SFR vendu à Bouygues Telecom, Free et Orange : que vont devenir les 8 000 salariés ?

La vente de SFR à Bouygues Telecom, Free et Orange ouvre une période très incertaine pour les salariés de l’opérateur. Le protocole d’accord valorise les actifs repris d’Altice France à 20,35 milliards d’euros. Mais derrière le prix, le vrai sujet reste social. On parle d’environ 8 000 salariés concernés par le transfert, selon les estimations publiées avant la signature.

Sommaire
SFR salariés emploi
  • La vente de SFR à Bouygues Telecom, Free et Orange concerne environ 8 000 salariés, avec une promesse d’emploi jusqu’à début 2029.
  • Cette garantie ne signifie pas forcément le même poste, la même équipe ou la même entreprise après le transfert des actifs.
  • L’opération reste incertaine, car les autorités de concurrence doivent encore valider un passage de quatre à trois opérateurs mobiles en France.

Le communiqué promet une protection des employés de SFR. Les trois opérateurs affirment que « le Consortium garantira un emploi à l’ensemble des salariés du périmètre repris jusqu’à début 2029 ». La formule compte beaucoup. Elle parle d’un emploi, pas forcément du même poste ou de la même équipe. Le texte précise d’ailleurs que cette garantie passera par « la poursuite de leur emploi ou à une proposition d’emploi ».

Une garantie d’emploi jusqu’à début 2029 pour les salariés SFR

En clair, les salariés de SFR ne sont pas censés perdre leur emploi dès le rachat. Mais cette protection a une date limite. Le début d’année 2029 est donc l’horizon social du dossier. La transaction ne sera pas finalisée avant le second semestre 2027, après les autorisations de concurrence.

Les salariés auraient alors environ un an et demi de visibilité après la clôture. C’est court pour une opération qui prévoit de découper les clients, les réseaux, les systèmes informatiques et les activités commerciales de SFR.

Sauf que voilà, l’opération repose précisément sur une répartition des actifs. Bouygues Telecom reprendrait la plus grosse part, avec 52 % du chiffre d’affaires. Free prendrait 27 % et pour Orange, ce serait 21 %. Le prix serait réparti à hauteur de 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange.

Ces chiffres montrent que les salariés ne rejoindront pas tous la même entreprise. Une partie ira vers Bouygues Telecom, Free ou Orange.

Une migration qui s’annonce très lourde et complexe

Il faut dire que la migration sera lourde. Le communiqué commun parle d’un « programme industriel pluriannuel ». Les opérateurs reconnaissent que « la continuité de service dépend directement des compétences des équipes de SFR ».

Autrement dit, les salariés sont indispensables pour éviter un chaos technique pendant la bascule. On parle de millions d’abonnés, de réseaux mobiles, de réseaux fixes, de systèmes informatiques, de boutiques, de services aux entreprises et de centres de support.

Mais ce besoin ne garantit pas une paix sociale durable. Les syndicats s’inquiètent depuis des mois. Rappelons que les effectifs de SFR ont presque été divisés par deux depuis le rachat par Patrick Drahi en 2014, pour tomber autour de 8 000 salariés. Dans le même article, l’UNSA disait que « les salariés s’inquiètent pour leur emploi ». La CFDT parlait même d’un « scénario du pire, synonyme de suppressions massives d’emplois ».

On parle d’environ 8 000 salariés transférés, dont 6 000 liés à l’UES SFR et 2 000 aux boutiques. Le journal évoquait aussi les prestataires et partenaires de l’opérateur, eux aussi exposés à la durée des négociations. La phrase d’un acteur du dossier résumait l’ambiance sociale avant l’accord, « On ne tiendra pas 18 mois de plus ».

Quid des 8 000 salariés après le début d’année 2029 ?

Résultat, la garantie jusqu’à début 2029 répond à l’urgence, mais pas à toutes les questions. Qui ira chez quel opérateur ? Quelles boutiques resteront ouvertes ? Que deviendront les postes doublons chez Orange, Free et Bouygues Telecom ? Quels métiers seront gardés après la migration des abonnés ? Que se passera-t-il pour les salariés qui travaillent sur des actifs exclus du périmètre repris ?

Le communiqué promet un dialogue social avec les organisations syndicales de SFR. Mais il ne donne pas encore de cadre précis des transferts.

Pour rappel, l’opération n’est pas encore certaine. Les entreprises indiquent elles-mêmes qu’« à ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ». Les autorités de concurrence auront le dernier mot. Le dossier est sensible, car la France passerait de quatre opérateurs mobiles à trois. Les régulateurs examineront les prix, la concurrence, les fréquences et les conséquences industrielles.

Bref, les salariés de SFR ne sont pas abandonnés du jour au lendemain. Ils ont une promesse d’emploi jusqu’à début 2029. Mais cette promesse ne règle pas l’après. La vente de SFR ouvre une longue phase de transfert, de dialogue social et de contrôle réglementaire.

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