Streaming et téléchargement illégal : 10 millions de français hors-la-loi

La somme de 15,6 millions d’euros que devra reverser le créateur du site Wawa Mania aux ayants-droits issus de grandes sociétés de productions est peut-être sensée montrer l’exemple, faire office d’avertissement pour tout ceux qui oseront s’aventurer sur un site de téléchargement ou de streaming. Cependant, au vu du nombre de personnes les fréquentant, l’initiative semble vaine.

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Après avoir connu une forte augmentation les mois suivant la création d’Hadopi, les chiffres tendent à montrer une stabilisation au niveau de la fréquentation des sites illégaux. Dissuasif pour certains, il est évident comme l’admettent les ayants-droit, qu’une portion de la population trouvera toujours une solution pour contourner les règles imposées et accéder aux œuvres convoitées.

Bien que toujours utilisé par environ 4 millions de français,  le P2P (« peer-to-peer » ou « pair à pair ») s’est progressivement vu délaissé pour le streaming, cette méthode de lecture directe à l’instar des vidéos YouTube.

Rien qu’en mai dernier, 10 millions d’internautes français sont allés sur un site de téléchargement / streaming considéré comme illégal dévoile le quotidien Le Figaro.

Le plus gros fournisseur d’œuvres piratées, Zone-Téléchargement propose de nombreux films, séries, albums, etc…via des sites d’hébergements (Uptobox, 1fichier).

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S’attaquer au piratage et au téléchargement revient à s’attaquer à une hydre, à savoir que lorsqu’un site est fermé, plusieurs autres s’ouvriront. La bataille engagée par les ayants-droits risque d’être longue avant de parvenir à quelque chose qui leur conviendrait. La preuve ? Dimitri Mader, le créateur de Wawa Mania dont nous parlions un peu plus haut n’en a que faire du jugement, son site est toujours en ligne.

Si certains sites ont été fermés à la demande des plaignants, d’autres trouvent toujours des parades, principalement en modifiant leurs noms de domaine comme l’a fait le site T411.

Sans véritablement apporter leur soutien, des artistes acceptent d’être piratés, le dernier en date à avoir communiqué à ce sujet est David Guetta, expliquant au micro de la BBC qu’on ne pouvait lutter contre le progrès et qu’il était plus judicieux de l’accepter.

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Les serveurs du site The Pirate Bay

Il est vrai que la majorité des ayants-droit montrent une démarche totalement opposée, cherchant toujours un moyen de bloquer ces sites maudits voire les empêcher d’apparaître en résultats d’un moteur de recherches.

Une posture de défenseurs de la créativité pouvant paraître assez hypocrite aux yeux de nombreux français, compte tenu des millions brassés par les maisons de production, des prix de vente d’un DVD ou d’un album de musique et du maigre pourcentage reversé réellement à l’artiste. Ce dernier aurait même plus de chances (et d’intérêt) de gagner de l’argent en faisant des concerts.

Une étude contradictoire

Menée par BitTorrent il y a quelques mois, une étude prouverait que les utilisateurs du logiciel de téléchargement BitTorrent seraient en réalité les plus gros consommateurs de contenus payants à savoir des billets de concerts, des tickets de cinéma et autres produits dérivés.

Toujours selon cette étude, cet échantillon serait jusqu’à 8 fois plus à même d’avoir souscrit à un service de streaming payant. Pour couronner le tout, 170 % d’entre eux seraient susceptibles d’avoir payé pour un téléchargement de musique au cours des six derniers mois.

Les alternatives légales

Il existe bien des services tels que Netflix ou Canal Play proposant des catalogues de films et séries plutôt intéressants. Cependant, les services français se retrouvent rapidement dans la panade à cause de la chronologie des médias déjà critiquée en mai dernier par Ted Sarandos le Directeur des programmes chez Netflix.

« La chronologie des médias en France, favorise le piratage. Devoir attendre trois ans pour que les gens puissent voir un film comme ils le souhaitent, encourage cette pratique. »

Il terminait ses propos en disant que cette réglementation française n’était bonne pour personne et ne protégeait en rien le cinéma, favorisant plutôt le piratage. Et si le problème ne prenait finalement pas sa source dans le téléchargement, s’il venait des hautes instances ?


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