Il faudra payer pour lire Donald Trump avant tout le monde. Trump Media and Technology Group lance un accès prioritaire aux messages du POTUS sur Truth Social, le tout derrière un paywall. Le 1er août 2026, les premiers clients “profiteront” de ce service.

- Trump Media lance Truth API, un service payant qui permet de lire les messages de Donald Trump sur Truth Social avec quelques millisecondes d’avance.
- Cette avance peut valoir très cher pour Wall Street, car les publications de Trump font déjà bouger les actions, le pétrole et les marchés.
- Le service choque politiquement, car la famille Trump est le premier actionnaire de Trump Media et pourrait profiter financièrement des annonces du président.
Il faudra payer pour lire ces messages de Donald Trump en avance. C’est simple : vous sortez la carte bancaire et lisez le président avant les autres. Il s’agit d’un service appelé Truth API. Ce flux envoie les publications des dix comptes les plus suivis du réseau directement dans les systèmes informatiques des clients. Trump Media promet une transmission en quelques millisecondes. Les autres attendront la notification de l’application.
Un avantage financer net pour ceux qui paieront pour les messages de Trump
Quelques millisecondes, ça paraît dérisoire mais c’est une éternité pour les entreprises qui achètent et revendent des actions en une fraction de seconde. Un message de Donald Trump peut leur rapporter des millions de dollars en une minute. Trump Media vend de la vitesse à ceux que l’entreprise décrit comme les organisations « les plus touchées par le coût d’un retard d’information ».
Les messages du président font bouger l’économie mondiale. Le 9 avril 2025, l’un d’eux a brutalement remonté les grands indices de Wall Street. Il faut dire que Donald Trump parlait de la suspension des droits de douane pendant 90 jours.
Ses autres messages sur l’Iran et le détroit d’Ormuz ont fait grimper les cours du pétrole. Au printemps 2025, ses annonces de taxes ont fait plonger le cours des actions. Ce cours est remonté quand Donald Trump a renoncé à une partie de ces taxes .
Donald Trump n’est pas un influenceur comme les autres. Ce président annonce sa politique sur son réseau avant de la dire ailleurs. Sauf que voilà, payer pour le lire en avance revient à payer pour connaître une décision publique avant les citoyens. On parle de Donald Trump, dont un seul message déplace des milliards de dollars.
Un conflit d’intérêt qui permet à Trump de s’enrichir ?
Un détail change tout dans cette affaire. La famille du président est le premier actionnaire de Trump Media. Résultat, chaque message qui fait bouger les marchés enrichit un peu plus cette entreprise familiale.
En clair, le président touche de l’argent sur ses propres annonces. Ce mélange des genres a fait réagir Ron Wyden, chef de file des démocrates à la commission des finances du Sénat. Selon ce sénateur, l’opération enrichit la famille Trump et les opérateurs de Wall Street.
La Maison-Blanche a renvoyé les questions vers Trump Media, qui n’a pas répondu. Mais ce n’est pas tout, le communiqué de l’entreprise ne cite pas une seule fois le nom de Donald Trump. Et pour cause, nommer le président reviendrait à écrire noir sur blanc que ce service vend l’avance sur ses décisions.
Kevin McGurn, qui dirige Trump Media par intérim, assume cette offre. « Les marchés réagissent déjà aux publications de Truth Social », a-t-il déclaré dans un communiqué. Plusieurs sociétés aspiraient ces messages depuis des mois sans rien payer. « Nous allons créer beaucoup de friction pour ceux qui ne passent pas directement par nous », a averti Kevin McGurn auprès d’Axios.
Pourtant, cette pratique n’est pas illégale
Aucune loi n’interdit ce paywall. L’avocat Robert Frenchman, associé du cabinet Dynamis, a détaillé cette absence de loi auprès de Reuters. Selon cet avocat, une plateforme peut hiérarchiser la diffusion de ses informations sans enfreindre le droit financier fédéral. « Cela ne semble certainement pas équitable, mais oui », a-t-il résumé.
Pour rappel, Donald Trump a bâti Truth Social après son exclusion de Twitter. En 2021, Twitter l’a banni après l’attaque du Capitole par ses partisans. Et là-bas, sur son réseau social, sa parole est une marchandise vendue à ceux qui paient.
Source : Axios
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