Et si nous faisions l’amour avec des robots dans peu de temps ? La question se pose face à l’avènement de l’IA mais surtout face aux affirmations qu’il s’agirait d’une réalité en 2025. Sauf que voilà, ce n’est toujours pas le cas.

En 2016, Ian Pearson, futurologue britannique, prédisait que les humains feraient l’amour avec les robots en 2025. The Sun a repris cette information mais nous y sommes et toujours pas de sexualité avec les machines. Mais ce n’est pas la seule prédiction du scientifique.
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42 % des sondés se disent prêts à faire l’amour avec un robot sexuel
Sur la plateforme Earth 2050, le scientifique allait jusqu’à affirmer qu’en 2050, le sexe entre humains et robots dépasseraient ceux entre les personnes de chair et d’os en termes de fréquence. Pourquoi ? Parce que la technologie permettra de “libérer l’imagination et la vie sexuelle” avec la VR pour renforcer l’immersion.
Le marché des robots sexuels existe déjà mais reste de niche avec environ 56 000 modèles vendus, tous les ans, pour un prix d’environ 3 500 euros selon RTS. Toutefois, l’industrie se poursuit puisque l’entreprise chinoise Starpery Technology annonce la commercialisation d’une nouvelle gamme de poupées avec des capacités conversationnelles via l’IA. En août 2025, la convention internationale Love and Sex with Robots lancera sa dixième édition à l’Université du Québec à Montréal, preuve d’un certain engouement.
Selon une étude de 2021 menée par Tidio qui est spécialisée dans les robots conversationnels, 42 % des sondés se disent prêts à faire l’amour avec un robot. Les hommes sont 48 % contre 33 % pour les femmes. Mais la communauté scientifique est divisée sur le sujet.
Kate Devlin, informaticienne britannique et maîtresse de conférences à Goldsmiths College à Londres, défend le potentiel thérapeutique de ces robots sexuels. Pour elle, ces technologies pourraient transformer la sexualité en s’éloignant d’une “vision masculine hétéronormative”.
Kathleen Richardson, professeure d’éthique spécialiste des robots à l’Université De Montfort, ne partage pas cet avis. La scientifique a lancé, en 2015, une campagne contre le sexe avec les robots. Selon elle, le marché est non régulé et surtout pensé par et pour des hommes avec des biais sexistes.
Les dangers de faire l’amour avec des robots
Ezekiel Kwetchi Takam, chercheur doctorant en éthique de l’intelligence artificielle, partage cette préoccupation. Le scientifique estime que les robots sexuels renforcent l’idée que “la seule raison d’être d’une femme est de satisfaire les désirs masculins”. Les versions masculines des robots sexuels partagent, toujours d’après lui, “l’image d’une masculinité hégémonique, et même toxique”.
Kate Devlin estime cependant, pour le Guardian en 2023, qu’elle ne pense pas qu’il y aura un marché de masse pour les robots sexuels. Magali Croset-Calisto, psychologue et autrice, estime que si les technologies sont bien utilisées, elles pourraient offrir des approches à la fois éducatives, interactives et immersives pour la sexualité. Mais elle met en garde contre le risque de dépendance et d’appauvrissement des interactions sociales avec les autres humains.
Magali Croset-Calisto insiste sur le fait que le contact physique est important pour le développement humain. Le toucher permet de grandir mais aussi de nouer un lien social, selon elle. Le “peau à peau” donne la possibilité de percevoir les autres et a une place importante dans la sexualité.
La psychologue et autrice alerte aussi sur le fait que les robots sexuels puissent formater l’imaginaire sexuel et avec des “scripts biaisés” entre les pratiques sexuelles extrêmes ou traumatisantes. Et qui pourraient donc pousser à ces comportements avec d’autres humains.
Source : Le Point
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