Le marché automobile européen recule de 3,9 % en janvier 2026 selon l’ACEA. La plupart des constructeurs perdent du terrain. BYD échappe à cette tendance et affiche une croissance de 175,3 % et confirme sa percée sur le vieux continent.

L’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA) publie les chiffres du marché automobile en Europe pour le mois de janvier 2026. Le constat est sans appel. Les nouvelles immatriculations de voitures dans l’Union européenne reculent de 3,9 % par rapport à janvier 2025. En tout, 799 625 véhicules neufs ont été immatriculés sur le mois.
Les ventes de voitures électriques baissent en Europe, sauf pour BYD
C’est le deuxième début d’année consécutif en baisse pour le marché. Pour mettre les choses en perspective, en janvier 2019, l’Europe immatriculait 1,2 million de voitures neuves. En 2018, c’était 1,25 million. L’Union européenne a donc perdu plus d’un tiers de ses immatriculations de véhicules neufs en janvier sur quelques années seulement. Autant dire une situation catastrophique pour l’industrie automobile européenne.
🚨 BREAKING 🚨
— ACEA (@ACEA_auto) February 24, 2026
📊 European car registration figures for January are fresh off the press!
📉New EU #car registrations decreased by 4% compared to the same period last year.
January 2026 market share update👇
🔋Battery-electric cars registered 19% of the EU market share… pic.twitter.com/tQ1TvxSwSX
Les deux plus gros marchés du continent sont en difficulté. L’Allemagne accuse une baisse de 6,6 % avec 193 981 immatriculations. La France affiche le même recul de 6,6 % avec 107 157 véhicules neufs. En revanche, l’Espagne résiste avec une légère hausse de 1,1 % et l’Italie s’en sort mieux avec une augmentation de 6,2 % et 141 993 immatriculations.
Le tableau des constructeurs n’est pas mieux. Volkswagen Group, qui domine toujours le marché européen avec 28 % des ventes, recule de 3,7 %. Renault Group encaisse une chute sévère de 16,7 %. Toyota Group Hyundai Group perdent respectivement 14,3 % et 14,7 %. BMW recule de 3,3 %. Le seul grand groupe européen à tirer son épingle du jeu est Stellantis, avec une hausse de 9,1 % de ses immatriculations par rapport à janvier 2025. Mercedes progresse aussi de 4 %, mais les volumes restent plus modestes.
Sauf que voilà, la véritable surprise de ce rapport, c’est BYD. Le constructeur chinois a vendu 13 790 véhicules dans l’Union européenne en janvier 2026. C’est une croissance de 175,3 % par rapport à janvier 2025, où la marque n’avait écoulé que 5 079 unités. La part de marché de BYD passe de 0,6 % à 1,7 %. C’est encore modeste en volume absolu, mais la trajectoire est claire.
La Chine affiche une progression fulgurante en Europe
Et si l’on élargit le périmètre à l’ensemble des marques chinoises, la situation est encore plus nette. Selon les données de Dataforce, les constructeurs chinois totalisent 70 465 immatriculations en janvier 2026 sur l’Europe élargie (UE, Royaume-Uni et AELE). C’est une hausse de 80 % et une part de marché de 7,4 %, contre 4 % en janvier 2025.
MG (SAIC) reste en tête avec 18 537 ventes, mais l’écart se réduit. Chery explose avec une hausse de 354 % et 17 106 unités. BYD suit de très près avec 17 630 ventes sur le périmètre élargi. En clair, l’écart entre les trois premiers constructeurs chinois en Europe ne dépasse plus 1 431 véhicules. La bataille pour le leadership débute.
Pour rappel, en 2025, les ventes de BYD en Europe ont progressé de 227 % sur l’année complète, avec 128 827 immatriculations selon l’ACEA. La marque vend désormais plus de voitures que Mini, Jeep ou encore Mazda en Europe. Et la stratégie est loin d’être finie. BYD prévoit 2 000 concessions en Europe d’ici la fin d’année 2026. L’usine hongroise de Szeged doit démarrer sa production au deuxième trimestre 2026. Une deuxième usine en Turquie et un troisième site en Espagne sont aussi au programme. Bref, BYD ne compte pas s’arrêter là.

En ce qui concerne la voiture 100 % électrique, les résultats sont contrastés selon les pays. Les ventes de voitures électriques à batterie ont progressé de 52,1 % en France et de 23,8 % en Allemagne. En revanche, la Belgique recule de 11,5 % et les Pays-Bas de 35,4 %. Ces quatre pays représentent environ 60 % du marché des voitures électriques dans l’UE.
Pour l’ensemble de l’Union européenne, 154 230 voitures 100 % électriques ont été immatriculées en janvier 2026, soit une part de marché de 19,3 %. C’est une progression nette par rapport aux 14,9 % de janvier 2025. La barre des 20 % est désormais à portée.
Les hybrides non rechargeables dominent toujours le marché alors que leurs bénéficies écologiques sont remises en cause. En janvier, 308 364 voitures hybrides ont été immatriculées dans l’UE, soit 38,6 % de part de marché. C’est la motorisation la plus populaire du continent. La croissance est portée par l’Italie avec une hausse de 24,9 % et l’Espagne avec 9 % d’augmentation. La France reste stable. L’Allemagne recule légèrement de 1,8 %. Les hybrides rechargeables (PHEV) progressent aussi avec 78 741 immatriculations, soit 9,8 % du marché contre 7,4 % un an plus tôt.
Le déclin des modèles thermiques a déjà commencé
En parallèle, les motorisations thermiques poursuivent leur déclin. Les ventes de voitures à essence reculent de 28,2 % en Europe en janvier 2026. La baisse est brutale en France avec une baisse de 48,9 %. L’Allemagne perd 30 %. Le diesel ne fait guère mieux avec une chute de 22,3 % dans l’ensemble de l’Union européenne. Les voitures thermiques ne représentent plus que 30 % des véhicules vendus en Europe. C’est un basculement historique. En quelques années, l’essence et le diesel sont passés de la norme à la minorité.
Il faut dire que les normes européennes sur les émissions de CO2 poussent les constructeurs à accélérer la transition. Les amendes prévues pour les marques qui ne respectent pas les seuils d’émissions sont colossales. Résultat, les constructeurs européens mettent le paquet sur l’électrique et l’hybride.
Mais la concurrence chinoise complique sérieusement les plans. BYD, Chery et MG proposent des voitures électriques et hybrides rechargeables à des prix que les constructeurs européens ont du mal à suivre. Le Seal U de BYD, par exemple, est devenu l’un des hybrides rechargeables les plus vendus du continent.
Bref, le marché automobile européen traverse une période de profonde mutation. Les volumes totaux reculent, les motorisations thermiques s’effondrent, l’électrique progresse mais à des rythmes très différents selon les pays. Et au milieu de tout ça, les constructeurs chinois gagnent du terrain mois après mois, avec une régularité qui donne des sueurs froides aux marques historiques.
- Le marché automobile de l’Union européenne recule de 3,9 % en janvier 2026 selon l’ACEA avec 799 625 immatriculations.
- BYD affiche une croissance de 175,3 % dans l’Union européenne en janvier 2026 avec 13 790 véhicules vendus.
- La part de marché de BYD dans l’Union européenne passe de 0,6 % à 1,7 % sur un an.
Source : ACEA
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