Linky : un électrosensible obtient le retrait du compteur, c’est une première

Le compteur Linky suscite l’inquiétude de certains utilisateurs parmi lesquels Joseph Cascina. L’homme a remporté un combat judiciaire contre Enedis qui doit retirer son compteur suite à des sifflements permanents depuis son installation. Il a fallu trois ans et demi de procédure.

Linky
© Envato
  • Joseph Cascina a obtenu le retrait de son compteur Linky après trois ans et demi de procédure judiciaire en raison de sifflements permanents associés à son installation
  • L’électrosensibilité, bien que difficile à diagnostiquer scientifiquement, est mise en cause, et une étude nationale de l’ANSES cherche à mieux comprendre cette pathologie touchant potentiellement 5 % de la population française
  • Enedis affirme que cette décision judiciaire est une exception et s’appuie sur une étude de l’ANSES qui compare les niveaux d’exposition du Linky à ceux d’appareils électroménagers courants

Il s’agit d’un précédent pour les personnes qui se disent électrosensibles même si, rappelons que mettre du papier aluminium sur votre Linky ne vous protège pas des ondes. Les symptômes de Joseph Cascina sont apparus le lendemain de l’installation du compteur. On parle de sifflements stridents en continu qui l’ont forcé à prendre des médicaments pour dormir.

Le compteur Linky a été retiré après trois ans de procédure

« Des sifflements dans ma tête sont apparus, et c’était en permanence », témoigne Joseph Cascina au micro de France 3 Régions en Auvergne-Rhône-Alpes. Le lien a été fait avec le Linky en constatant que les symptômes disparaissaient une heure après avoir quitté son domicile. Notamment chez ses beaux-parents qui n’ont pas de compteur connecté.

L’électrosensibilité, ou sensibilité électromagnétique, se caractérise par une intolérance aux champs électromagnétiques émis par les appareils électroniques. Le professeur Luc Fontana du Centre régional de pathologie professionnelle et environnementale précise que les symptômes varient : « maux de tête, fatigue chronique, réactions cutanées, troubles de la concentration… ». En l’absence de preuves scientifiques directes, il n’est pas toujours facile d’appliquer un diagnostic.

Plusieurs villes comme Lyon, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne participent à une étude nationale de l’ANSES. Le but est de mieux saisir cette pathologie qui toucherait environ 5 % de la population française, soit 3,5 millions de personnes selon les estimations de 2018.

Une étude nationale pour étudier la dangerosité de Linky

Face à cette décision de retirer le Linky du domicile de Joseph Cascina, Enedis a répondu en précisant que « la décision rendue par la Cour d’appel de Lyon fait figure d’exception et ne reflète en rien la jurisprudence relative à l’installation des compteurs Linky ».

L’entreprise s’appuie sur une étude de l’ANSES de 2017 puis mise à jour en 2023 qui explique que les niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques des compteurs se rapprochent de ceux d’appareils du quotidien comme des plaques électriques.

Le collectif Stop Link 5G Loire espère que la décision de justice permettra de faciliter les futures procédures, notamment pour empêcher l’installation des compteurs sur présentation d’un certificat médical. Les résultats de l’étude nationale sont toujours attendus pour 2025.

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