. « L’eau n’atteint plus les appartements aux étages supérieurs car les pompes sont électriques, et les rares commerces ouverts n’acceptent que les espèces. »
Remettre l’électricité en Espagne et au Portugal sera long, voici pourquoi
Le rétablissement de l’électricité s’annonce complexe et progressif, jusqu’à une semaine au Portugal. Paul Cuffe, professeur à l’École d’ingénierie électrique de l’University College Dublin, explique le processus appelé « démarrage à froid » : « Sans réseau établi, pour effectuer ce redémarrage, il faut compter 12 à 16 heures. Vous devez procéder séquentiellement, et cela prend beaucoup de temps. Je suis certain que des ingénieurs dans des camionnettes se précipitent partout en ce moment pour y parvenir. C’est comme assembler un meuble Ikea infernalement compliqué. »
Le principal défi à relever : l’équilibrage entre l’offre et la demande d’électricité. Ketan Joshi, consultant indépendant en énergie, décrit la situation comme un « black-out inversé » : « Chaque fois que vous connectez un nouveau groupe de foyers, vous devez réaliser ce même exercice d’équilibre. Les générateurs qui produisent l’électricité doivent correspondre à la nouvelle demande. »
Mais quid des raisons de la panne avec de nombreuses théories évoquées, comme une cyberattaque ? REN, opérateur portugais, attribue cet événement à « des variations extrêmes de température dans l’intérieur de l’Espagne », provoquant des « oscillations anormales dans les lignes à très haute tension, un phénomène connu sous le nom de ‘vibration atmosphérique induite' ». Cette explication laisse Paul Cuffe perplexe.
La péninsule ibérique est une « île énergétique » selon Jan Rosenow, vice-président de la stratégie mondiale au Regulatory Assistance Project. Son interconnexion avec le reste de l’Europe n’est que de 6 %, bien en-deçà de l’objectif de 15 % fixé par Bruxelles pour 2030.
Pedro Sánchez, président espagnol, confirme que des régions récupèrent le courant via des connexions avec la France et le Maroc. Les centrales hydroélectriques espagnoles fonctionnent à nouveau, mais les trains restent à l’arrêt par mesure de sécurité.
Source : Wired
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