Le 17 avril 2026, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à Free Mobile, Orange, Bouygues Telecom et SFR de bloquer 21 sites IPTV qui diffusent illégalement la Formule 1. Pour la première fois, Canal+ avait demandé que Free mVPN soit spécifiquement ciblé par une injonction à part. Le tribunal a refusé.

- Le tribunal refuse d’imposer une injonction spécifique à Free mVPN et considère que Free Mobile est déjà soumis aux obligations de blocage.
- SFR est contraint de bloquer 21 sites IPTV qui diffusent illégalement la Formule 1.
- Canal+ visait Free mVPN car ce VPN intégré permet de contourner les blocages avec des adresses IP étrangères.
Mais ce n’est pas tout. Canal+ a formulé une demande inédite. L’entreprise a demandé que Free Mobile soit contraint, « en sa qualité de fournisseur de service de réseau privé virtuel », de bloquer les sites dans son service mVPN. Autrement dit, Canal+ a exigé que le tribunal distingue Free mVPN des obligations générales des fournisseurs d’accès et qu’il impose une injonction distincte sur ce VPN.
Free Mobile et son VPN intégré forcés de bloquer des sites IPTV pirates par la justice
Le tribunal a refusé. Le juge a estimé que Free Mobile, en tant qu’opérateur mobile, est déjà soumis à l’obligation générale de blocage. Une deuxième injonction sur Free mVPN serait comme ordonner deux fois la même mesure à la même entreprise. Ce qui n’a pas de sens, entre nous. Free Mobile échappe donc à la contrainte précis sur son VPN. Mais reste soumis à l’obligation de blocage comme tout fournisseur d’accès.

La décision est notable pour ce qu’elle révèle du contexte. Pour rappel, Free mVPN avait été annoncé en septembre 2025 comme une innovation pour le grand public. C’est le premier VPN intégré directement dans le réseau mobile d’un opérateur français, sans application à télécharger, accessible depuis l’espace abonné. Ce qui a agacé quelques politiques français.
Xavier Niel, fondateur de Free, l’a présenté comme une démocratisation de la protection en ligne. Ce service permet d’utiliser une adresse IP étrangère, notamment en Italie et aux Pays-Bas.
Voici les domaines dont la justice a exigé le blocage :
- antenawest.store
- antenapluto.store
- antenasouth.store
- huhu.to
- daddylive3.com
- rereyano.ru
- telestream.mom
- kondoplay.cfd
- epicplayplay.cfd
- lefttoplay.xyz
- hoca6.com
- rightflourish.net
- iptvs.pw
- outfitreferee.net
- iptvsupra.com
- d4ktv.info
- king365tv.me
- top1iptv.my
- smartbox-tv.com
- marcobox.in
Le VPN de Free dans le viseur de Canal+ malgré sa demande refusée
C’est précisément ce point qui a attiré l’attention de Canal+. Un VPN intégré à un forfait mobile crée un risque de contournement des blocages judiciaires à grande échelle. Un abonné Free Mobile qui active Free mVPN passe par une adresse IP étrangère. Les blocages imposés aux fournisseurs d’accès français ne s’appliquent plus.

Sauf que voilà, le tribunal n’a pas suivi ce raisonnement jusqu’à son terme. Il n’a pas interdit le principe de Free mVPN. Il a simplement refusé d’isoler cette fonctionnalité du reste des obligations de Free Mobile.
La lutte contre les IPTV pirates en France s’intensifie depuis deux ans, au moins, et frappe fort. En janvier 2026, NordVPN et Surfshark avaient été contraints de bloquer 16 sites pirates qui retransmettaient illégalement la Premier League. Les ayants droit montrent les crocs contre le piratage.
La guerre contre les flux pirates s’intensifie en France
En mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rendu sept décisions qui ont étendu ces blocages aux DNS publics et aux outils de contournement. L’Arcom a aussi obtenu la capacité d’ajouter des sites à la liste noire en cours de saison sans repasser devant les juges.
La question de Free mVPN n’est pas réglée pour autant. Canal+ n’a pas obtenu d’injonction à part, mais le tribunal n’a pas dit que Free mVPN est hors de portée de la justice. Si Free Mobile ne bloque pas les sites visés via son réseau mobile, des sanctions sont possibles. La distinction que le juge a écartée aujourd’hui pourrait être soumise à nouveau si les blocages sont inefficaces.
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