Vente de SFR : le tribunal donne son feu vert à la vente de l’operateur

L’avenir d’Altice France, propriétaire de SFR, se joue ce lundi 4 août devant le Tribunal des activités économiques de Paris. L’audience déterminera si le plan de restructuration financière pour réduire l’endettement colossal du groupe est valide.

SFR
© Envato

La vente de SFR se prépare et Bouygues et Free se disputent les abonnés mobiles, box, antennes et boutiques. Pour rappel, début 2024, Altice France avait racheté un accord de ses créanciers, notamment BlackRock, Pimco et Fidelity, pour alléger sa dette de 24 milliards à 15 milliards euros.

À lire : Voici la démarche à faire pour résilier son abonnement SFR

Pourquoi l’audience du 4 août est importante pour la vente de SFR ?

Bien évidemment, il y a une contrepartie : ces investisseurs demandent 45 % du capital et Patrick Drahi garde 55 %. Pour valider l’arrangement, le groupe a demandé une procédure de sauvegarde accélérée, qui est considérée comme une simple formalité.

L’audience du 22 juillet a pourtant montré des complications qui remettent tout en question. Le parquet soutient le principe du plan, mais conteste son application en exigeant l’exclusion de trois entités stratégiques : SFR SA, SFR Fibre et Completel. Selon le procureur, ces filiales ne sont pas en mesure de garantir une dette qui ne découle pas directement de leur activité commerciale.

Dans un contexte où les employés de SFR ont peur pour leur avenir, cette position juridique trouve un écho favorable auprès des syndicats de l’opérateur. L’UNSA explique par la voix d’Abdelkader Choukran que cet accord financier masque une stratégie de démantèlement du groupe. Les 8 000 salariés de l’opérateur redoutent des conséquences sociales majeures de cette restructuration.

Patrick Drahi se retrouve donc dans une situation embêtante, puisqu’une validation en partie ou un rejet du plan l’obligerait à revoir sa stratégie de désendettement. Et même si la validation est faite, elle pourrait être suspendue par appel du comité social-économique central ou du parquet.

Altice France se retrouve dans une situation compliquée

La bataille judiciaire dépasse les intérêts d’Altice France puisqu’elle concerne l’ensemble du secteur télécom. Orange, Bouygues et Free regardent avec attention ce qu’il se passe et ont entamé des discussions discrètes pour un rachat potentiel de SFR. Leur objectif : ramener le marché français à trois opérateurs contre quatre actuellement, ce qui pourrait réduire les promotions et prix avantageux pour les clients.

Christelle Heydemann, directrice générale d’Orange, souligne l’importance de cette étape judiciaire. Olivier Roussat, patron de Bouygues, partage cette vision et parle des bénéfices économiques d’un marché concentré sur trois acteurs principaux. Les discussions pourraient donc déboucher sur une offre mutuelle, mais seulement si le tribunal valide le plan de désendettement d’Altice France. Il reste donc une incertitude juridique qui freine les négociations et maintient tout le secteur dans le flou.

  • L’avenir d’Altice France se joue ce 4 août devant le tribunal, qui doit statuer sur un plan de restructuration visant à réduire la dette de 24 à 15 milliards d’euros, avec 45 % du capital cédé à des créanciers.
  • Le parquet conteste l’inclusion de trois filiales clés (SFR SA, SFR Fibre, Completel), une position soutenue par les syndicats qui redoutent un démantèlement et des conséquences sociales pour les 8 000 salariés.
  • En coulisses, Orange, Bouygues et Free se préparent à une éventuelle vente de SFR, espérant ramener le marché à trois opérateurs, ce qui pourrait réduire la concurrence pour les consommateurs.

Réagissez à cet article !