Zika : premier cas confirmé de contamination par la sueur et les larmes ?

Aux États-Unis, un homme pourrait avoir contaminé son fils par ses larmes ou sa sueur, après que toutes les autres voies de transmission aient été écartées.

Zika labo

Le centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) avait déjà évoqué ce cas inédit de transmission en juillet dernier. Toutefois, il a fallu plusieurs semaines aux infectiologues pour renforcer leurs convictions.

Un septuagénaire était décédé en juin après avoir été infecté par le virus Zika alors qu’il était en voyage au Mexique. Il avait affirmé avoir été piqué par des moustiques. Environ un mois après, les symptômes ont commencé à se manifester : des douleurs abdominales, une tension artérielle basse, une pharyngite et de la fièvre.

Les tests ont montré que l’homme avait effectivement été contaminé par le virus. Malheureusement, il finit par décéder quelques jours seulement après avoir été admis à l’hôpital.

Contamination du fils

Il commence lui aussi à manifester des symptômes une semaine après le décès de son père : une fièvre, une conjonctivite et une éruption cutanée. Le virus a été détecté dans son urine, mais pas dans son sang. Comment a-t-il pu être infecté ?

Toutes les voies de contaminations connues, telles qu’un contact avec le sang ou la piqûre d’un moustique infecté ont été écartées. Il ne restait plus que deux causes plausibles : un contact avec la sueur ou les larmes.

En effet, pendant que son père était à l’hôpital, le fils trentenaire, avait aidé plusieurs fois une infirmière à le déplacer dans son lit sans porter de gants, et l’a également aidé à essuyer ses larmes, ce qui l’a certainement mis en contact avec les deux liquides soupçonnés.

Concentration du virus incroyablement élevée

La contamination par ces deux voies est d’autant plus plausible que des niveaux infectieux du virus Zika pouvaient se trouver dans la sueur ou le liquide lacrymal des yeux du père. Dans le sang de ce dernier, les infectiologues avaient détecté 200 millions de particules virales par millilitre.

« Je ne pouvais pas le croire. C’est 100 000 fois plus que ce qui est rapporté chez les autres patients atteints de Zika », relève le responsable des travaux.

Ce niveau de concentration hors-norme dans le sang peut être le signe que d’autres liquides organiques peu susceptibles de transmettre le virus aient pu avoir une capacité infectieuse inhabituelle.

Vu que le fils n’avait eu aucun contact avec le sang de son père, l’hypothèse de la contamination par la sueur ou les larmes est donc celle retenue par les chercheurs après s’être penchés sur le cas pendant près de 3 mois.

Pour finir, ils précisent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les évidences. Mais il apparaît déjà que de telles contaminations ne seraient possibles qu’en cas de fortes concentrations du virus dans le sang du porteur.


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