Voitures d’occasion : comment détecter les compteurs truqués alors que les arnaques se multiplient ?

D’après une enquête de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) entre 280 000 et 650 000 véhicules d’occasions ont été mis en vente avec un compteur kilométrique trafiqué l’année dernière.

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Le nombre de kilomètres parcourus est l’un des critères déterminants lorsqu’on achète une voiture d’occasion. Ce détail peut pourtant s’avérer inutile dans certains cas, bien que l’acheteur ait pris le soin de le vérifier. Les arnaques aux compteurs trafiqués sont en effet très courantes.

Sur 5,6 millions de véhicules d’occasions vendus en 2016, entre 5 et 11 % avaient  un compteur truqué. Les fraudeurs voient ainsi leurs produits bonifiés de quelques centaines, voire milliers d’euros. Pour les consommateurs, le préjudice pourrait atteindre un total de plus d’1 milliard d’euros, d’après les chiffres de la DGCCRF.

Le phénomène prend d’autant plus de l’ampleur qu’il devient de plus en plus facile de baisser le kilométrage au niveau des compteurs. Alors que sur les anciens véhicules avec un compteur à rouleaux, il était nécessaire de démonter le tableau de bord, sur les modèles récents, l’opération ne dure que quelques minutes pour qui s’y connait. Il suffit de brancher un équipement électronique sur le véhicule et de tout manipuler sans laisser aucune trace.

Plusieurs années de kilométrage peuvent disparaître

Pour mener leur enquête, les experts de la DGCCRF se sont rapprochés de l’UTAC pour connaitre l’historique des véhicules. Ils se sont rendu compte que dans certains cas, la minoration du kilométrage pouvait dépasser les 200 000 km. Le cas le plus extrême est celui d’un véhicule vendu à 55 000 km au compteur alors que le nombre de kilomètres réellement parcourus était de 347 000, soit une différence de près de 300 000 km. Sachant qu’un automobiliste parcourt en moyenne 13 000 kilomètres par an (statistiques de l’Insee pour 2015), cela représente près de 13 années d’utilisations qui s’effacent.

Les bons réflexes à adopter

Dans le cas des véhicules anciens utilisant les compteurs à rouleaux, il faut jeter un coup d’œil sur l’aspect des vis de fixation des rouleaux sur le combiné. Au cas où elles auraient été touchées, il y a des chances que des traces soient visibles. Il faut également vérifier l’alignement des chiffres qui peuvent apparaître étrangement décalés.

En dehors de ces mesures, il y a également celles classiques qui consistent à vérifier l’usure des pièces : pédales abîmées, un pommeau de levier de vitesse avec des chiffres altérés ou effacés, des coutures déchirées sur les sièges, etc.). Quoique subjectives, ces précautions peuvent parfois mettre en évidence un kilométrage suspect.

Ces mesures classiques sont également valables dans le cas des véhicules à compteur numérique, d’autant plus qu’il est plus compliqué ici de détecter les fraudes sans passer par l’UTAC, l’organisme qui gère le contrôle technique en France. Encore qu’il faut d’abord prouver que vous êtes propriétaire du véhicule, ce qui ne serait le cas qu’après l’achat.

Pour finir, n’oubliez pas non plus de demander les factures et le carnet d’entretien du véhicule. Vu que le kilométrage exact à chaque révision y est mentionné, une analyse minutieuse permettra de détecter toute anomalie.

 


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