YggTorrent : la gendarmerie démantèle le tracker, 12 personnes interpellées

YggTorrent revient dans l’actualité judiciaire et cette fois-ci, pour un énorme coup de filet. La gendarmerie nationale a démantelé la structure qui pilotait le tracker suite à une opération judiciaire nationale. Depuis la fin de l’année 2023, douze personnes ont été interpellées dans cette enquête. 

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© Image IA d’illustration générée avec Gemini
  • La gendarmerie a démantelé la structure derrière YggTorrent après une enquête nationale, avec 12 interpellations depuis fin 2023.
  • Les enquêteurs visent la contrefaçon en bande organisée, le blanchiment aggravé et l’administration d’une plateforme facilitant des transactions illicites.
  • L’opération arrive après le piratage destructeur de mars 2026, mais vise bien les personnes derrière le tracker, pas les utilisateurs.

L’opération fut menée par l’unité nationale cyber de la gendarmerie, au sein de la Section de recherches de Montpellier. À la fin de l’année 2023, la gendarmerie a créé cette unité nationale de cybercriminalité avec près de 10 000 cybergendarmes.

Énorme coup de filet de la gendarmerie contre YggTorrent

L’enquête a été dirigée par la juridiction inter-régionale spécialisée et par la juridiction nationale chargée de la criminalité organisée de Paris. Les enquêteurs visent trois chefs avec la contrefaçon en bande organisée, le blanchiment aggravé et l’administration d’une plateforme qui facilitait des transactions illicites. C’est en 2017 que YggTorrent est né, véritable fléau pour les ayants droit.

Les perquisitions ont eu lieu partout en France. Les gendarmes ont saisi des crypto-actifs et 45 000 euros de matériel informatique utilisé pour mettre en ligne des contenus illicites. Sur ces équipements, plus de 50 000 fichiers torrents ont été découverts.

Le piratage a déjà révélé le stockage de dizaines de milliers de cartes bancaires par les administrateurs. Le préjudice pour les ayants droit atteint plusieurs dizaines de millions d’euros, alors que le site blanchissait ses revenus en cryptomonnaies.

L’enquête a démarré sur plainte. La Sacem a saisi la justice, avant l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle et le Syndicat de l’Édition Vidéo Numérique. Le site reposait sur une organisation stricte, avec des administrateurs, des modérateurs et des équipes de contrôle qualité.

Les personnes interpellées comptent des administrateurs, des modérateurs, des contrôleurs qualité et des analystes. Certains membres ont été payés pour leur travail. YggTorrent se remplissant notamment la poche avec le polémique mode Turbo, le tout payable par carte bancaire ou en cryptomonnaie.

Un coup de filet quelques mois après la fermeture

YggTorrent n’était déjà plus en ligne avant ce coup de filet. Le 4 mars 2026, un pirate appelé Gr0lum a vidé et détruit ses serveurs. Le pirate a exploité un serveur mal protégé, puis exfiltré plusieurs gigaoctets de données internes. Cette attaque a entraîné la fermeture du plus gros tracker francophone.

Résultats, les 6,6 millions de comptes furent frappés par une fuite massive. Le pirate a mis en ligne une archive de 11 Go avec le code source et les bases d’utilisateurs. L’opération de la gendarmerie vise les personnes derrière le site suite à une enquête ouverte bien avant ce piratage. Les utilisateurs du site ne sont pas concernés.

YggTorrent n’a jamais été un site comme les autres. En 2017, ce site a succédé à T411, fermé la même année par les autorités. Le tracker était la référence du partage illégal en France. Son catalogue proposait des films, des jeux, des logiciels, de la musique et des séries, notamment.

Le tracker attirait des millions de visiteurs chaque mois et figurait parmi les plateformes illégales les plus actives d’Europe. En neuf ans, les blocages et les décisions de justice n’ont pas fait tomber le site. En 2024, la justice a ordonné aux fournisseurs d’accès de bloquer le site pour au moins 18 mois. Le site était mêmepassé en tracker privé pour résister aux blocages.

La justice ne rigole plus avec les trackers

La fermeture n’a pas fait disparaître les fichiers. Le collectif Utopeer a récupéré le catalogue et l’a remis en ligne sur le successeur gratuit ygg.gratis. Ce successeur a ensuite basculé vers un hébergement décentralisé après une première réclamation.

D’autres acteurs ont profité de la situation. Des dizaines de faux sites qui piègent les internautes ont copié le tracker, avec des pages de phishing. Une partie des contributeurs a migré vers d’autres trackers plus discrets.

L’affaire s’inscrit dans une pression judiciaire plus large sur le piratage. Après YggTorrent, la justice a visé le tracker privé LaCale. Le site est depuis à l’arrêt mais pour d’autres raisons, la disparition soudaine du gérant.

Source : Gendarmerie.interieur.gouv

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