La gendarmerie a quitté Windows pour Linux et a économisé 500 millions d’euros

La gendarmerie nationale a économisé 500 millions d’euros grâce à Linux en 20 ans. Le général Marc Boget, directeur de l’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure, a révélé le chiffre lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les vulnérabilités numériques.

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© gendarmerie.interieur.gouv.fr/
  • La gendarmerie nationale affirme avoir économisé 500 millions d’euros en 20 ans grâce à sa migration vers Linux.
  • Depuis 2008, plus de 73 000 PC de la gendarmerie tournent sur GendBuntu, une distribution dérivée d’Ubuntu.
  • En avril 2026, la DINUM a annoncé la migration de Windows vers Linux pour les PC de l’administration française.

Marc Boget a détaillé le bilan de cette migration historique devant les députés. En 2008, la gendarmerie nationale a basculé sur GendBuntu, une distribution Linux personnalisée et dérivée d’Ubuntu. On parle de plus de 73 000 PC de la gendarmerie qui tournent sur cette solution libre.

500 millions d’économie en quittant Windows pour Linux

Le général Marc Boget qualifie cette migration de « très militaire, un peu brutale » devant les parlementaires. Sauf que voilà, les résultats donnent raison à ce choix radical. On parle d’environ 500 millions d’euros économisés sur les licences Microsoft en deux décennies.

Mais ce n’est pas tout puisque l’économie budgétaire n’est qu’un aspect du dossier. La gendarmerie a aussi construit en interne ses propres compétences pour faire évoluer ses outils. Le général Marc Boget assume une doctrine très claire devant la commission.

« Être souverain, c’est faire de sorte que seul l’État français a le doigt sur l’interrupteur », a-t-il déclaré. Les données sensibles restent hébergées dans les deux data centers que la gendarmerie exploite en interne. Ces centres sont administrés par des gendarmes soumis au statut militaire, pas par des prestataires privés.

Et pour cause, Marc Boget se méfie même de SecNumCloud, le référentiel de l’ANSSI pourtant défendu par les fournisseurs français de cloud comme OVHcloud ou Scaleway. Selon le général, la qualification protège des lois extraterritoriales. Mais elle ne protège pas contre la corruption d’un employé d’un opérateur privé.

La gendarmerie protège au maximum ses données

La gendarmerie ne peut pas surveiller ou sanctionner ces personnels privés comme elle le ferait avec ses militaires. « Je ne donne jamais les clefs du camion à quelqu’un d’autre », a aussi expliqué Marc Boget devant la commission. Le général s’est comparé « au dragon de Tolkien assis sur son tas d’or » pour décrire son rapport aux données sensibles.

Le retour d’expérience de la gendarmerie a fait son effet sur le reste de l’État. En avril 2026, la DINUM a annoncé la migration complète de Windows vers Linux pour tous les PC de l’administration française. Le 8 avril 2026, la décision a été prise lors d’un séminaire interministériel. Tous les ministères ont jusqu’à l’automne pour rendre une feuille de route. Bref, l’exemple de la gendarmerie a fait des émules au plus haut sommet de l’État.

Mais alors qui sont les prochains à suivre l’exemple de la gendarmerie ? La DGFiP est en première ligne. Le fisc français étudie sa migration vers Linux selon Tomasz Blanc, patron des systèmes d’information de la Direction générale des Finances publiques. 

Linux progresse dans l’administration française

L’administration gère les données fiscales de dizaines de millions de Français. La sensibilité de ces informations rend la souveraineté numérique encore plus critique. Le timing est parfait pour Linux. En janvier 2026, le système d’exploitation libre a passé le cap des 5 % en France.

En clair, le bilan de la gendarmerie tombe au meilleur moment. Et pour cause, Linux poursuit sa progression dans l’Hexagone avec la sortie du noyau Linux 7.1 et ses grosses nouveautés. Le marché bouge aussi chez les constructeurs de PC.Dell et Lenovo ont rejoint le Linux Vendor Firmware Service en tant que Premier Sponsors pour faciliter l’installation de Linux sur les PC du grand public.

Marc Boget a aussi insisté sur un point précis devant la commission. « Sur les technos critiques dont je ne peux me passer, je m’adjoins des compétences et ressources externes françaises pour former des équipes mixtes », a-t-il expliqué. L’objectif est qu’à tout moment, la gendarmerie soit capable de changer d’industriel ou de se passer de lui. Reste à savoir si les autres ministères iront aussi loin.

Source : assemble-nationale.fr

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1 commentaire

  1. darek dit :

    Il faut 20 ans aux politiques pour comprendre qu’est ce que la souveraineté numérique!, On comprends alors pourquoi la France est en retard dans beaucoup de domaines sensibles, car les politiques n’ont pas compris qu’est-ce la souveraineté ! Peut-être qu’ils en sont encore a la connotation de la royauté qu’ils ont horreur !
    Mais même dans une république, la souveraineté peut être laïque et indispensable pour un état de droits.