Nintendo ne rigole pas avec ses propriétés intellectuelles et Palworld n’y échappe pas. Le développeur du titre, Pocketpair, est dans le viseur du géant japonais qui l’accuse d’avoir enfreint trois brevets : 7545191, 7493117 et 7528390. Ils protègent les mécaniques de capture et de chevauchement des créatures.

Selon Pocketpair, les brevets ont été déposés par Nintendo puis accordés après la sortie de Palworld, en janvier 2024. Toutefois, ils constituent des extensions de ceux enregistrés en 2021 pendant le développement de Pokémon Legends: Arceus.
Nintendo demande le retrait du jeu de la vente
Kirk Sigmon, avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, explique pour PC Gamer que ces brevets “divisionnaires” permettent d’affiner les poursuites. « En utilisant ce processus, vous élaborez des revendications de plus en plus ciblées vers l’assertion », précise l’expert en ajoutaut que « si vous savez qui vous allez poursuivre, vous pouvez rédiger des revendications spécifiquement contre eux. »
Et le timing en dit long. Le constructeur de la Nintendo Switch 2, qui a confirmé sa rétrocompatibilité, a déposé ces brevets “divisionnaires” lorsque Pocketpair a dévoilé du gameplay de Palworld. Kirk Sigmon pense que si Nintendo était au courant de son existence ou s’en inquiétait, il ne serait pas surprenant que l’entreprise ait demandé à ses avocats de préparer des revendications adaptées.
Nintendo demande la cessation des ventes du jeu jusqu’au retrait des mécaniques protégées par ces brevets : la capture et le chevauchement de créatures. S’agissant de deux éléments importants de Palworld, Pocketpair n’aurait d’autre choix que de repenser entièrement son jeu, un travail considérable. Le géant du gaming qui a récemment sorti son réveil Alarmo demande également 33 000 dollars pour les pénalités de retard, aussi bien pour lui que pour la Pokémon Company.
Les 66 000 dollars totaux demandés par Nintendo sont assez dérisoires face aux millions d’exemplaires vendus de Palworld. Kirk Sigmon souligne qu’en réalité, il s’agit d’une fraction des coûts réels d’un procès pour les brevets. « Des millions de dollars sont dépensés rien que pour tenter de résoudre l’affaire », explique l’avocat. « Il faut trouver des spécialistes, constituer une équipe compétente, sous peine de perdre presque automatiquement. Cela devient extrêmement coûteux et chronophage, pouvant épuiser de nombreuses petites entreprises » précise l’expert.
L’affaire pourrait faire invalider les brevets de Nintendo
Même si Nintendo est redoutable en matière juridique, attaquant même les joueurs qui diffusent illégalement ses jeux en streaming avant leur sortie, cette poursuite comporte des risques. Pocketpair pourrait contester la validité des brevets en arguant que les éléments sont trop vagues pour être protégés. Si le studio y arrive, ils seraient donc invalidés. Kirk Sigmon le souligne parfaitement : « Si vous êtes trop large, vous leur donnez un moyen de faire annuler le brevet, car vous leur donnez l’opportunité de prouver que cela existait déjà ».
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