Le piratage de l’ANTS a touché 11,7 millions de comptes. Le 21 avril 2026, le ministère de l’Intérieur a confirmé l’ampleur de l’attaque. Le 15 avril, les attaquants ont pénétré la plateforme de l’Agence nationale des titres sécurisés. Les données volées circulent déjà sur des marchés cybercriminels.

- Le piratage de l’ANTS touche 11,7 millions de comptes selon le ministère de l’Intérieur après une intrusion le 15 avril 2026.
- Les données volées incluent notamment nom, prénom, email, date de naissance et parfois adresse ou numéro de téléphone.
- Le principal risque est le phishing, car ces informations circulent déjà sur des forums cybercriminels.
Le 20 avril 2026, l’ANTS a reconnu une intrusion sur sa plateforme. Le lendemain, le gouvernement a publié le bilan. « 11,7 millions de comptes seraient concernés », indique le communiqué officiel. On parle de noms, prénoms, adresses mail, dates de naissance et état civil dans le lot des données volées. Selon les profils, l’adresse postale, le lieu de naissance et le numéro de téléphone s’ajoutent.
Le ministère de l’Intérieur parle de 11,7 millions de comptes concernés
🔴 France Titres (ANTS) a commencé à envoyer des e-mails pour prévenir les Français concernés par le piratage et la compromission de leurs données. pic.twitter.com/fOcPcl8TA0
— FrenchBreaches (@Frenchbreaches) April 21, 2026
Ce piratage de l’ANTS épargne quand même quelques données. Les informations transmises pour les démarches en ligne n’ont pas été volées. La carte d’identité, le permis de conduire et le passeport ne sont pas exposés. « Ces données ne permettent pas d’accès illégitime au compte nominatif sur le portail », affirme le communiqué officiel.
Sauf que voilà, ces données circulent déjà. Sur le dark web, un pirate qui se cache derrière une image de Pablo Escobar revendique le vol de 18 à 19 millions d’enregistrements. Il accuse les défenses numériques françaises d’être « aussi friables que leurs croissants ». Les pirates gonflent souvent leurs chiffres pour revendre plus cher. Le gouvernement retient le chiffre de 11,7 millions. Ces bases de données s’échangent entre 10 000 et 50 000 euros sur ces forums de pirates.
Le piratage, un véritable fléau pour la France
L’ANTS s’inscrit dans une série noire. En janvier 2026, la plateforme HubEE de la DINUM a été piratée, avec 70 000 dossiers RSA exfiltrés et les données de bénéficiaires de la CAF exposées. En février, c’est le fichier FICOBA qui a été piraté avec le vol des coordonnées bancaires de 1,2 million de Français.
En mars, l’Éducation nationale a confirmé le vol des données personnelles de 243 000 enseignants. La CNIL a reçu 5 630 notifications de fuites en 2024 et le rythme de 2026 est encore plus soutenu. En clair, le vrai danger n’est pas l’accès au compte ANTS, c’est le phishing. Un escroc qui connaît votre nom, votre adresse et votre date de naissance construit des arnaques bien plus crédibles.
Il faut dire que la France figure parmi les pays les plus ciblés par les campagnes de phishing en Europe. On parle de plusieurs millions d’arnaques signalées chaque année. Aussi bien des attaques ciblées, que des faux SMS de livraison ou des appels qui imitent un conseiller bancaire.
Que faire face à ce piratage de l’ANTS ?
L’enquête sur l’origine de l’attaque se poursuit. Aucune démarche particulière n’est attendue pour les personnes concernées, sauf un changement de mot de passe à la prochaine connexion. Selon une source proche du dossier, la faille exploitée est d’ordre technique. Mais ce n’est pas tout puisque les investigations cherchent à établir si d’autres données ont été exposées au-delà de ce que l’on sait.
Résultat, la vigilance s’impose face à tout SMS ou email suspect. Quand un inconnu au téléphone cite votre nom, votre date de naissance ou votre adresse pour vous mettre en confiance, c’est un signal d’alarme. L’ANTS gère les titres d’identité de millions de Français, ce qui place cette fuite parmi les plus graves du service public numérique.
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