Vivaldi, l’alternative européenne à Google Chrome explose depuis le retour de Trump

Le navigateur Vivaldi enregistre une croissance record en Europe. Au Danemark, la hausse atteint 200 %. Le contexte géopolitique et la question de la souveraineté numérique participent à ce renversement de vapeur face à l’administration Trump.

Google Chrome Vivaldi

La question de la souveraineté numérique de l’Europe n’a jamais été aussi brûlante. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les tensions entre les États-Unis et l’Europe sont énormes. Le rapprochement entre les ogres de la Silicon Valley et l’administration Trump pousse les internautes à chercher des alternatives européennes. Lenavigateur Vivaldi en profite pleinement.

Vivaldi n’a jamais été aussi populaire auprès des internautes

Dans une interview accordée à NRK, le média public norvégien, Haakon Rølmann, responsable de la communication chez Vivaldi, a partagé les chiffres. « En tant qu’unique navigateur européen pleinement indépendant, nous attirons un nombre croissant d’utilisateurs. Depuis janvier dernier, notre base a progressé de 140 % en Norvège. Sur la même période, la croissance dépasse 200 % au Danemark. », a déclaré le responsable. Des chiffres qui témoignent d’un vrai mouvement de fond chez les internautes européens.

Pour rappel, Vivaldi a été fondé par Jon von Tetzchner, le co-créateur du navigateur Opera. L’entreprise Vivaldi Technologies se trouve en Norvège et en Islande, deux pays respectueux la vie privée. Le navigateur repose sur le moteur Chromium, le même que Google Chrome, ce qui facilite la migration puisque toutes les extensions Chrome fonctionnent aussi sur Vivaldi. En clair, passer de Chrome à Vivaldi ne change rien en termes de compatibilité.

Mais alors, pourquoi cette soudaine popularité ? Le contexte géopolitique est le déclencheur. Depuis le début de l’année 2026, plusieurs événements ont accéléré la prise de conscience des Européens sur leur dépendance numérique envers les États-Unis. La remise en question du Groenland par Donald Trump, les pressions de l’administration américaine sur les alliés européens et le soutien affiché des leaders de la tech à la politique de Trump ont créé un climat de méfiance.

Il faut dire que le problème est bien ancré pour l’Europe. Google Chrome représente environ 65 % des parts de marché mondial des navigateurs. Safari d’Apple, Microsoft Edge et Firefox complètent le tableau. Tous sont développés par des entreprises soumises au droit américain. Le Patriot Act et le CLOUD Act permettent aux autorités américaines de contraindre ces entreprises à transmettre des données, parfois sans que les utilisateurs européens n’en soient informés. Vivaldi, en tant qu’entreprise norvégienne, échappe à ces juridictions.

Un navigateur pensé pour la vie privée

Vivaldi se distingue aussi par sa protection de la vie privée. Le navigateur intègre un bloqueur de publicités et de traqueurs directement dans ses paramètres. L’entreprise affirme ne collecter aucune donnée de navigation. Rappelons que Google Chrome finance son développement grâce à la publicité ciblée, ce qui implique une collecte massive de données sur les habitudes de navigation des utilisateurs. C’est le modèle économique de Chrome. Le produit est gratuit, mais les données de l’utilisateur alimentent la machine publicitaire de Google.

Le mouvement dépasse les navigateurs. On le voit dans d’autres secteurs du numérique. En février 2026, l’European Payments Initiative et l’alliance EuroPA ont officialisé la création d’une plateforme de paiement paneuropéenne avec Wero pour réduire la dépendance envers Visa et Mastercard

Sauf que voilà, soyons honnêtes, Vivaldi est un acteur très modeste. Haakon Rølmann n’a pas partagé de chiffres précis sur les parts de marché du navigateur. Une croissance de 200 % sur une petite base reste une petite base. Vivaldi n’apparaît même pas dans les classements de StatCounter tant sa part de marché est faible. Google Chrome domine toujours le marché avec une avance écrasante. La question est de savoir si cette croissance va se maintenir ou s’il s’agit d’un sursaut temporaire provoqué par l’actualité politique.

Bref, Vivaldi ne va pas détrôner Chrome du jour au lendemain. Mais le fait qu’un navigateur européen enregistre 200 % de croissance au Danemark et 140 % en Norvège en quelques semaines est un signal fort. Le contexte géopolitique pousse les internautes à s’intéresser à la provenance de leurs outils numériques.

  • Vivaldi affirme une hausse de plus de 200 % au Danemark depuis janvier.
  • Le contexte géopolitique et la souveraineté numérique poussent des Européens à chercher une alternative non étasunienne.
  • Malgré cette poussée, Vivaldi reste très minoritaire face à Chrome.

Source : NRK

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