Nouveau piratage pour France Travail, et cette fois-ci, le réseau des missions locales est touché. Comme un communiqué nous l’apprend ce lundi 1er décembre 2025, une cyberattaque a permis aux pirates d’accéder aux données personnelles d’environ 1,6 million de jeunes. On trouve énormément d’informations qui pourraient être utilisées lors d’attaques comme du phishing ou de l’usurpation d’identité.

Et encore une attaque pour France Travail qui ne cesse de s’illustrer par ses failles apparemment critiques. L’enquête interne nous apprend que tout est parti de la compromission du compte d’un agent qui occupe un poste très sensible au sein d’une mission locale. Il s’agit du responsable gestion de compte qui attribue les habilitations d’accès au système d’information partagé entre France Travail et ses partenaires.
Les données de 1,6 millions de jeunes ont été volées à France Travail
Les pirates ont utilisé les privilèges de son compte pour en créer de nouveaux via ProConnect, la plateforme d’authentification unifiée de la France lancée en septembre 2024 par la direction interministérielle du numérique. Ce sont ensuite les outils métiers qui ont été utilisés pour consulter les dossiers de jeunes accompagnés.
On trouve énormément d’informations sensibles dérobées par les pirates, voici lesquelles :
- Noms
- Prénoms
- Dates de naissance
- Numéros de Sécurité sociale
- Identifiants France Travail
- Adresses postales
- Adresses mail
- Numéros de téléphone
France Travail précise qu’aucun mot de passe ou coordonnées bancaires n’a été dérobé. Les victimes potentielles sont les jeunes suivis par les 430 missions locales un peu partout dans l’Hexagone. Qu’ils soient inscrits à France Travail ou qu’ils aient bénéficié d’une formation via Ouiform, l’outil de gestion des parcours de formation de France Travail, leurs données pourraient être entre les mains des pirates.

Pour rappel, les missions locales sont un service public d’accompagnement pour les 16-25 ans en difficulté d’insertion professionnelle et sociale. Chaque année, le réseau emploie près de 13 600 professionnels qui accompagnent plus de 1,1 million de jeunes dans leurs démarches vers l’emploi, la formation, le logement, la santé ou la mobilité.
Les comptes compromis ont été suspendus dès que l’attaque a été repérée. France Travail craint toutefois que des données aient déjà été exfiltrées. Les personnes potentiellement touchées seront contactées en personne et l’organisme appelle à la vigilance face aux tentatives de phishing pour exploiter ces informations.
Comment ne pas se faire piéger par les attaques informatiques ?
Les cybercriminels ont des données très complètes entre l’identité, le numéro de sécurité sociale ou encore les coordonnées pour mener des attaques très ciblées ou tenter des usurpations d’identité. France Travail rappelle qu’aucun organisme public ne demande jamais la communication d’un mot de passe ou d’informations sensibles par téléphone ou par mail.
Voici comment vous protéger contre ces futures attaques :
- Ne communiquez jamais vos informations personnelles au téléphone ou par mail, même si la personne se prétend de France Travail.
- Ne cliquez pas sur les liens venant de France Travail, passez plutôt par le site officiel pour éviter le phishing.
- Méfiez-vous des messages qui expriment une urgence comme de possibles sanctions financières, les pirates utilisent la pression pour vous pousser à cliquer.
- Vérifiez bien l’adresse mail et méfiez-vous des messageries gratuites comme [email protected], [email protected], [email protected].
- Ne cliquez sous aucune prétexte sur une pièce jointe, c’est sans doute un virus.
Il s’agit d’une nouvelle fuite après une série noire pour France Travail. En mars 2024, une cyberattaque a déjà exposé les données de 43 millions de victimes potentielles, soit tous les demandeurs d’emploi inscrits au cours des 20 dernières années, mais aussi ceux qui ont un espace candidat sur le site. Trois jeunes d’une vingtaine d’années ont été arrêtés suite à cette attaque et une autre a eu lieu en juillet.
En août 2025, c’est le portail entreprise qui a été touché avec le vol d’informations professionnelles des recruteurs. Rebelote à la fin du mois d’octobre 2025, puisque le groupe de pirates Stormous a exfiltré 30 Go de données de 31 000 demandeurs d’emploi. Ce sont des logiciels InfoStealer qui avaient été utilisés, notamment.

Ces incidents de sécurité posent la question sur le partage des données entre France Travail et ses partenaires, aussi bien les missions locales que Cap emploi ou les collectivités territoriales. Les syndicats de l’ex-Pôle emploi avaient alerté sur les risques face à cette ouverture à de nombreux partenaires qui n’ont pas tous le même niveau de sécurité. Désormais, les pirates exploitent ces vulnérabilités.
- Nouveau piratage chez France Travail, cette fois via le réseau des missions locales.
- Environ 1,6 million de jeunes voient leurs données personnelles potentiellement exposées, avec un risque de phishing et d’usurpation d’identité.
- Ce nouvel incident prolonge la série de fuites massives de 2024 et 2025 qui visent France Travail.
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