10 réacteurs nucléaires pour faire fonctionner ChatGPT, l’IA face à une crise énergétique

OpenAI a bien conscience que l’IA demande énormément d’énergie. La start-up lance des projets de centres de données colossaux qui pourraient totalement modifier le réseau électrique étatsunien. Et pour cause, l’entreprise prévoit d’investir dans des infrastructures qui demandent 10 gigawatts d’électricité, soit l’équivalent de la consommation de 8 millions de foyers aux États-Unis.

Réacteurs nucléaires
© Envato

OpenAI bosse actuellement sur GPT-6 et il ne fait aucun doute que ce modèle demandera beaucoup d’énergie. Il faut dire que GPT-5 est déjà réputé comme très énergivore. Pour faire face à cette demande d’énergie, la start-up annonce un partenariat avec NVIDIA, qui investira 100 milliards de dollars dans la construction de centres de données géants.

OpenAI a besoin de 10 centrales nucléaires pour faire tourner ChatGPT

Les deux entreprises ont signé une lettre d’intention pour déployer au moins 10 gigawatts dans le cadre du programme Stargate. Selon CNBC, on parle de l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires. Sam Altman tente de rassurer face aux inquiétudes : « Les personnes sont inquiètes et je le comprends totalement. Je pense que c’est normal. »

Le patron d’OpenAI justifie cet investissement par l’explosion de ChatGPT, et on parle désormais de 500 milliards d’euros d’investissement cette année. « C’est ce dont on a besoin pour développer l’IA. Ce n’est pas comme les précédentes révolutions technologiques. L’infrastructure demandée est énorme et ce n’est qu’une petite partie », explique Sam Altman.

Bref, une escalade qui impose des besoins jamais vus dans l’histoire de l’informatique. Brad Gastwirth de Circular Technology qualifie l’accès à l’électricité d‘ »impasse silencieuse » dans les colonnes de Business Insider. Il s’agit de l’un des principaux freins à l’expansion de l’IA puisque l’alimentation électrique de ces infrastructures est un énorme défi.

Kevin Smith, PDG d’Arevon, prédit une crise énergétique sans précédent. « La panique pour les centres de données et l’IA aura probablement lieu d’ici un an, quand ils se rendront compte qu’il n’est pas possible d’avoir l’électricité nécessaire dans certaines zones », avertit-il auprès de CNBC.

L’électricité va devenir trop rare aux États-Unis à cause de l’IA

Il faut rappeler que les centres de données d’OpenAI représentent 16% des capacités électriques en 2025 aux États-Unis. L’IA a donc un gros impact sur les infrastructures du pays et la production supplémentaire se repose actuellement sur les énergies renouvelables solaires et éoliennes.

L’administration Trump n’aide pas vraiment puisque le gouvernement refuse d’approuver de nouveaux projets renouvelables. Forcément, les entreprises IA se retrouvent donc dépendantes des énergies fossiles et nucléaires pour alimenter l’IA. Donald Trump préfère investir dans des centrales à gaz. Sauf que voilà, les délais de livraison sont élevés pour les turbines, ce qui retarde les nouveaux projets. Il y a donc un décalage entre les besoins et les capacités de production.

Le nucléaire est une alternative à long terme, mais les délais sont bien trop longs par rapport à l’urgence de la demande IA. Le gouvernement étatsunien projette 35 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires en 2035. Et d’ici 2040, on parle de 15 gigawatts annuels. Malheureusement, c’est insuffisant face à la demande actuelle.

  • OpenAI et NVIDIA prévoient des centres de données géants avec 10 gigawatts pour le programme Stargate et un investissement de 100 milliards de dollars, afin d’alimenter GPT-6 après un GPT-5 déjà très énergivore.
  • L’explosion de l’IA impose des besoins électriques inédits avec jusqu’à 500 milliards d’euros d’investissement cette année et des experts alertent sur une “impasse silencieuse” de l’électricité qui pourrait tourner à la panique d’ici un an.
  • Les renouvelables sont freinées sous l’administration Trump qui privilégie le gaz, le nucléaire arrive trop tard, et le réseau étatsunien risque un décalage durable entre besoins et capacités.

Source : CNBC

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