Le patron de Nvidia a lâché une bombe. Lors d’un podcast avec Lex Fridman, Jensen Huang a déclaré sans détour que l’intelligence artificielle générale (AGI) était une réalité. « Je pense que c’est maintenant. Je pense que nous avons atteint l’AGI », a-t-il lancé. La déclaration a fait le tour des réseaux sociaux.

Il faut dire que l’AGI est le l’objectif absolu des entreprises IA, aussi bien OpenAI que Google ou Anthropic. On parle d’un stade où une IA est capable de comprendre, de raisonner et d’exécuter n’importe quelle tâche cognitive au niveau d’un être humain. Une IA capable de tout faire, même compris de prendre des décisions stratégiques complexes. C’est ce qui différencie les chatbots actuels d’une véritable intelligence artificielle générale. Et c’est aussi pourquoi cette déclaration fait autant de bruit.
Le patron de Nvidia est convaincu que l’AGI est déjà atteinte
Car voilà, la définition utilisée par Jensen Huang ne correspond pas à ce que la plupart des chercheurs entendent par AGI. Lex Fridman parle de l’AGI comme une IA capable de« faire votre travail ». En clair, créer et diriger une entreprise technologique qui génère plus d’un milliard de dollars.
Jensen Huang a accepté cette définition sans la discuter. Il cite sur OpenClaw, une plateforme open source d’agents IA autonomes qui a explosé ces derniers mois non sans causer quelques problèmes. Le patron de Nvidia imagine des agents capables de créer des influenceurs virtuels ou de lancer des applications virales du jour au lendemain. Pour lui, cela suffit à valider le terme d’AGI.
Mais Jensen Huang a tout de suite nuancé ses propos. « Beaucoup de gens utilisent ces agents quelques mois, puis ils s’en lassent et passent à autre chose », a-t-il reconnu. Il a aussi précisé que les chances qu’un agent IA autonome puisse construire une entreprise du calibre de Nvidia sont de « zéro pour cent ». En gros, l’AGI selon Jensen Huang, c’est une IA qui fait un coup d’éclat financier de courte durée. Pas un modèle capable de remplacer un dirigeant ou un ingénieur sur la durée.
Mais Jensen Huang joue un peu avec les mots
La subtilité est de taille. Jensen Huang a bien précisé à Lex Fridman que la définition ne parle pas d’un milliard « pour toujours » mais d’un milliard à un moment T. En clair, si une IA lance une application virale qui rapporte un milliard en quelques semaines avant de disparaître, ça compte. C’est un recadrage qui a fait sourire beaucoup d’experts.
Ce n’est pas la première fois que Jensen Huang fait des déclarations très optimistes sur l’IA. Il a récemment affirmé que l’IA allait créer plus d’emplois qu’elle n’en supprime. Sauf que des centaines de milliers de postes sont déjà menacés rien qu’en France.
Son optimisme n’a rien de désintéressé. Nvidia est le fournisseur numéro un de puces graphiques pour l’IA. Un datacenter qui entraîne un modèle de langage tourne avec des GPU Nvidia. Si l’enthousiasme autour de l’IA retombe, la croissance de Nvidia en prendra un coup. Jensen Huang a donc tout intérêt à maintenir la flamme.
Nvidia est une entreprise IA qui en fait la promotion
L’exemple d’OpenClaw ne doit rien au hasard. Jensen Huang a qualifié cette plateforme de « logiciel le plus important jamais sorti ». Nvidia a développé NemoClaw, sa propre suite d’agents IA pour les entreprises inspirée d’OpenClaw. La firme ne se contente plus de vendre des GPU et veut contrôler la couche logicielle des agents IA autonomes. Bref, quand Jensen Huang parle d’AGI, il défend aussi son steak.
« Vous allez exciter beaucoup de monde avec cette déclaration », lui a répondu Lex Fridman. Et c’est exactement le but. Jensen Huang sait que chaque déclaration sur l’AGI fait grimper l’action Nvidia en bourse. L’entreprise pèse aujourd’hui plus de 4 000 milliards de dollars. C’est la première capitalisation mondiale. Son patron a tout intérêt à ce que le monde entier pense que l’AGI est déjà là, même si la réalité est tout autre.
- Jensen Huang affirme que l’AGI est déjà une réalité.
- Sa définition est bien plus souple que celle de la plupart des chercheurs, puisqu’une IA qui génère ponctuellement un milliard de dollars suffirait selon lui.
- Cette déclaration sert aussi les intérêts de Nvidia, qui profite directement de l’engouement autour de l’IA.
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